Marchés laitiersPression croissante des opérateurs sur Bruxelles pour dégager le stock de poudre

| par | Terre-net Média

L'incertitude grandit au fil des jours quant aux perspectives de prix du lait payé aux producteurs pour 2018. En cause : le stock européen toujours aussi important de poudre de lait écrémé dont la Commission européenne ne sait que faire. Producteurs et opérateurs français et allemands soumettent une proposition commune à Phil Hogan : dégager progressivement une partie du stock en alimentation animale. Mais cette solution a un coût : 110 M¤ de perte estimée pour 100 000 t écoulées sur ce débouché.

Filière laitièreLa cause de la dégradation des marchés laitiers est bien identifiée : l'accumulation de stocks de poudre de lait écrémé à l'intervention publique, malgré une demande mondiale très dynamique. (©Terre-net Média)

Sur le marché du lait, le brouillard s’épaissit pour les éleveurs européens et français. La cotation de la poudre de lait écrémé vient de passer en-dessous de 1 300 €/t, en baisse de plus de 400 €/t en un an. Ce niveau de prix extrêmement bas fait plonger la valorisation du lait sur l’ensemble du marché laitier européen.

En février 2018, « les prix de marché du beurre et de la poudre permettraient de verser aux producteurs de lait 250 €/1 000 l », selon la Fnil, la fédération française des industries laitières. En mars 2018, ce prix moyen est de 268 €/1 000 l. C’est respectivement 45 € et 10 €/1 000 l de moins qu’en février et mars 2017.

De son côté, Coop de France Métiers du lait (ex-FNCL), tempère. « Les cotations du beurre flambent à nouveau, a expliqué Damien Lacombe, son président, à l’occasion d’une journée des coopératives laitières organisée à Paris jeudi 12 avril. En Allemagne, la cotation du beurre a bondi de 500 € la semaine dernière. Nous pensons que cela va suivre en France. »

Malgré cette reprise du prix du beurre, « qui viendra contrebalancer la baisse du prix de la protéine », « le déséquilibre structurel entre le beurre et la poudre pose un problème majeur à la filière ».

La cause de cette dégradation des marchés laitiers est bien identifiée : l’accumulation de 370 000 tonnes de stocks à l’intervention publique qui, malgré une demande mondiale très dynamique, empêche les prix de la poudre de se redresser. Et la Commission européenne ne semble pas bien pressée d’écouler ces stocks qui pèsent lourdement sur le marché. Au 1er trimestre 2018, elle n’a vendu que 10 500 t sur les 378 500 t, au moyen de trois adjudications à un prix minimal accepté de 1 050 €/t.

Un axe franco-allemand pour faire pression à Bruxelles

Face à la frilosité de la Commission européenne à écouler ses stocks, les producteurs et les opérateurs de la filière en France et en Allemagne sont sur la même longueur d’ondes et doivent présenter officiellement leur proposition commune à Phil Hogan jeudi 12 avril : dégager une bonne partie du stock vers le marché de l’alimentation animale, en particulier l’alimentation porcine.

« Phil Hogan réunit ce jeudi 12 avril les parties prenantes de la filière laitière européenne. Les coopératives et producteurs français et allemands défendent une position commune qui lui sera présentée », explique Damien Lacombe. « Il faut dégager une bonne partie du stock vers l’alimentation animale, même si une décote est effectivement constatée. » Les coopératives laitières défendent aussi « une caractérisation des stocks de poudre selon leur ancienneté ». « Il faut les différencier pour ne pas pénaliser la valorisation de la poudre fraîche. »

Mais la Commission européenne ne semble pas prête à mettre la main à la poche. Car, quelle que soit la solution retenue, le dégagement du stock coûtera. « En alimentation animale, le coût d’opportunité pour les opérateurs tourne autour de 600 €/t. Or les stocks ont été constitués à 1 700 €/t. » Le calcul est alors simple : le dégagement de 100 000 t de poudre vers l’alimentation animale engendrerait une moins-value d’environ 110 M€ pour la Commission européenne. « C’est de la responsabilité du commissaire de gérer cette situation. » L’attentisme de Bruxelles sur le devenir de ce stock ne tient finalement qu’à l’épineuse question budgétaire.

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DÉJÀ 9 RÉACTIONS


steph72
Il y a 123 jours
La France est le pays qui a fait le moins d'excédent depuis 2015 et malgré ça le prix du lait a été le moins elevé contrairement aux autres pays (Irlande,Pays Bas ...) Et si ce dernier pays n'aurait pas fraudé on aurait moins de stocks de poudre aujourd'hui.
Concernant les op,qui a intérêt à avoir une multitude d'op verticales qui crée de fait la division naturelle des producteurs ( exemple suisse catastrophique pourtant copié!!!!)???
Si ce n'est les coopératives et les industriels privés qui peuvent garder le pouvoir sur les producteurs contrairement aux op horizontales.
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hautot nicolas
Il y a 123 jours
c'est pays qui ont trop produit de payé le stock .
c'est simple comme bonjour ..
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Jmb67
Il y a 125 jours
C'est le jeu des industriels de faire produire du lait, plus il y a du lait moin ils le payent. plus ils améliorent leur marge
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Tomy
Il y a 126 jours
Je suis plutot d'accord, pour donner une partie de responsabilités aux éleveurs, mais les coopératives sont encore + responsables notamment Sodiaal , Agrial ....
qui poussent vraiment à produire toujours +.
Pour ma part, avec 60 000l/UTH sur notre ferme, je ne me sens pas vraiment
responsable de la surproduction
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PATRICE BRACHET
Il y a 126 jours
Nous les éleveurs sommes fautifs et dans le monde entier personne ne sait gérer ses volumes et même certains pays , industriels, organismes poussent à produire plus j ai voulu le dire dans une réunion j ai manqué en prendre un Donc même chez nous ! Et pourtant c est la rareté qui fait le prix !!
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gillesdu 01
Il y a 126 jours
La commission fait le boulot pour les industriels , elle régule le prix au détriment de ceux qui ont tout accepté plutôt que s'organisé .
CQFD
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PATRICE BRACHET
Il y a 125 jours
Je fais de la qualité avéc des ratios oméga très interessant sans produire trop de méthane et cet hiver j ai dépassé les 400€ tonnes avec prix de base à 335 !cout De ration 93€ / mille marge brutes sur coût alimentaire 8,35€ mais je dis que c est à nous éleveurs du monde entier de gérer les volumes ; les coops beuf..... les op ça coûte cher... donc il reste nous maintenant je serai plus là quand peut-être des mesures seront prises désolé et on est tous responsable car c est quoi 30000litrs de plus sur l année ? Et le comptable , le banquier vous y poussent et c est là le drame car je ne met nullement les collègues en tord mais ceux qui conseillent ce genre de choses
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lebonmayennais
Il y a 125 jours
monsieur patrice brachet faites donc comme ce petit jeune faites dont de la qualitè!!!vous l avez ecris vous mème il y aura toujours des acheteurs pour la qualitè!!et pour vos mauvaises vaches mettez leur 2voir 3 veaux limousins au pis!!!sur des holsteins c est possible et au vu de l abbattage de troupeaux entiers de limousines vous ne serez pas genès de trouver de tres bons veaux aux marchès au cadran vers les 120euros piece!!!faites le !!je le fais bien!!!
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PATRICE BRACHET
Il y a 127 jours
Le stock de poudre c est l assurance de prix bas! Mais jusqu’à quand ?
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