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Pac, mobilisation syndicale…Des objectifs « élevés » pour la Conf’ en 2021

La Conf' espère « des moments forts pour les luttes paysannes» en 2021 (©Confédération Paysanne / Terre-net Média)
La Conf' espère « des moments forts pour les luttes paysannes» en 2021 (©Confédération Paysanne / Terre-net Média)

Après une année 2020 particulière, la Confédération paysanne a bien l’intention de renouer avec la mobilisation syndicale traditionnelle pour défendre ses positions sur un certain nombre de dossiers : méthanisation, renouvellement des générations en agriculture, transition écologique, le tout ponctué d’évènements, notamment un « salon à la ferme ».

« On se fixe des objectifs élevés et importants » : Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, espère que 2021 sera une « année combative », pour faire avancer les positions du syndicat sur un certain nombre de sujets.

Soutenir les petites fermes

Premier d’entre eux, la Pac, qui pour la Conf’ doit être un levier de transition écologique et alimentaire. Le premier pilier pourrait ainsi favoriser davantage les petites exploitations, avec un paiement redistributif plus fort et des paliers d’aides pour valoriser les premiers hectares. Le syndicat porte également l’idée d’une aide pour les petites fermes, « oubliées de la Pac, qui ne touchent rien ou presque mais produisent une alimentation de qualité, souvent dans les objectifs de relocalisation mis en avant par le gouvernement », déplore Nicolas Girod.

Par ailleurs, l’architecture environnementale « doit être contraignante, et obliger à faire évoluer les pratiques », estime la Conf’ : l’ecoscheme doit être un paiement « pour des services bénéfiques à l’environnement, au bien-être animal, au maintien de l’agriculture biologique », et non pas, comme le paiement vert, être accessible à 98 % des paysans, sans changement majeur de pratique. Le deuxième pilier doit permettre un accompagnement de cette transition.

Un moratoire pour le développement de la méthanisation

Le syndicat demande également un moratoire sur le développement de la méthanisation, « qui nécessite des cultures dédiées pour alimenter les unités, crée une concurrence avec les besoins des éleveurs en fourrage pour leurs animaux », explique Damien Houdebine, secrétaire national du syndicat et polyculteur-éleveur installé dans la Sarthe. Et c’est d’autant plus néfaste pour l’agriculture paysanne que les cultures destinées à alimenter les méthaniseurs nécessitent souvent beaucoup d’eau. Pour nous, ces cultures ne peuvent pas être prioritaires dans l’utilisation des ressources.

La Confédération paysanne demande ainsi « une meilleure évaluation des méthaniseurs déjà en service », « un temps pour évaluer leurs impacts par l’analyse du cycle de vie ».

Des rendez-vous syndicaux et politiques

Plusieurs rendez-vous devraient également se tenir cette année – en fonction de la conjoncture sanitaire – à l’image du Salon à la ferme. « Le salon de l’agriculture est annulé, mais il nous paraissait important de garder ce moment fort de notre calendrier pour rencontrer le grand public, les membres de parti, et échanger sur nos propositions », explique Véronique Marchesseau, secrétaire générale de la Confédération paysanne. Du 27 février au 7 mars, de nombreuses fermes seront ouvertes sur tout le territoire pour accueillir politiques et grand public.

Enfin, le syndicat devrait également tenir son congrès, organisé tous les deux ans, les 14 et 15 avril, près de Grenoble.

Journaliste politique et économie

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