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« Ferme de 1.000 vaches »Michel Welter, Scl Lait pis carde :« C’est un projet agricole comme les autres »

Michel Welter, Scl Lait pis carde :« C’est un projet agricole comme les autres »

Responsable du projet de "ferme de 1.000 vaches" dans la Somme – pour l’heure autorisé pour 500 laitières – Michel Welter ne comprend pas les inquiétudes des agriculteurs et dénonce les actions « terroristes » des opposants.

Grand troupeau de laitièresPour construire leur projet de grand troupeau, Michel Ramery, le promoteur, et Michel Welter se sont inspirés du modèle allemand, où les fermes de grande taille, comme ici sur cette photo, sont légion. (©Terre-net Média)Quand on lui parle de l’opposition au projet qu’il dirige pour le compte de l’industriel Michel Ramery, et plus précisément des actions de « sabotage » opérées courant septembre par la Confédération paysanne, Michel Welter, responsable du chantier de "ferme de 1.000 vaches" près d’Abbeville dans la Somme, se refuse d’abord à tout commentaire. « Tout a déjà été dit ! Nous n’allons pas nous justifier éternellement pour un projet qui a reçu toutes les autorisations administratives ! »

Pour faire taire la polémique suscitée par le projet, l’agriculteur et associé de la Société civile laitière Scl Lait pis carde garde néanmoins la même ligne de conduite qu’en juin 2012, quand Terre-net Média l’avait interrogé alors qu’il s’impatientait de recevoir l’aval du préfet pour démarrer les travaux. « Notre projet ne doit pas être considéré comme un modèle, mais comme un choix de production pour continuer à faire ce métier, rien de plus », avait-il déclaré.

« Nous avons subi de véritables actions terroristes, lâche-t-il néanmoins au sujet de l’action nocturne de la Confédération paysanne. S’ils ne sont pas contents, qu’ils aillent manifester devant le palais de l’Elysée ou devant Matignon ! »

« Inquiétudes guidées par la jalousie »

Mais la "ferme de 1.000 vaches", autorisée pour l’heure pour 500 laitières, ne suscite pas seulement la contestation farouche de l’association locale Novissen et de la Conf’.  Les agriculteurs, eux aussi, sont inquiets de voir un projet de ce type sortir de terre. Pas au regard de la taille du projet, celui-ci ayant reçu toutes les autorisations nécessaires, mais par le fait qu’il soit porté par un industriel.

« La dimension du projet n’est pas problématique, explique ainsi Olivier Thibaut, éleveur laitier adhérent à la Fdsea de la Somme. Mais le financement extérieur direct d’exploitations agricoles fait courir un risque à notre profession, car c’est la porte ouverte à une intégration plus poussée ». Yohann Pesquerel, éleveur membre de la Coordination rurale du Calvados, craint que cet exemple donne l’idée aux industriels laitiers d’investir directement dans de grandes exploitations, au détriment des agriculteurs eux-mêmes.

Ces inquiétudes, Michel Welter les balaie d’un trait. « C’est un projet agricole comme les autres car Michel Ramery est investi dans l’agriculture depuis très longtemps en tant qu’associé de la Scea Cote de la justice. Il n’a pas pu être agriculteur comme il l’aurait souhaité quand il était plus jeune. Il a développé son entreprise de travaux publics et a réussi. Quel mal à cela ? Lorsqu’un agriculteur fait aussi de la prestation en travaux de terrassement, lui reproche-t-on quelque chose ? Ces inquiétudes sont guidées par la jalousie ! »

« C’est un projet agricole qui doit être financièrement autonome, poursuit-il. Le groupe Ramery n’a pas fait de chèque, comme certains le prétendent ! Nous avons toqué aux banques comme tout le monde ! Ce projet n’est pas le jouet de Michel Ramery. C’est un projet d’investissement agricole, et non un projet de capitalisation. » Non sans une pointe d’ironie, Michel Welter ne voit qu’une seule particularité au projet. « Auprès des banques, la caution de Michel Ramery a pesé bien davantage que la mienne. »

1.000 vaches pour la campagne 2015-2016

Malgré les récentes actions de la Confédération paysanne, l’agriculteur reste confiant quant à l’avancée du projet. « Nous gardons l’objectif de démarrer la production pour la prochaine campagne laitière. » Soit courant avril 2014.

La Scl Lait pis carde, qui compte pour l’heure six associés, dont la Scea Cote de la justice, produit déjà 2,8 Ml avec 300 vaches réparties sur deux sites. L’ensemble du cheptel sera ensuite transféré sur le nouveau site en construction.

« Et lorsque nous serons prêts à franchir une nouvelle étape, nous déposerons un nouveau plan d’épandage permettant d’atteindre la capacité souhaitée ». L’agriculteur espère bien réunir les 1.000 vaches d’ici 2015 ou 2016, en intégrant de nouveaux associés qui viendront apporter des références laitières supplémentaires. « Dans un secteur où le nombre de cessations laitières augmente, ce ne sera pas un problème. »

La Confédération paysanne demande au gouvernement de lever le masque

C’est rue de Varenne, devant le ministère de l’Agriculture, que la Confédération paysanne a choisi, vendredi 15 novembre, de renouveler son opposition à l’élevage de 1.000 vaches. Mais très vite la quarantaine de militants du syndicat et d’autres organisations « amies » venus masqués d’une tête de vache ont été arrêtés par les forces de l’ordre.

Les militants de la Confédération paysanne et leurs "amis" vaches dans la rue de Varenne, à ParisLes militants de la Confédération paysanne et leurs "amis" vaches dans la rue de Varenne, à Paris (©Confédération paysanne)

Pour la CP, « ce projet industriel » symbolise la vision cauchemardesque de l’évolution de l’agriculture contre laquelle le syndicat s’est toujours élevé. « Le lait produit et payé 270 €/t ne serait qu’un sous produit dérivé de la production de gaz du méthaniseur associé à l’élevage. Il sera en effet alimenté par les lisiers des animaux ».

Laurent Pinatel, porte-parole, qui venait de participer à une nouvelle réunion sur la mise en œuvre de la Pac, demande une nouvelle fois au gouvernement de lever le masque ! « Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, ne peut pas être l’initiateur de la majoration de 52 premiers hectares pour favoriser les exploitations de dimension familiale et ne pas s’opposer au projet de 1.000 vaches ! ».

Rédacteur en chef de Terre-net

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