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Jeunes agriculteursLe bilan de santé, une opportunité pour s’installer producteur d’ovins

Le bilan de santé, une opportunité pour s’installer producteur d’ovins

Le plan Barnier et le bilan de santé de la Pac apportent beaucoup d’oxygène à la filière ovine en perte de vitesse depuis des années, au point d’envisager l’installation de jeunes. A condition que les trois prochaines années soient consacrées à préparer l’après 2013 en construisant un projet de filière !


William Villeneuve, président de JA.
(© Terre-net Média)
Un vent d’optimisme dans la filière ovine pousse le syndicat Jeunes agriculteurs à inciter des porteurs de projets à s’installer en production ovine. Le salon de l’agriculture est justement l’occasion, après une semaine consacrée à l’installation dans les régions, de lancer une campagne ciblée pour le faire savoir.

Les parts de marché à reconquérir (la production nationale ne couvre que 44 % de la consommation française), les 8.000 fermes à reprendre dans les cinq ans, et les nouveaux soutiens publics accordés dans le cadre du bilan de santé de la Pac sont autant de raisons pour laisser espérer que l’avenir de la filière ovine est tout tracé.

La revalorisation des aides jusqu’à 30 euros par brebis permettrait en effet de rendre l’élevage ovin viande rentable. Pour un élevage de 450-500 brebis produisant 600 agneaux par an, le supplément de revenu espéré serait de 20.000 euros.

Hypothèses retenues :

  • prix du kilo d’agneau vendu : 5 euros :
  • poids de carcasse 17 kg.

La nouvelle aide couplée correspondra à un produit supplémentaire par kilo de carcasse de 2 euros et à des prélèvements de 2.000 euros mensuels contre l’équivalent d’un Rsa actuellement.

Reconquérir les rayons de la grande distribution

Mais il n’est pas question pour autant que ces nouveaux soutiens publics constituent une rente de situation. Après 2013, l’ensemble de la politique de soutiens apportés à la filière pourrait être revu de fond en comble. Mais trois ans, c’est suffisant selon Nicolas Mousnier, éleveur en Haute Vienne, pour installer des jeunes dans des exploitations et restructurer la filière de commercialisation afin de se réapproprier une partie de la valeur ajoutée évaporée tout au long de la chaîne de distribution. Et grâce à quoi ? A la contractualisation. Il est important selon Nicolas Mousnier de préparer d’emblée l’après bilan santé de la Pac en reconquérant les rayons de la grande distribution. Mais aussi, en mettant au point une gamme de plats cuisinés à réchauffer à base de viande de mouton adaptée aux nouveaux modes de consommation.

Préparer l’après bilan de santé, c’est aussi améliorer la productivité des élevages en ayant recours à des appuis techniques financés par une enveloppe de 2,5 millions d’euros prévue à cet effet.

Enfin, favoriser l’installation de jeunes en production ovine, c’est imaginer des montages financiers qui éviteraient aux nouveaux installés d’être handicapés par un endettement trop lourd. JA n’exclut pas des élevages financés par des apporteurs de capitaux ou encore la création de fonds financiers spécifiques, assis sur le modèle des High funds. Les fonds pourraient être rapidement rentables puisque la production ovine s’inscrit dans un cycle court. Enfin, autre mode de financement envisageable, des transmissions progressives !

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