Paroles de lecteursLe coronavirus se propage aussi dans les commentaires

| par Céline Clément | Terre-net Média

Si la pandémie de coronavirus se répand également dans les commentaires postés par les lecteurs de Web-agri et de Terre-net, qui ont réagi en nombre aux différents articles portant sur ce sujet, tous ne sont pas d'accord quant aux impacts de cette crise sur l'élevage et l'agriculture en général. Certains pensent qu'elle va faire baisser les prix du lait, de la viande, des céréales et des oléoprotéagineux et d'autres, au contraire, qu'elle va les faire augmenter. Plusieurs estiment que la consommation va diminuer et quelques-uns qu'elle restera au même niveau.

paroles de lecteurs terre net web agri sur l impact du coronavirus sur l elevage et l agriculture « Comme d'habitude, la crise du coronavirus retombera sur les agris, qui sont la variable d'ajustement quel que soit le problème rencontré ! », s'exclame Steph72. (©Pixabey // Terre-net Média)

Steph72 : « Quel est but de cet article ? Nous mettre le moral encore plus bas qu'il ne l'est ? On a déjà une météo pourrie : après la sécheresse du printemps et de l'été dernier, il ne cesse de pleuvoir depuis l'automne et de nombreuses régions souffrent d'excès d'eau. Comme d'habitude, la crise du coronavirus retombera sur les agris, qui sont la variable d'ajustement quel que soit le problème rencontré ! »

The germs : « Je regarde régulièrement les cotations des différents marchés laitiers (poudre de lait, lactosérum, beurre, valeur sortie usine...), notamment sur Web-agri. Partout, elles ne sont pas en tendance baissière, mais en augmentation. La plupart des experts s'accordent même à dire que si cette épidémie de coronavirus peut impacter structurellement la filière, les besoins sont tels qu'elle freinera peu la hausse globale du prix du lait. Dans les zones en quarantaine en effet, les industries laitières sont au ralenti, voire à l'arrêt, en particulier en Italie... Et même si la bourse a dévissé, les cotations se sont maintenues pour la grande distribution. Par exemple, depuis janvier, Carrefour n'a quasiment rien perdu (- 0,3 %) et Wall Mart a même un peu progressé (+ 3 %) car les investisseurs ont bien compris que les besoins seront importants en produits de base, surtout quand les personnes doivent rester confinées. J'aimerais avoir le ressenti d'autres agriculteurs et spécialistes, mais également des journalistes de Web-agri qui disposent peut-être d'informations que nous n'avons pas. Merci d'avance. »

Les besoins seront importants en produits de base.

Les prix devraient être plutôt à la hausse...

Chris : « Je pense aussi que, même avec des mesures de confinement, la tendance devrait être à la hausse des prix pour le lait et les autres produits agricoles comme pour de nombreuses denrées alimentaires et non alimentaires. »

The germs : « Pour le porc, c'est la même chose : depuis fin janvier, le prix est en hausse constante. Les cours ont gagné 10 centimes du kilo en un mois. Vous pouvez vérifier sur le site du Marché du porc breton (Plérin), onglet "les cotations". Pour la viande bovine, je peux comprendre, vu la fermeture des écoles et de la baisse de la restauration hors domicile, la demande est moindre. Mais pour le reste, les marchés disent le contraire... Pour enfoncer le clou, les besoins en lactose pour les produits pharmaceutiques (notamment le paracétamol) vont s'accroître, donc le prix du lait aussi, non ? Avec plus de 400 mg de lactose par cacheton, multiplié par le nombre de malades du coronavirus, il va en effet falloir en produire du lait, je vous le dis... »

Il va falloir produire du lait, je vous le dis...

Moty : « Nous en Bretagne, avec notre belle usine de poudre de lait à Carhaix (Finistère), nous sommes des privilégiés. Grâce à Sodiaal, on peut produire !! »

... ou pas !

Patrice Brachet : « Je vais vous donner un début de réponse : le prix du lait devait augmenter mais la hausse reste bloquée le temps que la crise sanitaire passe. D'ici là, les autres conditions (météo, etc.) seront devenues plus favorables et il n'y aura finalement pas d'augmentation. Je précise, je n'ai pas de boule de cristal. »

Gaetan : « Le prix du lait augmentera peut-être un peu mais ne flambera pas, j'en mets ma main au feu... Regardez aux USA, il progresse fortement depuis 2-3 ans. Résultat : les deux plus grosses laiteries ont fait faillite fin 2019. Tout est bon pour mettre la pression sur le prix du lait. Dans six mois, après le coronavirus, ce sera soit le Brexit, soit la hausse de la production, ou encore... Nos acheteurs trouveront bien un argument pour ne pas payer correctement notre lait comme toujours. »

Titian : « Y a pas à dire, nos "clients" sont des champions : ils pleurent à chaudes larmes avant d'avoir mal et rechignent toujours à nous payer à chaque vraie embellie. »

Fink : « Les prix ne peuvent pas monter effectivement. De la viande ou du lait de bovin, il y en a partout sur la planète comparé au lait de chèvre et brebis. Je ne vous parle même pas des jus végétaux qui raflent les parts de marché... Au Vietnam, pour une consommation de 24 à 26 kg de lait/habitant, les autorités ont fait construire des étables de 6 000 vaches !? »

« Les gens n'arrêteront pas de manger »

Jeuneagri : « Le véritable problème, c'est la consommation... Si les gens ne consomment ni lait et ni viande pendant une semaine, c'est une semaine de perdue qui ne se rattrapera jamais. Et l'offre de cette semaine-là se reportera sur les suivantes, d'où trop d'offres pour très peu de demandes... Concernant la viande bovine, ce n'est pas l'embellie du tout sur les marchés (avec ou sans coronavirus) contrairement aux années précédentes. (...) Pour le moment, pour tasser les prix, les acheteurs importent. Mais il suffit que les échanges avec le nord de l'Italie soient stoppés et c'est la fin pour la filière. »

Il suffit que les échanges avec le nord de l'Italie soient stoppés.

The germs : « Pourquoi les gens s’arrêteraient-ils de manger pendant une semaine ? Justement, c'est plutôt l'inverse que l'on voit : les gens font des réserves. Concernant les cotations et la bourse en général, elles ne sont que le reflet de notre société, juste un thermomètre... »

Jeuneagri : « Les Français, qui font des réserves, achètent des pâtes, du riz, des conserves, à la rigueur du lait mais peu de viande, plus périssable. (...) »

The germs : « Les dates de péremption sur du lait UHT ou de la viande "surgelée" sont lointaines. Maintenant, la sociologie des consommateurs est très aléatoire, je te l'accorde, et on peut avoir tous les deux raison dans notre argumentation... On verra bien ce que nous dira l'avenir. Bon courage en tout cas! »

Un impact surtout pour le lait et la viande

Jeuneagri : « The germs, en achat "panique" ou de survie, la viande et le lait ne sont jamais la priorité du consommateur.  Je vends en direct et au cadran... Je vois bien que la demande n'est pas là. Chaque année dès début février normalement, elle redémarre pour les bovins, là c'est le calme plat... »

La demande n'est pas là.

The germs : « @Jeuneagri, je comprends ce que tu dis et je confirme que sur du lait liquide et de la viande bovine, la demande peut faiblir. Mais le lait est une matière première transformable à volonté, très demandée dans l'industrie alimentaire (biscuiterie, pâtisserie, plats préparés, etc.). Tu serais très étonné de savoir où l'on retrouve du lait. La viande baisse surtout à cause de la fermeture des écoles et des cantines, et de la moindre fréquentation de la restauration hors foyer. »

steph72 : « Reste à savoir s'il restera des jeunes motivés pour produire du lait avec un prix qui reste bien en dessous du coût de production. Ça fait un moment qu'on prend les éleveurs pour des esclaves, avec un prix du lait qui ne progresse pas mais des charges qui, elles, augmentent et un revenu bien insuffisant pour vivre. »

Réaliste : « D'après le ministre de l'économie, certains secteurs sont à - 60 % de chiffre d'affaires. Comme les agriculteurs en 2016 ! Et l'État les a laissés se débrouiller tous seuls !! (...) » 

Et en grandes cultures ?

Pipo : « À ma connaissance, le covid-19 ne touche pas les grandes cultures. Une excellente occasion pour faire chuter les prix sans aucune raison. »

Depuis plusieurs semaines cependant, le coronavirus semble avoir contaminé les marchés des céréales et oléoprotéagineux notamment. 

Le virus est en effet le sujet de nombreuses infos marchés du jour comme :
           ...

Ceres : « L'alimentation fait partie des besoins fondamentaux. Les échanges de produits agricoles seront donc certainement moins touchés que le tourisme ou le luxe. Mais tout est bon pour toujours tirer les prix payés aux producteurs vers le bas. »

maxens : « En grandes cultures, la baisse des prix, ce sont surtout les excellentes conditions climatiques depuis plusieurs mois et les bonnes perspectives de production en Europe de l'Est qui en sont la cause. Malheureusement, cela risque d'être encore une année à perdre de l'argent ! Sans parler de la réforme de la Pac à venir qui va nous enterrer encore plus... »

Une excellente occasion de faire chuter les prix des céréales sans raison.

Marius : « (...) Les céréaliers ne vont plus pouvoir acheter du matériel américain... (...) »


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