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Méthanisation en injection6 questions majeures à se poser avant de démarrer son projet

| par GRDF

Francis Claudepierre, agriculteur et président de l'Association des agriculteurs méthaniseurs de France, recommande de bien réfléchir avant de s'engager dans un projet de méthanisation. Pourquoi, comment, à quel prix. il pose les 6 questions fondamentales auxquelles il faut pouvoir répondre avant de se lancer.

Francis ClaudepierreFrancis Claudepierre, agriculteur et président de l'Association des agriculteurs méthaniseurs de France (©AAMF)

« Méthaniseur, c'est un métier à part entière, avertit Francis Claudepierre, agriculteur et président de l'Association des agriculteurs méthaniseurs de France. Avant de se lancer dans un projet de méthanisation, il faut se poser autant de questions que lorsqu'on a décidé de devenir agriculteur, insiste-t-il. La grosse différence, c'est que n'importe qui peut devenir méthaniseur en signant simplement en bas d'un bon de commande, donc prudence ! D'autant que cette signature engage pour plusieurs millions d'euros et sur une vingtaine d'années... »

Le premier conseil de Francis Claudepierre est donc de « prendre son temps » et de visiter plusieurs exploitations afin de nourrir sa réflexion et de répondre aux questions essentielles :


Pourquoi démarrer un projet de méthanisation ?

« Il ne faut pas se lancer uniquement pour avoir un revenu supplémentaire, prévient l'agriculteur, il faut le faire aussi pour prendre le chemin de la transition écologique et énergétique et pour conforter son exploitation. La méthanisation est un outil supplémentaire pour consolider son avenir en tant qu'agriculteur, mais cela nécessite de repenser son système agricole : revoir l'assolement, valoriser le digestat... »


Quelles sont les ressources disponibles autour de chez moi et sur mon exploitation sans affecter mes productions principales ?

Ces ressources à identifier peuvent être diverses : substrats d'élevage, cultures intermédiaires, résidus de récolte, biodéchets de collectivités... « Il faut faire l'inventaire de la biomasse accessible dans un périmètre autour de l'exploitation à définir, en termes de quantité et de qualité », précise-t-il, et s'assurer également de sa disponibilité sur du long terme.


Quelle technologie choisir et quelle taille de digesteur prévoir ?

« Une fois que l'on sait avec quoi et en quelle quantité nourrir le méthaniseur, il faut se poser la question de la technologie utilisée, injection ou cogénération, puis de la capacité de l'outil », poursuit Francis Claudepierre. Le biogaz peut être injecté dans le réseau de gaz naturel après épuration, ou utilisé sur place pour la production d’électricité et de chaleur. Dans le premier cas, les frais de raccordement, variables selon la distance du réseau, sont déterminants, et dans le deuxième, il s’agit de trouver comment valoriser la chaleur produite. Il est également temps de se renseigner sur les tarifs de vente de l’énergie produite.


Comment préparer un bon accueil à ce projet sur mon territoire ?

« Il faut repérer les bonnes ou mauvaises expériences passées dans un environnement proche, conseille Francis Claudepierre. Mon projet a-t-il des chances d'être bien accepté par mes voisins ? » Dans tous les cas, et d'autant plus si la méthanisation semble être un sujet sensible, il faut communiquer sur son projet, aller voir ses voisins, les élus locaux, voire « monter un financement participatif, ou organiser des portes ouvertes », cite l'agriculteur. Le but : informer pour évacuer les craintes, notamment en termes de bruit ou d'odeurs.


Quel financement dois-je prévoir ?

« Selon la technologie retenue, le coût du digesteur sera différent », rappelle Francis Claudepierre. Une fois évaluée l’enveloppe globale, il conseille de faire un point sur ses fonds propres, les aides financières possibles, auprès de l'Ademe ou des collectivités, puis de faire un tour des banques.


Quel temps ai-je à consacrer à ce nouveau métier ?

Il faut prévoir du temps pour continuer à visiter des exploitations pendant les phases de réflexion et de montage du projet et pour « se former, faire des stages, insiste l'agriculteur. Des lycées agricoles offrent désormais des formations diplômantes au métier de méthaniseur, qui est très différent de celui d'agriculteur. L'échec est vite arrivé, prévient-il. Quand on se lance, on est prêt à investir plusieurs millions d'euros mais il faut aussi vraiment se demander combien de temps de formation on est prêt à investir, 6 mois, 1 an... Il faut se former à ce nouveau métier, comme nous l’avons fait pour devenir agriculteur. »


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