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Levier n°3Pour une plus grande autonomie fourragère

| CNIEL

Ressource présente sur toutes les exploitations bovines, et la plus économique à produire, l'herbe reste néanmoins souvent sous-valorisée : 1 élevage sur 2 en France pourrait gagner en autonomie alimentaire, et ce faisant réduire le coût alimentaire, en optimisant la conduite du pâturage et la gestion des prairies.

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Mieux valoriser le pâturage, ce fourrage de qualité et bon marché

Un gain potentiel de près de 3 t de MS/ha

Dans 1 élevage sur 2 en France, la valorisation maximale du pâturage permettrait de gagner en moyenne entre 2 et 3 tonnes de MS/ha, ce qui, pour une exploitation comptant 50 ha d’herbe, permettrait soit de libérer 17 ha pour y implanter des cultures de vente soit de nourrir 20 UGB supplémentaires.
Maximiser l’herbe dans la ration des animaux, c’est aussi abaisser les coûts de production. L’herbe pâturée coûte en effet entre 3 et 5 fois moins cher qu’un fourrage stocké. Elle est aussi un aliment bien équilibré en énergie et protéines, moins exigeant en concentrés. L’herbe de printemps (1 UFL) permet ainsi de soutenir une production comprise entre 27 et 30 kg/VL/jour sans apport de concentrés. Avec une herbe médiocre (0,85 UFL), le lait se maintient entre 22 et 25 kg/VL/jour.

Chiffre-clé : Avec une ration à base d’herbe, aucune complémentation azotée n’est nécessaire tant que l’ensilage de maïs ne dépasse pas 50 % de la ration.

Offrir en permanence aux animaux une herbe feuillue de qualité grâce à des repères fiables

Outre le fait de disposer de prairies performantes (capables de fournir 20 kg MS/VL/j), faciles d’accès pour le troupeau et bien aménagées, la conduite du pâturage ne peut être efficiente et maximisée qu’à condition de disposer de repères fiables et de s’y tenir.
Avant tout, il s’agit de redéfinir sa stratégie de pâturage. Il y a plus à gagner par hectare qu’à gagner par vache ! Ainsi, sur une saison de pâturage de 150 jours, accepter de perdre 250 kg de lait/VL en adoptant une conduite sévère du pâturage qui « force » les vaches à pâturer plus ras, permet de valoriser 1,5 à 2 t de MS/ha en plus.
Puis il faut respecter des repères de conduite de pâturage, qui visent à ne pas se faire déborder par l’herbe au printemps et à offrir une herbe de qualité :

  • Repère 1 : prévoir les surfaces nécessaires au pâturage de printemps
    Ces surfaces de référence fluctuent entre 20 et 40 ares/UGB, suivant les conditions de croissance de l’herbe et la qualité de la prairie. Des référentiels régionaux permettent de déterminer la valeur adaptée à chaque situation.

  • Repère 2 : adapter sa rotation en tenant compte des temps de repousse des prairies
    Entre 20 jours pour un RGA au pic de croissance à 35 jours pour une prairie d’association, les temps de repousse sont très variables selon le type de prairie et la saison. Ils sont pourtant essentiels à respecter pour optimiser la production de la parcelle.

  • Repère 3 : bien gérer son pâturage au fil des saisons

    La saison de pâturage est rythmée par 5 évènements stratégiques (voir figure 1) :
    - la mise à l’herbe est à réaliser le plus tôt possible (pour retarder la montée en épis) sur une herbe à 8 cm. Ne pas oublier de ménager une transition alimentaire de 3 semaines ;
    - la 1ère rotation sur toutes les parcelles doit être finie à la mi-avril avant l’accélération de la pousse ;
    - la fermeture du silo doit être réalisée dès que l’on dispose de 12 à 15 jours d’avance d’herbe ;

    - la décision de « débrayer » certaines parcelles doit être prise lorsque la croissance de l’herbe est supérieure aux besoins journaliers des vaches. Ces parcelles seront sorties de la rotation pour être fauchées.
    - l’herbe d’automne (qui représente 25 % de la production annuelle) doit être valorisée par un pâturage à mettre en place dès que les conditions de portance et la pousse de l’herbe le permettent.

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Le facteur de réussite à ne pas négliger : l’ingestion
L’objectif, invariable, est de faire consommer le maximum d’herbe aux animaux. Il est donc indispensable de rationner les quantités de fourrages distribués à l’auge (ensilage, foin) voire de les supprimer afin de ne pas pénaliser l’ingestion d’herbe.

La maximisation du pâturage présente de nombreux avantages, tant économiques que techniques. Mais elle nécessite de s’adapter rapidement aux fluctuations de pousse de l’herbe ; en cela elle requiert de la technique… à acquérir au fil des saisons de pâturage.


Pour aller + loin
Consulter le dossier de 10 fiches pratiques « Améliorer l’autonomie alimentaire de son exploitation laitière ». Ed. Cniel et Institut de l’Élevage, 2015



MS : Matière sèche

UGB : Unité Gros Bétail

UFL : Unité Fourragère Lait

RGA : Ray Grass Anglais

VL : Vache Laitière

 


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