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Nutri-Score, Eco-Score, Planet-Score...Un rapport du Sénat appelle à faire mieux pour l'information des consommateurs

Mieux encadrer les applications d'évaluations, clarifier les emballages, publier les cahiers des charges des labels privés, renforcer les effectifs de la Répression des Fraudes (DGCCRF) : un rapport du Sénat publié mercredi donne des pistes pour améliorer l'information à destination des consommateurs. (Article mis à jour à 14h09)

La commission économique du Sénat estime que, si « les consommateurs n'ont jamais disposé d'autant d'informations sur les produits qu'ils achètent », beaucoup restent « défiants ou perplexes ». « La profusion semble mener à la confusion », dit-elle dans son rapport d'information, adopté mercredi.

Les dernières années, des systèmes de notation alimentaires se sont multipliés, pour la plus grande confusion des consommateurs. Si le Nutri-score, lancé en France en 2017 pour évaluer la qualité nutritive des produits et adopté depuis par plusieurs pays européens, est relativement bien identifié des consommateurs, ce n'est pas le cas de tous.

Concernant l'impact environnemental par exemple, plusieurs « scores » coexistent : l'Eco-Score se base essentiellement sur le cycle de vie des produits, tandis que le Planet-Score prend en compte d'autres indicateurs, comme l'utilisation de produits phytosanitaires et l'impact du mode d'élevage sur le bien-être animal.

La Note Globale, réalisée par une association fondée par des industriels et distributeurs, intègre aussi des points en fonction de la contribution à l'économie française ou de la responsabilité sociale des entreprises.

Pour « rendre plus lisible l'information, s'assurer de sa fiabilité, et donner aux consommateurs les clés pour se l'approprier et la traiter en connaissance de cause » les co-rapporteurs, Florence Blatrix Contat (PS), Françoise Férat (centriste) et Fabien Gay (groupe CRCE à majorité communiste) ont rassemblé 14 recommandations. Ils proposent notamment de crédibiliser la multitude de labels en rendant obligatoire la publicité de leur cahier des charges, et « en adoptant une définition officielle, exigeante, de ce qu'est un label ».

« On estime que certains labels sont en réalité un peu trompeurs, et on appelle les pouvoirs publics à faire le tri », explique à l'AFP Fabien Gay, qui insiste aussi sur « la question de l'origine sur laquelle il faut continuer le combat ». « Tout le monde peut par exemple apposer un drapeau français sur son emballage même si le produit n'est pas français, à condition que la dernière transformation substantielle ait été faite en France. Une appréciation différente peut en être faite, nous lançons un appel à clarifier les choses y compris au niveau européen ».

Autres préconisations des parlementaires : harmoniser au niveau européen les noms des ingrédients ; mettre en place une certification publique des applications d'évaluation des produits (comme Yuka) et un guide public de bonnes pratiques.

Relevant que la profusion d'information nécessite « davantage de contrôles de leur fiabilité », les parlementaires déplorent que les effectifs de la DGCCRF ont baissé ces dernières années, entraînant également une baisse du nombre de contrôles menés. Les parlementaires appellent à « renforcer les effectifs de la DGCCRF ».

En outre, ils demandent à l'Etat de « mettre fin à la baisse des dotations aux associations de protection des consommateurs », ce également dans le but de « redonner des moyens publics à la politique de protection du consommateur ».

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