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Attaques d'oursLes éleveurs des Hautes-Pyrénées manifestent

« Ours en liberté, éleveurs en danger ! » : environ 250 éleveurs des Hautes-Pyrénées se sont rassemblés jeudi dans la commune d'Arreau pour faire part de leur mécontentement après trois attaques d'ours contre des troupeaux ces dix derniers jours, a constaté un correspondant de l'AFP.

Dans le viseur des éleveurs : l'ours Goiat, qu'ils soupçonnent d'être l'auteur des trois attaques. Introduit en 2016 dans les Pyrénées, il a déjà fait l'objet l'an dernier de tirs d'effarouchement. Joint par l'AFP, l'Office Français de la biodiversité (OFB), chargé de déterminer l'auteur de ces trois attaques, juge « très probable qu'[elles] aient été occasionnées par un même individu » et qu'il est « probable qu'il s'agisse de l'ours Goiat ». « Toutefois, dans l'attente de l'analyse génétique des poils récoltés, cette hypothèse ne peut être affirmée avec certitude », ajoute l'OFB.

La préfecture des Hautes-Pyrénées a déclenché mercredi le protocole « ours à problèmes » dans le département, qui autorise les tirs de balles en plastique dans l'arrière-train de l'animal, suivi de détonations afin de l'effrayer. Cette mesure ne satisfait pas les éleveurs, qui demandent de passer à l'étape suivante prévue par ce protocole : « le retrait des Pyrénées pur et simple de cet ours », selon Christian Lagües, président de l'Association de la sauvegarde du pastoralisme dans le département.

La dernière attaque « était à proximité de l'aire de jeux pour les enfants », s'insurge-t-il. « Cet ours n'a pas peur de l'homme, ça peut représenter un danger. » Parmi les banderoles et pancartes déployées par les éleveurs présents à Arreau, non loin des communes où les attaques contre des bergeries ont eu lieu, on pouvait lire : « Ours en liberté, éleveurs en danger ! » ou encore « Le patou (chien qui protège les troupeaux) ne fait pas tout ! ». Derrière les éleveurs, un gros ours en peluche était pendu à un tracteur.

Outre le danger que pourrait représenter l'ours pour l'homme, les éleveurs se plaignent des pertes de brebis, d'agneaux et de patous. Lors de la dernière attaque, survenue dans la nuit du 26 au 27 avril, l'ours est parvenu à s'introduire dans la bergerie en endommageant la clôture. « Quand un ours commence à s'introduire dans une bergerie, comment faire pour protéger les troupeaux ? », s'interroge Olivier Maurin, président de la Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne.

Présidente de l'association pro-ours Pays de l'Ours-Adet, Sabine Matraire pointe le manque de moyens de défense mis en place, notamment lors de la première attaque où la brebis tuée « se trouvait dans un parc clos permanent non-électrifié », selon l'arrêté préfectoral. « Tout existe pour que la cohabitation se passe et soit possible, je demande juste à ce que les moyens de défense soient mis en place », assure-t-elle.

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