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Vu sur YoutubeBertrand Rouquie (24) vise l'autonomie protéique et fourragère

Pour faire face aux crises du lait, Bertrand Rouquie a tout mis en œuvre pour viser l'autonomie sur son exploitation en Dordogne. Cela passe par la vente directe des produits laitiers, mais aussi la recherche d'une autonomie fourragère et protéique. Il nous explique son parcours en vidéo.

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Installé en Dordogne, Bertand Rouquie a pris la suite de son père sur les ateliers laitier et tabacole. En 2010, suite aux crises du lait, il décide de se lancer dans la transformation laitière. « Aujourd'hui, sur les 420 000 l produits, 230 000 l sont transformés et commercialisés directement sur l'exploitation (fromages, yaourts...). Le reste part à la laiterie Sodiaal », explique l'éleveur. 

Parmi les autres changements engagés : le travail sur l'autonomie fourragère et protéique de l'exploitation. Bertrand Rouquie est notamment passé en affouragement en vert. Objectifs : « essayer de limiter les intrants et valoriser l'herbe au maximum sur l'élevage ». Le choix est venu assez naturellement, « le parcellaire étant très morcelé et éloigné du corps de ferme ». De plus, depuis cinq ans, nous sommes passés en traite automatisée. « Les animaux doivent être proches du robot mais peuvent quand même pâturer, grâce au pré de 5 ha autour du bâtiment. »

L'exploitation est aussi passée en labellisation Bleu-blanc-cœur, « une démarche pour améliorer la qualité du produit, la santé animale et celle du sol  ». Cela nécessite notamment « une alimentation française exclusivement et sans OGM ». Depuis cinq ans, Bertrand Rouquie cultive du lupin pour « remplacer le concentré acheté dans le commerce ». « Aujourd'hui, l'élevage est complètement autonome en fourrage et quasiment en concentrés, j'achète à peine 20 t de colza sur l'année. » La ration hivernale est basée sur de l'enrubannage de luzerne et du maïs. L'éleveur a aussi testé la culture de lin, mais « elle a besoin de soin et de beaucoup d'intrants. Ce qui va à l'encontre de mon objectif... », explique-t-il. 

Côté économique, « il n'y a pas photo », reconnaît l'éleveur. « La ration hivernale revient à 110-120 €/ 1 000 l de lait, et celle d'été autour de 70-80 €/1 000 l ». 

Depuis son passage à une ration à base d'herbe, l'éleveur observe aussi « un net progrès de la santé du troupeau ». Il est passé d'ailleurs « à 100 % en médecine homéopathique et n'a plus recours aux traitements antibiotiques depuis trois ans ». 

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