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Négociations avec les industrielsLe gouvernement épingle à nouveau les supermarchés

Le gouvernement a une nouvelle fois pointé du doigt jeudi la responsabilité des enseignes de la distribution alimentaire, certaines d'entre elles étant accusées d'abuser des « pénalités logistiques », qu'elles infligent à leurs fournisseurs agro-industriels lorsqu'ils ne livrent pas leurs produits dans les temps.

Notant que le contexte inflationniste des coûts de l'énergie, du transport ou des matières premières génère des « tensions inédites sur les entreprises de l'agroalimentaire », quelle que soit leur taille, le gouvernement a demandé aux enseignes de la grande distribution un « moratoire sur les pénalités logistiques ». Ce communiqué, signé du ministre de l'agriculture Marc Fesneau et des ministres délégués à l'industrie Roland Lescure et au commerce notamment Olivia Grégoire, évoque des « abus signalés et constatés de plusieurs enseignes de la grande distribution alimentaire ».

Début septembre, le syndicat agricole FNSEA avait réclamé l'ouverture d'une enquête de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur les pénalités logistiques, dénonçant une attitude « sans foi ni loi » de certains distributeurs quand ils appliquent ces sanctions.

Le ministère de l'agriculture avait alors estimé que certains distributeurs détournaient les usages de ces pénalités « pour se refaire une santé financière (...) sur le dos de leurs fournisseurs ». Les autorités notent que « plusieurs procédures d'injonction administrative sous astreintes financières ont été engagées depuis février » pour que les pratiques se conforment à la loi et ont demandé à la DGCCRF de renforcer leurs « procédures d'enquête » sur le sujet.

Les négociations entre distributeurs et industriels, qui ont lieu chaque année pour déterminer le prix d'achat d'une grande partie des produits vendus ensuite en grande surface, ont été rouvertes après le début de la guerre en Ukraine pour prendre en compte l'inflation des coûts de production et d'exploitation, qui dégradent la santé financière de nombreuses entreprises.

Elles s'éternisent, chaque camp se renvoyant la balle, les industriels accusant les distributeurs de ne pas prendre en compte la hausse des coûts de production dans leur prix d'achat, les distributeurs accusant les industriels de ne pas justifier suffisamment les hausses de prix demandés. La donne est d'autant plus complexe que les consommateurs, en période d'inflation, sont très attentifs aux prix des denrées qu'ils mettent dans leur chariot et se tournent vers les enseignes où ils pensent trouver les meilleures affaires.

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