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Relocalisation de l'alimentation12 propositions communes de la coopération, des régions et des départements

La Coopération agricole, les départements de France et Régions de France ont présenté le 26 mai 12 propositions pour "mieux nourrir la France par les territoires" (©Pixabay)
La Coopération agricole, les départements de France et Régions de France ont présenté le 26 mai 12 propositions pour "mieux nourrir la France par les territoires" (©Pixabay)

Le défi de la souveraineté alimentaire est sur toutes les lèvres et ne pourra être relevé sans le concours des territoires, estiment la Coopération agricole, l’Assemblée des départements de France et Régions de France. Les trois organisations ont mis en commun douze propositions dans un manifeste pour, à la lueur de la crise sanitaire, mieux organiser la production agricole et l’offre au niveau local, en assurant la transition agroécologique.

Si la souveraineté alimentaire est un objectif affiché par le président de la République et le ministre de l’agriculture, l’accompagnement doit s’inscrire dans le temps long et être initié dans les territoires, estiment la Coopération agricole, Régions de France et l’Assemblée des départements de France (ADF), qui ont dévoilé le 26 mai leur manifeste commun, « mieux nourrir la France au XXIe siècle par nos territoires ». La crise sanitaire a en effet mis en lumière un certain nombre de failles, notamment logistiques, ainsi que les aspirations renforcées de la population à accéder à une alimentation locale et de qualité, auxquelles les territoires peuvent apporter des réponses.

Organiser la production de l’alimentation au niveau local

Dans ce contexte, « les territoires, au plus près des populations et des entreprises, peuvent agir pour que le système fonctionne mieux », explique Jean-Pierre Reynaud, président de la commission Agriculture des Régions de France. Quatre propositions sont formulées en ce sens : établir des contrats régionaux de filières agroalimentaires, encourager la structuration collective de la production de l’alimentation, soutenir les filières agricoles et agroalimentaires exportatrices, et engager des partenariats sur l’attractivité des métiers.

Les enveloppes du Feader (deuxième pilier de la Pac), gérées par les Régions, sont un levier d’action, d’autant plus que les crédits devraient être renforcés dans la prochaine Pac. Néanmoins, « l’essentiel des moyens pour investir, pour retrouver notre compétitivité, réussir la transformation, viendront des entreprises privées », rappelle Jean-Pierre Reynaud.

Accélérer la transition agroécologique des modèles de production

Pour Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, « la reconquête de la souveraineté est indissociable de la transition agroécologique et de la reconquête de compétitivité de la chaine alimentaire ». En ce sens, si le plan de relance tombe « à point nommé », il faut néanmoins le compléter par la création d’un fonds public dans le cadre du PIA4 (programme d’investissement d’avenir), et dont l’autorité de gestion pourrait être confiée aux Régions « pour une parfaite adéquation avec besoins locaux », ajoute Dominique Chargé.

Les trois organisations demandent également un renforcement de la part des subventions régionales des CPER pour les projets de transition agroécologique, la mutualisation des efforts pour la sécurisation de la ressource en eau, et l’implication des exploitations agricoles dans la constitution d’une autonomie énergétique des bassins de vie.

Consommer une alimentation locale de qualité

Le dernier axe du manifeste vise à favoriser la consommation d’une alimentation de qualité, produite localement. Il comprend quatre propositions : intégrer les coopératives à la gouvernance des projets alimentaires territoriaux, conditionner la commercialisation sous « marques territoriales » à l’utilisation de produits agricoles bruts origine locale garantie, renforcer la priorité à l’agrotourisme dans les plans de développement touristique des Régions et des départements, et intensifier l’approvisionnement local de la restauration collective publique. « On ne va pas suffisamment loin sur la délégation des gestionnaires de collectivités pour peser sur les orientations », regrette Pascal Coste, président de la commission Nouvelle ruralité de l’ADF. « Faire ses courses est un vrai choix politique au quotidien, et cela comprend aussi la place de l’alimentation dans le budget d’un ménage », ajoute-t-il.

« Les ambitions que nous avons partagées ne doivent pas rester des vœux pieux », a conclu Dominique Chargé. Pour cela, plusieurs conditions s’avèrent nécessaires selon lui : « s’inscrire dans des temps longs adaptés au rythme des transitions, et mettre en cohérence les ambitions et les moyens dédiés », ce qui ne sera pas possible sans un travail au niveau réglementaire et la mise en place de moyens financiers.  

Journaliste politique et économie

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