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Aléas climatiquesLa grêle : analyse d’un phénomène météo

La grêle peut être dévastatrice pour les cultures. (©Pixabay)
La grêle peut être dévastatrice pour les cultures. (©Pixabay)

Ce mois de juin 2021 est marqué par les orages, la pluie et la grêle. Cette dernière est un véritable fléau pour les cultures agricoles. Très présente entre avril et octobre, la grêle se forme au sein des cumulonimbus à partir de grêlons. Comment se forme les grêlons ? Où tombent-ils ? Toutes les clés pour comprendre ce phénomène météo.

La grêle est un véritable fléau pour les cultures agricoles. Mais attention pour les pertes de récolte, le risque de grêle est considéré comme assurable pour l’ensemble des productions. La grêle n’est donc pas considérée comme catastrophe naturelle.

Malheureusement il n’existe pas encore de solutions pour faire face à ce danger climatique. Il existe bien des canons anti-grêle utilisés au Mexique par exemple mais leur efficacité n’est pas démontrée scientifiquement et ce système n'est pas reconnu dans la plupart des pays. Il faudra donc encore composer avec cet aléa climatique.

Comment se forment les grêlons ?

Comme l’explique Météo France, la grêle est constituée de grêlons. Ce sont des particules de glace de plus 5 millimètres de diamètre. Leurs formes peuvent être « irrégulières, quoiqu’assez souvent circulaires ».  D’ailleurs, quand plusieurs grêlons fusionnent, « on obtient des formes parfois assez originales », on parle alors d'accrétion

Les grêlons se développent à l'intérieur des nuages. Et plus particulièrement au sein des cumulonimbus, où se trouvent « de forts courants ascendants et descendants entre la base chaude et humide et le sommet très froid du nuage ». C'est dans cette "colonne d'ascendance" que la glace se forme « autour de petites particules solides appelées noyaux glaçogènes ». Ces particules sont constituées d’impuretés qui proviennent d'éléments naturels (comme la poussière ou la suie volcanique) ou artificiels, (comme les rejets des réacteurs d'avion). Les grêlons sont composés de plusieurs couches de glace concentriques (opaques ou transparentes), en fonctions des différents types de croissance qu'ils ont subis. Les grêlons se développent à l'intérieur du nuage par dépôts successifs de glace sur ces fameux noyaux glaçogènes, avant de tomber au sol sous forme d'averses de grêle.

Pour qu'un noyau glaçogène devienne un grêlon. Il faut trois étapes : 

  • « Tout d’abord, le noyau glaçogène qui est souvent très haut dans le nuage (donc à température très négative) va grossir progressivement par dépôt de la vapeur d'eau aussi appelée condensation solide : on parle alors de croissance "sèche" ».
  • Ensuite, « en grossissant, la particule va descendre un peu plus vite dans le nuage que les gouttelettes d'eau surfondue. Elle va donc les collecter et les faire geler instantanément. Elle devient alors opaque, de forme circulaire avec un diamètre de quelques millimètres ».
  • Enfin, « en grossissant encore, la particule descend de plus en plus vite par rapport aux gouttelettes d'eau surfondue qu'elle collecte encore plus rapidement. Elle se réchauffe progressivement et l'eau gèle plus lentement à sa surface. La particule prend alors une apparence transparente et sa densité augmente. On parle de croissance "humide" ».

« Et quand la particule est suffisamment grosse par rapport aux courants ascendants du nuage, elle finit par tomber au sol : c'est l'averse de grêle. »

Où et quand la grêle peut faire des dégâts ?

La grêle peut tomber à toutes les saisons et plus particulièrement entre le mois d’avril et le mois d’octobre. C’est à cette période qu’il existe un vrai risque de dommages. On observe également que la grêle tombe plus souvent en fin d’après-midi, au moment où l’air est le plus chaud. Néanmoins, « des averses de grêle nocturnes dévastatrices peuvent aussi se produire en début de nuit ». Généralement, les averses de grêles sont assez courtes et peu étendues. « Mais dans certains cas, ces averses se multiplient au même moment à travers une même région. Sur une surface de 100 kilomètres carrés, de telles averses peuvent déverser en moyenne 300 milliards de grêlons en 5 à 10 minutes, ce qui correspond à une masse d'environ 50 000 tonnes ».

Parmi les régions les plus touchées par la grêle, citons la Nouvelle aquitaine, l’Occitanie, la région Auvergne-Rhône-Alpes, le nord Paca et également une partie de la Bourgogne- Franche-Comté et du Grand Est. Bien sûr, le risque existe également pour les autres régions mais il est généralement plus faible.

Quantités impressionnantes de grêle à Plombière-les-Bains dans les Vosges le 29 juin 2021 :

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