Sécheresse et caniculeUn impact sur les marchés lait et viande bovine, en France et ailleurs MAJ

| par | Terre-net Média

La sécheresse qui sévit dans notre pays et plus largement dans l'ouest européen depuis plusieurs mois, conjuguée aux deux épisodes caniculaires estivaux à un mois d'intervalle, ont affecté les animaux, donc la production de lait et de viande, et perturbé les marchés. L'offre et les cours des bovins finis, vifs et des veaux sont restés en berne en juillet. La collecte laitière française, elle, a chuté de - 1,5 % en une seule semaine de fortes chaleurs fin juin. Les effets de la seconde vague de canicule de l'été sur les volumes de lait produits sont désormais connus et semblent encore plus marqués : - 2,7 % collectés la semaine du 22 juillet. [Article publié initialement le 31 juillet 2019]

vaches s abritant de la chaleur sous un arbre Les cours ont baissé en juillet pour les bovins finis, mâles comme femelles, les veaux de 8 jours et les broutards. (©Pixabay)

Avec la sécheresse prolongée, à laquelle se sont ajoutés fin juin et fin juillet deux épisodes de canicule, les animaux ont souffert cet été à la fois des températures très élevées et du manque d'herbe dans les prairies. Pas étonnant que la collecte laitière s'en soit ressentie. En France, après un début d'année 2019 difficile (- 2 % sur le 1er trimestre comparé à la même période en 2018 et - 1,6 % rien qu'au mois de mai), elle avait augmenté à nouveau durant les premières semaines de juin avant de dégringoler de - 1,5 % d'après FranceAgriMer en seulement quelques jours suite à une montée subite du thermomètre à la fin du mois au-delà de 35°C, voire davantage, dans de nombreux départements.

[Paragraphe mis à jour] Le 2 juillet, la fin de cette vague de chaleur laissait espérer un retour à la normale pour atteindre au minimum le niveau collecté le même mois l'an passé. Mais c'était avant la deuxième canicule de fin juillet, dont les effets sur la production laitière sont désormais connus. Les livraisons ont en effet baissé de - 2,7 % la semaine du 22 juillet par rapport à la précédente et de - 1,7 % comparé à la même période en juillet 2018. Et la semaine d'après, elles ont encore diminué de - 0,6 % (- 1,1 % comparé à la même date en juillet 2018). En Bretagne, entre le 22 juillet et le 4 août 2019, elles se sont repliées de - 2,5 %. Au global, les régions les plus pénalisées sont la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand-Est, la Nouvelle-Aquitaine et l'Occitanie, où la collecte laitière s'est érodée de - 6 à - 14 % pendant l'un des deux pics caniculaires au moins. La Normandie et les Hauts-de-France, en revanche, ont été épargnés : la production de lait s'est même légèrement accrue à cette période, de 0,5 à 2 %.

[Paragraphe mis à jour] La sécheresse et la canicule ont aussi touché d'autres pays d'Europe de l'Ouest. En Allemagne notamment, « la collecte a chuté de - 2,7 % selon l'agence ZMB » la même semaine de juin où elle a baissé de - 1,5 % en France et « elle a reculé sur le mois de - 1,3 % comme en mai, revenant à son niveau de 2016 et 2017 », précise l'Institut de l'élevage Idele dans la revue Tendances. Si le temps chaud et sec perdure, il limitera la remontée saisonnière de septembre et empêchera toute reprise de la collecte laitière au second semestre 2019, craignait alors l'organisme. « Avec une météo plus conforme à la normale sur la seconde moitié de l'été, la collecte pourrait », au contraire, connaître une remontée saisonnière plus prononcée en septembre », estime-t-il désormais. Dès la semaine du 5 août effectivement, les livraisons de lait ont a nouveau progressé de + 0,6 % et dépassaient même de + 1,8 % celles de l'an passé à date équivalente.

En Allemagne, la collecte a chuté de - 2,7 % la semaine de canicule de juin

La Nouvelle-Zélande et l'Australie également touchées

L'hémisphère sud n'a pas non plus été épargné. « Alors que la campagne néo-zélandaise s’annonçait exceptionnelle, une vague de chaleur et un temps sec se sont abattus sur une grande partie du pays depuis janvier affectant la production fourragère et laitière », indique l'Idele. Ainsi, cette dernière a cessé d'augmenter en février et s'est repliée de - 8,3 % en mars et de - 8,4 % en avril. « Sur toute la campagne, la hausse de production n’est que de 2,2 % par rapport à 2017/2018. » La Nouvelle-Zélande réalise malgré tout sa 2e meilleure production après 2014/2015.

Quant à l'Australie, la sécheresse estivale a été encore plus marquée que les années précédentes et la collecte s'est fortement érodée : - 14 % en avril et en mai. En Argentine enfin, « la situation est presque aussi préoccupante », poursuit l'institut. « Des conditions climatiques extrêmes durant l’été austral − température élevée et forte hydrométrie − ont entravé la production laitière qui a chuté de décembre à avril de - 7,5 % par rapport à 2018. » « Malgré des ressources laitières réduites dans tous les bassins excédentaires, les marchés des produits laitiers ne sont pas euphoriques. Les cours de la protéine laitière ne progressent plus tandis que ceux du beurre et du lactosérum poursuivent leur repli », ajoute l'organisme.

- 8,3 % en mars et - 8,4 % en avril en Nouvelle-Zélande
- 14 % en avril et en mai en Australie

Le secteur de la viande bovine aussi

Transport d'animaux suspendu, consommation moindre entraînant une réduction des abattages... le secteur de la viande bovine, « parfois déjà en difficulté », a été également perturbé par les fortes chaleurs. Elles ont aussi réduit l'offre mais malgré cela, les cours ont baissé en juillet pour les bovins finis, mâles comme femelles, les veaux de 8 jours et les broutards. De plus, elles ont affecté « le marché européen du jeune bovin, déjà encombré, avec des prix partout à la traîne ». La demande italienne de broutards a été freinée et les exports vers le Maghreb ralentis. Les exportations françaises de broutards ont aussi reculé. « La canicule a été fatale aux cours du veau de boucherie », qui s'est effondré en juillet, frôlant les 5 €/kg.


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DÉJÀ 6 RÉACTIONS


ceres
Il y a 78 jours
est ce que ce serait la preparation a l enterrement de l elevage pour donner raison a ce courant societal du tout vegetal ?
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la barbe
Il y a 114 jours
un jour il n y aura plus produit "francais" et les grand producteur mondiaux ne brade plus lors nourriture ont va mourir de faim ? VIVE LA FRANCE
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conseil
Il y a 114 jours
eviter d'anticiper vos achats de paille avec un tarif souvent trop onéreux et vue les montagnes de pailles que voit partout et d'ailleurs beaucoup plus que d'habitude vue les conditions ideal de pressage,50e depart c'est deja pas mal,ne vous ruiner pas dans l'elevage,patience
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Innocent
Il y a 114 jours
Le jour où tout le monde s inquiétera sera le jour où il n y aura pas assez de lait pour faire tourner les usines et que la renumeration des actionnaires en pâtira jusqu’à cet instant là pas de soucis les couillons bossent sans rechigner dans des salles de traite à des températures extrêmes et sans moufter Vive les coops et leur administrateurs et vive ( nouveautés) les op!
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jersiaise
Il y a 114 jours
Bizarre les laiterie peinent toujours a payer en nous soutenant le mensonge de stocks qui n'existent plus,même dans la manche l'herbe manque.
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Agri 19
Il y a 114 jours
C'est la preuve que l'on ne doit jamais brader les produits agricoles.Quand il y a du lait L'hiver les industriels ne veulent pas le payer!!!! faire du lait l'été c'est quand compliqué la preuve,les industries voient l'agriculture comme leurs usines,des machines à produire! la nature aura le dernier mot.
les produits agricoles ne sont pas à leur vraie valeur.
quelque part tout est prévu par nos gouvernants,ils sacrifient l'agriculture française encore plus vite comme cela,ils viennent de signer le ceta,et après c'est d'autres contrats qui vont être signés,pas besoin de s'en faire il n'y aura plus de nourriture française dans nos assiettes.Vive MACRON n'est ce pas.....
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