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PorcsLes éleveurs veulent créer une marque pour promouvoir leur production

Les éleveurs veulent créer une marque pour promouvoir leur production

Les éleveurs de porcs français, confrontés à une baisse de leurs revenus et à une importante concurrence étrangère sur le marché hexagonal, ont annoncé mercredi réfléchir à la création d'une marque pour défendre leur production auprès des consommateurs.


Les producteurs de porcs s'organisent pour
valoriser leurs productions. (© Terre-net Média)
Cette réflexion est menée avec Coop de France, organisme qui regroupe une grande partie des coopératives françaises, ainsi que les distributeurs, via notamment la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (Fcd), a déclaré Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine (Fnp) lors d'une conférence de presse. Une annonce devrait être faite lors du prochain Salon international de l'Agriculture fin février à Paris.

Représentante des producteurs, la Fnp, branche spécialisée de la Fnsea, premier syndicat agricole français, « veut relancer une nouvelle dynamique » et « se différencier » des autres productions européennes et notamment du porc allemand de plus en plus présent dans les rayons de supermarchés de l'Hexagone, a ajouté Jeff Trebaol, son vice-président, lors d'une conférence de presse.

Le porc est la viande la plus consommée en France, 36 à 37 kilos en moyenne par an et par habitant, sur un total d'environ 95 kilos. Mais c'est moins que la moyenne européenne, qui est à 42 kilos par habitant. La Fnp a souligné « le manque de compétitivité de la filière française » en 2009, mettant en avant la baisse des revenus des producteurs et la chute des exportations. Le prix de vente aux abattoirs, rarement supérieur à un euro le kilo de carcasse, n'a pas permis de couvrir les coûts d'exploitation, selon la Fnp.

La filière devrait enregistrer en 2009 un déficit commercial d'environ 100 millions d'euros

Par ailleurs, la filière devrait enregistrer en 2009 un déficit commercial d'environ 100 millions d'euros, alors qu'elle avait réussi à remonter la pente ces dernières années. La Fnp s'estime victime de distorsion de concurrence au niveau européen. Elle vise la filière allemande qui bénéficie, selon elle, d'allègements fiscaux pour les personnels oeuvrant dans les abattoirs et provenant de pays comme l'Ukraine ou la Pologne. Pour un coût moyen horaire de 12 euros en Allemagne, celui-ci s'élève à 18 euros en France, a précisé Paul Auffray, secrétaire général de la Fnp. « L'Allemagne nous grignote des parts de marché », a-t-il martelé.

Même si la production porcine européenne a diminué entre 2,5 et 3 % en 2009, ainsi que les exportations vers les pays tiers (-17 %), l'Allemagne est le pays qui a le mieux tiré son épingle du jeu. Elle est devenue le premier exportateur européen malgré une baisse de 2 %, détrônant le Danemark (-13 %). La France est au 3e rang (-17 %) devant les Pays-Bas (-30,8 %) et l'Espagne (-25 %).

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