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Massif centralLes éleveurs mobilisés pour « réveiller l'État »

[Article mis à jour le 10/03/2021 à 10h45] Des éleveurs ont manifesté mardi à l'aube en Haute-Loire pour « réveiller l'État » et alerter sur les prix de la viande, première action d'une journée de mobilisation prévue dans tout le Massif central.

Peu avant 06h00, une cinquantaine d'agriculteurs et une vingtaine de tracteurs ont déversé lisier, pneus et détritus devant la préfecture du Puy-en-Velay, mais aussi devant les sous-préfectures de Brioude et Yssingeaux, dans le cadre de cette journée de mobilisation à l'appel de la FRSEA Massif central, a indiqué à l'AFP Laurine Rousset présidente des Jeunes agriculteurs du département.

« Pas de pays sans paysans » ou « Denormandie : Stop au mépris, place aux prix », pouvait-on lire sur des pancartes déposées devant les bâtiments de l'État, dénonçant également l'absence d'aides pour lutter contre l'invasion des rats taupiers. « Nous voulons faire bouger les choses pour que l'État se réveille, pour une juste rémunération ! Tant que nous n'aurons pas de réponses, nous n'arrêterons pas », a déclaré Mme Rousset.

D'autres actions ont eu lieu après le couvre-feu dans le département du Cantal, à partir de 20h00. 400 agriculteurs ont bloqué des ronds-points d'accès à Aurillac, Mauriac et Saint-Flour avant de converger en tracteur vers la préfecture et les deux sous-préfectures de ces villes où des délégations ont été reçues, selon Delphine Freyssinier, secrétaire générale de la FDSEA 15. « C'est le couvre-feu mais l'agriculture est en feu », explique la représentante syndicale pour expliquer cette mobilisation nocturne, et les feux allumés. « La sécheresse a coûté en moyenne entre 30 et 50 000 euros à chaque exploitation du département. On ne veut plus de pansements mais des prix pour vivre de notre métier ». « Avant un réel embrasement des campagnes, nous lançons cet ultime appel vers le président de la République, le gouvernement et les parlementaires pour que les décisions nécessaires et urgentes soient prises », prévient la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes dans un communiqué.

Les éleveurs entendent alerter sur les prix de la viande jugés trop faibles « dans un contexte d'explosion des coûts de production et des prix des matières premières », a expliqué à l'AFP David Chauve, président de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes. Les négociations commerciales annuelles entre la grande distribution et l'agroalimentaire se sont achevées une nouvelle fois début mars sur un constat amer des producteurs, pour lesquels la loi Alimentation (« Egalim ») de 2018 n'a pas atteint son objectif d'améliorer leurs revenus.

Cette journée de mobilisation vise également à peser sur la préparation en cours de la politique agricole commune (Pac), c'est-à-dire les aides européennes versées aux agriculteurs : « Ce que nous n'avons pas sur les prix, il faudra le gagner ailleurs », estime M. Chauve.

Le Premier ministre, Jean Castex, a annoncé samedi le déblocage de 60 millions d'euros d'aides d'urgence aux éleveurs les plus en difficulté mais cette aide est jugée insuffisante par les syndicats. « Nous ne voulons pas des poussières. Avec la loi Egalim, 600 millions d'euros devaient retomber sur les fermes et ce n'est pas le cas », affirme Mme Rousset. Le ministre de l'agriculture, Julien Denormandie, entend réunir les représentants de chaque secteur « à partir de la fin mars » pour mieux tenir compte des coûts de production et introduire plus de transparence, agitant la menace d'une nouvelle loi faute d'accord.

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