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EcopathologieMéthode Agdar : mieux observer son troupeau pour raisonner l'alimentation

La méthode Agdar permet de raisonner le fractionnement de l'alimentation du troupeau. (©Terre-net Média)
La méthode Agdar permet de raisonner le fractionnement de l'alimentation du troupeau. (©Terre-net Média)

Réduire le recours aux médicaments dans les élevages est un pilier du concept d'agriculture écologiquement intensive (AEI). La méthode Agdar est un outil qui incite les éleveurs à mieux observer le troupeau pour raisonner la ration alimentaire.

Réduire l’apport de médicaments dans les troupeaux est au cœur des enjeux de santé humaine et animale et l’un des piliers du concept d’agriculture écologiquement intensive (AEI). A l’occasion de la sixième édition des entretiens de l’AEI organisée sur le campus de l’ESA d’Angers les 10 et 11 mars 2016, Louis-Marie Fioleau, éleveur laitier et Jocelyn Savina, conseiller Geda, ont partagé leur expérience sur la méthode d’observation et de prévention Agdar (Approche globale et dynamique de l'alimentation des ruminants).

Louis-Marie Fioleau est producteur laitier à Saint-Hilaire-le-Loulay, en Vendée. Il élève une centaine de vaches pour un quota de 700 000 litres par an. L’exploitation compte 138 ha, dont 110 ha de prairies. Soutenu par le Geda de son secteur, l’éleveur applique depuis peu la méthode Agdar pour raisonner la stratégie d’alimentation de son troupeau.

Décrypter les signes des ruminants

La méthode consiste à observer et décrypter les signes des ruminants pour évaluer la qualité de la ration, puis l’adapter pour réduire le recours aux médicaments. Elle s’appuie notamment sur un jeu de cartes qui représentent les différents symptômes rencontrés, que l’éleveur doit sélectionner et hiérarchiser pour établir un diagnostic. « La méthode nous a permis d’observer différemment les animaux. Les vaches nous envoient des signes ; nous avons appris à les décoder. Ces signes s’observent au niveau des poils, de la peau, des pieds, du nez, des yeux ou encore de la bouse », explique Louis-Marie.

Ces symptômes peuvent témoigner d’un déséquilibre alimentaire dans le fractionnement de l’apport, ou encore dans le ratio énergie, fibre, azote. « Le léchage sur le côté du museau et des bouses « couchées » sont par exemple les signes d’un trop-plein de nourriture. Je me suis rendu compte que mes vaches avaient trop à manger le jour et pas assez la nuit. J’ai donc rééquilibré en apportant 50 % de ration le jour, 50 % la nuit. J’ai retrouvé des vaches plus en forme et qui produisent mieux. Nous avons aussi réduit l’apport d’azote. Ces ajustements nous ont permis de diviser le nombre de mammites par deux », raconte Louis-Marie.

Se réapproprier l'observation du troupeau

La méthode Agdar s’inscrit dans une approche globale d’observation du troupeau qui vise à faire évoluer les éleveurs vers plus d'anticipation pour un recours modéré aux antibiotiques. « Cela change le conseil car la réflexion est différente du moment où l'éleveur se place au milieu de ses vaches » explique Jocelyn Savina, conseiller Geda. Louis-Marie ajoute : « Si nos animaux sont en forme, l’éleveur est moins stressé. En travaillant en amont avec les animaux, nous sommes en mesure de faire face nous mêmes à certains soucis. Je me suis réapproprié une mission que les éleveurs ont l'habitude de déléguer, c'est très valorisant ! »

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