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Compétitivité agricole en déclinLes propositions de la Coopération agricole pour « un sursaut collectif »

En amont de son congrès annuel, qui doit se tenir le 15 décembre, la Coopération agricole a présenté ses propositions pour « produire plus, produire mieux et produire durable ». À quelques mois de l’élection présidentielle, alors que l’inflation exponentielle du prix des matières premières s’ajoute aux difficultés plus structurelles des secteurs agricole et agroalimentaire, l’organisation dresse une liste des leviers nécessaires pour maintenir une production française de qualité, en quantité.

À la veille de son congrès annuel, la Coopération agricole a fait part de ses nombreuses inquiétudes concernant l’avenir du secteur. La conjoncture actuelle pèse en effet sur les coopératives agricoles qui doivent faire face à l’explosion du coût des matières premières, avec une augmentation du blé de 35 à 40 %, mais également une progression de + 50 % du carton, ou encore de + 70 % sur l’énergie ou le plastique, a rappelé Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, ce 14 décembre. 

Nous sommes au bout de notre capacité à absorber la baisse des prix à la consommation.

Une inflation « qui nous positionne dans une situation inédite, s’ajoutant aux difficultés connues depuis quelques années », poursuit-il : difficultés de recrutement, stagnation de la production à 0,3 %, impactée par les accidents climatiques à répétition… Sans compter que « les entreprises de l’agroalimentaire ont perdu 15 points de marge en 30 ans », rappelle Dominique Chargé, constatant que « nous sommes au bout de notre capacité à absorber la baisse des prix à la consommation par les gains de compétitivité ».

Une plateforme de propositions en faveur de la souveraineté alimentaire

Face au déclin de l’agriculture française et de sa balance commerciale, la Coopération agricole a élaboré plusieurs propositions pour « produire plus », « produire mieux », et « produire durable », appelant à « un sursaut collectif ». « La restauration de notre souveraineté alimentaire repose sur une croissance responsable conciliant puissance productive et transition écologique, de la fourche à la fourchette », indique, en préambule, le document comportant les différentes propositions, et que la Coopération agricole entend diffuser aux candidats à l’élection présidentielle.

Pour produire plus, et regagner des parts de marché à l’exportation alors que, dans certaines filières, la France est très dépendante des importations (par exemple pour la viande de poulet), la Coopération demande, au-delà une véritable stratégie nationale, d’assouplir le droit de la commande publique pour asseoir des filières alimentaires territorialisées, et de réorienter le droit de la concurrence pour permettre le développement de « champions nationaux ». L’organisation demande également des baisses de charges et d’impôts de production, une réelle simplification administrative, ou encore l’absence de distorsion de concurrence entre les États membres.

La compétitivité retrouvée doit cependant aller de pair avec des engagements en matière de transition écologique qui passeront, selon la Coopération agricole, par la création d’un fonds de transition agroécologique pour « accompagner les exploitations et les entreprises  dans la mise en œuvre des déclinaisons des innovations de rupture » permises notamment par le plan de relance et le plan d’investissements France 2030, précise Dominique Chargé. La Coopération demande, en parallèle, de conditionner les décisions de retrait ou de restriction d’usage des traitements phytosanitaires à une analyse coût / bénéfice et à l’existence de solutions alternatives, à la garantie d’un cadre juridique européen propice à l’innovation variétale, ou encore à des mesures pour mettre un terme au dumping environnemental des pays tiers.

Enfin, le troisième axe de ce document de propositions est consacré au « produire durable », c’est-à-dire à la pérennisation de l’activité agricole et agroalimentaire dans les territoires. La Coopération demande ainsi la mise en place de mesures de sécurisation de la ressource en eau, le paiement des services écosystémiques rendus par agriculteurs, un soutien plus marqué aux projets d’énergie renouvelable, ou encore l’élaboration, au niveau européen, d’un programme de réduction de l’insécurité alimentaire.  

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