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Congrès mondial de la bioL'agriculture biologique affiche ses ambitions

 En 2019, 72,3 millions d'hectares étaient cultivés en agriculture biologique dans le monde, en progression de 1,6 % sur un an. (©Terre-net Média)
En 2019, 72,3 millions d'hectares étaient cultivés en agriculture biologique dans le monde, en progression de 1,6 % sur un an. (©Terre-net Média)

« La bio ça marche et c'est l'avenir ! » : la communauté internationale de l'agriculture bio se réunit en congrès cette semaine en France pour échanger expériences et solutions, convaincue de son rôle à jouer pour mieux nourrir la planète sans la dégrader.

 

Quelque 2 000 personnes, d'une cinquantaine de pays, se sont inscrites pour participer à cette 20e édition du Congrès mondial de la bio qui se tient à Rennes de lundi à vendredi, en présentiel et en distanciel. C'est la première fois que la France accueille cette manifestation organisée par l'Ifoam, la fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique. « Nous ne nous étions pas réunis depuis 2017, date du dernier congrès en Inde. Il était temps de nous retrouver ! » déclare à l'AFP l'Américaine Peggy Miars, présidente de l'Ifoam.

L'édition 2020 de ce congrès triennal avait dû être annulée en raison de la Covid-19. « La pandémie a suscité un regain d'intérêt pour les aliments bio, les gens faisant le lien entre ce qu'ils mangent et leur santé », souligne-t-elle. Et « le changement climatique nous affecte tous : sécheresses, incendies, inondations et autres catastrophes ». Or, assure-t-elle, l'agriculture biologique « contribue à la réalisation des objectifs de développement durable » fixés par l'ONU pour 2030. « C'est donc maintenant que nous devons nous assurer que nos messages sur les avantages de l'agriculture bio sont entendus ! »

« Reconstituer le capital de biodiversité »

Pour Nicolas Hulot, ancien ministre français de la transition écologique et parrain du congrès, l'agriculture biologique « ne se fait pas sur le dos de la nature mais en complicité » avec elle. C'est « une agriculture qui se place du côté de la solution dans la crise écologique », pour « préserver » voire « reconstituer le capital de biodiversité » et « essayer de contenir les effets du changement climatique », dit-il dans une vidéo.

Par hectare, les émissions de gaz à effet de serre sont plus faibles en bio qu'en conventionnel, fait valoir Éric Gall, directeur adjoint d'Ifoam Europe. Il reconnaît cependant que les rendements en bio étant inférieurs, « cela réduit l'avantage » : « par kilo, on se retrouve plus ou moins au même niveau d'émission que l'agriculture conventionnelle ».

En revanche il y a davantage de séquestration du carbone dans les sols cultivés en bio qu'en agriculture conventionnelle, note-t-il. Et l'agriculture bio présente « des bénéfices clairs et prouvés » pour l'adaptation au changement climatique car les systèmes bio « sont plus complexes et plus diversifiés ».

Des freins subsistent

L'agriculture bio a le vent en poupe mais elle ne représentait encore que 1,5 % des terres agricoles dans le monde en 2019, selon l'Institut de recherche de l'agriculture biologique Fibl. Elle s'étendait sur 72,3 millions d'hectares, en progression de 1,6 % sur un an. La moitié des superficies en bio se trouvent en Australie (35,6 millions d'hectares). Dans 16 pays, elle représente plus de 10 % des surfaces agricoles. La bio comptait 3,1 millions de producteurs, 13 % de plus qu'en 2018.

Quant au marché du bio, il pèse plus de 106 milliards d'euros, les États-Unis étant le premier pays consommateur suivi de l'Allemagne et de la France. « Nous sommes arrivés à un tournant », estime Michel Reynaud, vice-président de l'organisme français de certification Ecocert et co-organisateur du Congrès. La commission européenne a présenté en mars un plan pour parvenir à 25 % de surface agricole en bio en 2030 dans l'UE.

Pour « amener les agriculteurs traditionnels à passer en bio », il faudrait notamment qu'ils reçoivent « des aides pour services rendus » (meilleure captation du carbone dans le sol, etc.), estime-t-il. La bio est aussi confrontée à des défis techniques, par exemple pour « faire face aux maladies et ravageurs émergents, déjà compliqués à résoudre en mode de production conventionnel », relève Stéphane Bellon, spécialiste de la bio à l'Institut de recherche Inrae. D'où « l'importance de l'innovation » pour trouver des solutions.

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