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Budget des chambres d’agricultureLes chambres d’agriculture très déçues par le manque d’engagement de l’État

Sébastien Windsor et Christophe Hillairet ont déploré l'absence de visibilité budgétaire donnée par l'État aux chambres d'agriculture, lors d'une conférence de presse le 30 septembre. (©Chambres d'agriculture France)
Sébastien Windsor et Christophe Hillairet ont déploré l'absence de visibilité budgétaire donnée par l'État aux chambres d'agriculture, lors d'une conférence de presse le 30 septembre. (©Chambres d'agriculture France)

Alors que les chambres d’agriculture ont engagé depuis plusieurs années un travail important de modernisation pour accompagner les agriculteurs dans leur transition, s’engageant sur des objectifs chiffrés, acceptant de nouvelles missions, le gouvernement reste réticent à signer un contrat d’objectifs et de performance. Or, sans visibilité budgétaire, difficile d’anticiper et d’accompagner le changement, à un moment où l’on n’a pourtant jamais eu autant besoin d’accompagner les agriculteurs dans leurs transitions, déplore le président des Chambres d’agriculture.

« On vous parle aujourd’hui car notre déception est assez profonde, assez majeure », a reconnu Sébastien Windsor devant la presse, le 30 septembre. Alors que les chambres d’agriculture travaillent depuis plusieurs années à leur modernisation, acceptant régulièrement de nouvelles missions, « on n’arrive pas à avoir d'accord, un engagement sur la trajectoire budgétaire. C’est extrêmement décevant », déplore le président des Chambres d’agriculture.

Dans le cadre de la préparation d’un contrat d’objectif et de performance (COP), les chambres d’agriculture ont défini, avec le ministère de l’agriculture, des objectifs chiffrés sur 16 thématiques (installation, création de valeur, conseil stratégique sur les produits phytosanitaires…) et ont commencé une évaluation de leur performance. « On est en mouvement, et on tient nos objectifs à date », souligne Sébastien Windsor, « mais on ne peut pas poursuivre la dynamique, continuer à se moderniser, sans trajectoire budgétaire », poursuit-il.

Un contrat d’objectif toujours pas signé…

Si le gouvernement s’est engagé sur un budget stable pour l’année qui vient, la signature du contrat d’objectif et de performance ne semble plus d’actualité. « Il n’y a pas de baisse, mais pas d’engagement pluriannuel non plus », explique Sébastien Windsor, qui estime que le blocage ne vient pas du ministère de l’agriculture, mais plutôt de Bercy qui souhaite garder des marges de manœuvre l’année prochaine, notamment pour baisser le budget des chambres. « On a besoin de signer ce COP avant la fin de l’année, c’est maintenant que se passe le débat budgétaire », ajoute le président des Chambres d’agriculture.

Une visibilité nécessaire pour accompagner la transition 

« On ne peut pas anticiper et accompagner le changement avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête », poursuit Sébastien Windsor. « Tout le monde a des ambitions pour l’agriculture, mais personne n’en a pour les gens qui veulent accompagner cette transformation. Les agriculteurs ne peuvent pas être dans l’injonction de devoir changer, sans avoir les moyens d’accompagner la transition et nous, on fait partie des moyens », ajoute-t-il.

Dans la même dynamique de modernisation, les chambres attendent également la réforme du statut, l’actuel datant de 1952 et aujourd’hui, il ne permet pas de « donner des primes sur objectifs à nos collaborateurs (…), ni la mobilité au sein de notre réseau, ni la rupture conventionnelle ou l’intéressement », explique Christophe Hillairet, secrétaire général de l’APCA. « On attend instamment l’ordonnance actée dans le cadre de la loi Asap », ajoute-t-il. « Sans vision budgétaire, comment continuer à se moderniser quand on a en plus un mal de chien à recruter avec un cadre de recrutement pas très sexy pour les jeunes ? On va se trouver arrêter dans l’élan qu’on a ! » craint Sébastien Windsor.

Pourtant, les défis sont nombreux, rappelle le président des chambres d’agriculture. Il faut ainsi recruter 100 personnes pour assurer le conseil stratégique sur les phytosanitaires, développer les outils numériques nécessaires à la réalisation des diagnostics carbone, élaborer une base de données moderne sur l’identification animale… Autant de chantiers qui nécessitent d’avoir une vision budgétaire à trois ans. « À une période où on n’a jamais eu autant qu’aujourd’hui besoin d’accompagner les agriculteurs, on ne comprendrait pas que l’État nous coupe les ailes alors qu’on a engagé notre modernisation », regrette à nouveau Sébastien Windsor, qui conserve néanmoins l’espoir de faire bouger les lignes.

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