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[Data] Chiffres du bio en 2020Le nombre de producteurs bio a progressé de 13 % en 2020

L'agriculture biologique a poursuivi sa progression en 2020. (©Terre-net Média)
L'agriculture biologique a poursuivi sa progression en 2020. (©Terre-net Média)

Face à un marché du bio qui poursuit sa croissance, la production agricole suit le rythme, avec un nombre d’agriculteurs bio supérieur de 13 % en 2020, par rapport à 2019. Le chiffre de 15 % de la SAU en bio en 2021 ne sera cependant pas atteint, confirme l’Agence Bio. Toutes les filières progressent, mais la dynamique est particulièrement forte sur les grandes cultures, avec une croissance qui avoisine les 30 % de surfaces supplémentaires.

Avec 53 255 producteurs contre 47 261 en 2019, soit trois fois plus qu’en 2010, l’agriculture biologique poursuit sa croissance pour répondre à la demande. Le marché des produits bio représente en effet 13,2 milliards d’euros en 2020 (+ 10,4 %), porté par la consommation des ménages (+ 12,2 %).

Si la part du bio en restauration hors foyer enregistre une baisse de - 21 % en raison de la crise sanitaire, la restauration collective offre à court terme des perspectives encourageantes pour la filière et les producteurs qui s’engagent en bio, a souligné Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio, lors de la présentation des chiffres 2020 le 9 juillet. La loi Egalim et les 20 % de produits bio à atteindre en restauration collective représentent en effet un marché important, quand en 2019, seuls 5 à 6 % de produits bios étaient présents dans les cantines. 

Une croissance de + 29 % pour les grandes cultures

 

Si l’objectif gouvernemental d’atteindre 15 % de la surface agricole utile (SAU) en bio en 2022 ne sera pas atteint, « on sera par contre à 15 % de producteurs bio » à cette échéance, indique Philippe Henry, agriculteur bio et président de l’Agence Bio. Le différentiel s’explique en partie par la taille plus petite pour les exploitations conduites en agriculture biologique (en moyenne de 20 %), comparée à la taille moyenne des exploitations agricoles françaises. La progression des surfaces (en bio et en conversion) reste néanmoins sur une belle dynamique, salue-t-il : avec 2,55 millions d’hectares, les surfaces en bio représentent 9,5 % de la SAU (956 085 ha en bio, 592 592 en conversion), contre 0,55 millions d’hectares en 2005 et 0,81 millions d’hectares en 2010. 

Toutes les filières sont en progression, mais celles qui ont démarré plus tard enregistrent une forte croissance en 2020. Ainsi, les grandes cultures ont multiplié par 2,2 leurs surfaces en bio en cinq ans, avec une augmentation de + 29 % l’année dernière. 95 000 ha sont en première année de conversion (néanmoins le nombre total de surfaces en conversion est en retrait de - 11 % sur l'ensemble des céréales). La dynamique est notable également en viticulture (+ 16 %), pour les légumes frais (+ 19 %) et les vergers (+ 13 %), deux derniers secteurs où la consommation française a encore du mal à être comblée par la production nationale. La part de surfaces de légumes secs a progressé de 14 %, et 46 % de cette production est biologique en France, en raison de l’utilité des légumineuses dans la rotation des cultures bio, qui ont besoin de sols riches. Pour une raison similaire, les surfaces cultivées en protéagineux bio atteignent 12 %, alors que seulement 5 à 6 % de la surface céréalière française est conduite en bio.

Déception sur la Pac

Enfin, si le président de l’Agence Bio relève des éléments politiques encourageants, comme l’augmentation de l’enveloppe dédiée à la conversion dans la future Pac, ce qui devrait permettre de soutenir 400 000 à 450 000 hectares, explique-t-il, ou la loi Egalim, il reste extrêmement déçu de certaines orientations du plan stratégique national.

Arracher des chardons à la main dans les carottes, c’est plus difficile que de mettre un produit, ça mérite rémunération !

« Nous avions souhaité un PSE (ndlr : paiement pour services environnementaux) pour le bio, et cumulable », une option largement soutenue par la profession agricole, et non retenue par le gouvernement. « Arracher des chardons à la main dans les carottes, c’est plus difficile que de mettre un produit, ça mérite rémunération », insiste-t-il. « Ce qui me chagrine, c’est que nous avons des défis immenses, climatiques, environnementaux, de biodiversité, et nous sommes devant une politique publique franchement pas à la hauteur de ces enjeux. Moi je suis inquiet de la dette que l’on laisse à nos enfants et petits-enfants, car la dette climatique demain sera plus compliquée que la dette financière… », déplore ainsi l’agriculteur, engagé en bio depuis 25 ans, et pour qui le combat continue donc « plus que jamais ».

Journaliste politique et économie

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