OGMUn agriculteur du sud-ouest fier d'avoir choisi le maïs OGM

| AFP

Claude Ménara fait partie des agriculteurs qui ont sauté le pas de la production commerciale de maïs OGM l'an dernier dans le Sud-Ouest de la France, et il en est fier, même si dans l'attente du vote de la loi règlementant la production des OGM en France, il n'a pour l'instant de débouché qu'en Espagne.

Après avoir produit sur 7 hectares en 2005 et vendu son maïs à Saragosse, il compte cette année ensemencer en OGM plus de 80% de ses 120 hectares de maïs pour l'alimentation du bétail, dans le Lot-et Garonne. "Il n'y a pas de problème de coexistence avec les non-OGM si on respecte des distances de sécurité avec les espèces conventionnelles", assure-t-il. "Il ne faut pas être farouchement pour, ni connement contre", explique ce quinquagénaire sportif aux cheveux blancs, lors d'une rencontre avec un journaliste de l'AFP.. "Le dossier me tient à coeur depuis que j'ai découvert les biotechnologies il y a 10 ans aux Etats-Unis puis en Argentine", explique M. Ménara.

L'agriculteur s'est particulièrement intéressé au maïs BT, un OGM dont une protéïne tue les chenilles de pyrale et sésamie et évite les mycotoxines apportées par les chenilles. M. Ménara est prolixe pour défendre le produit et se dit prêt à débattre avec les "anti-OGM". "C'est un plus pour l'environnement, par rapport aux pulvérisations d'insecticides, il n'y a rien de plus propre et on a maintenant dix ans de recul dans le monde, sans problème", assure-t-il depuis sa grande bâtisse de style bordelais au milieu des champs qui recevront les prochains semis.

Claude Ménara n'est "pas sponsorisé par Monsanto ou autre" mais précise qu'il s'est lancé en 2003 dans le "programme opérationnel d'évaluation des cultures issues des bio-technologies" lancé par l'association générale des producteurs de maïs (AGPM) pour étudier les problèmes de coexistence de différentes expèces. "L'an dernier avec l'AGPM, nous avons été 15 à mettre en place sur 80 hectares le +programme d'accompagnement+", explique-t-il. "J'ai créé une zone tampons de 18 rangs autour des OGM, les techniciens de l'AGPM, les représentants du ministère de l'agriculture, de l'environnement ont vérifié qu'on tombait à 0,3 ou 0,4% de présence fortuite de gènes OGM; si on atteint 50 mètres de zone tampon on peut même faire du bio", assure-t-il.

Indépendamment de l'opération menée par l'AGPM, M. Ménara estime que 500 hectares de production OGM ont été déclarés en 2005 dans le Sud-ouest. L'expérience lancée a été déclarée en préfecture mais pas dans le voisinage. "J'avais peur que ce soit saccagé", indique l'agriculteur qui n'a toutefois n'a pas eu de problème depuis, même si un "comité de vigilance" vient de publier un communiqué dénonçant ses initatives. M. Ménara assure que cette année, il "ne craint pas les faucheurs". "Je ne serai pas seul, il y aura plus de 3.000 hectares dans le grand Sud-ouest car il y a des débouchés et parce qu'on va sortir très prochainement un cahier de bonnes pratiques qui assurera sur la coexistence des espèces", estime-t-il.

Quant au projet de loi présenté le 8 février, "il s'agit essentiellement de transposer une directive communautaire de 2001, les détails porteront sur les distances à respecter et sur les garanties financières". "Créer une petite cagnotte pour indemniser éventuellement une présence fortuite d'OGM c'est raisonnable, si c'est mutualisé, pas excessif, et ce serait normal que les sociétés semencières participent", estime ce pionnier.


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