Paroles de lecteursLe prix du lait, un sujet qui met les éleveurs en ébullition

| par | Terre-net Média

Le prix du lait, toujours très bas et qui ne couvre plus les coûts de production, la conjoncture laitière perturbée et, plus largement, les difficultés de la filière sont des sujets sur lesquels les lecteurs de Web-agri débattent beaucoup. Si certains conservent leur humour, parfois pince sans rire, d'autres mettent ouvertement en cause les organismes agricoles qui, selon eux, ne mesurent pas la gravité de la situation. Quand ce ne sont pas les pouvoirs publics qui refusent de réguler les volumes, les stocks de poudre de lait qui s'amoncèlent, ou encore les industriels et les GMS qui font des marges énormes sur le dos des producteurs.

paroles de lecteurs prix du laitLa seule solution : réguler la production à l'échelle européenne, estiment de nombreux lecteurs de Web-agri. (© Terre-net Média)

Chrislait : « Le prix du lait au ras des pâquerettes depuis des mois, c'est de la maltraitance envers les éleveurs, voire de l'esclavage ! »

Pipo1er : « (…) Quand on fait la moyenne sur plusieurs années, même madame pipi gagne plus ! »

QUELQUES-UNS PRÉFÈRENT EN RIRE... même JAUNE !

Patrice Brachet : « Robot de traite, pailleuse connectée, mélangeuse high-tech : l'alimentation, la production laitière, le nettoyage de la stabulation, tout est optimisé... sauf le prix du lait ! »

Image747 : « On en a ras-le-bol des points mensuels sur la conjoncture laitière où tout va s'arranger. La moitié des producteurs vont disparaître, mais tout va bien !!! »

Chrislait : « Sans déc..., ces experts n'ont pas regardé les résultats comptables des producteurs de lait depuis 3 ans !!! »

Pipo1er : « Avant, certaines laiteries nous donnaient une calculette comme cadeau de fin d'année. Aujourd'hui, ils n'osent plus nous en offrir. »

Jmb67 : « Je suis désespéré de constater que nos organismes sont incapables de regarder les choses en face. L'élevage est en train de mourir à petit feu et il faut faire encore et encore des économies, baisser les charges... Comment peut-on travailler avec du matériel vieux de plus de 10 ans, sans investissement et surtout sans avenir !!! »

Steph72 : « Que FranceAgriMer arrête de nous prendre pour des imbéciles ! Ce sont tous ceux qui gravitent autour de l'agriculture qui doivent être plus efficients, pas les producteurs ! »

« Des organismes incapables de regarder les choses en face »

Garou : « J'y ai lu "La maîtrise de l'offre fait redresser durablement les prix", mais à quel prix la disparition de centaine d'éleveurs, contribuant à la désertification rurale ? Dans ces articles, on parle d'économie laitière, on ne fait pas de sociologie... »

Patrice Brachet : « On voit fleurir des bureaux d'étude qui étudient vos sols, vos bâtiments, votre comptabilité et vous proposent bien entendu la solution miracle. À chaque fois, quelques milliers d'euros pour un diagnostic sans aucune garantie de résultat. »

Balel : « 3 à 4 % de hausse ! En admettant naïvement qu'elle soit répercutée à 100 % aux agris et sur 100 % du lait, ça ne fait que 9 à 12 euros sur une base 300 euros/t. Il va quand même falloir un jour savoir pourquoi ces élus multi-casquettes vendent l'âme de leurs congénères à si bas prix ! »

Bou21 : « Encore une nouvelle hausse dont on ne verra pas la couleur ! »

Gillesdu01 : « Il est certain qu'après avoir touché le fond, une amélioration est toujours possible, pour inciter les éleveurs à produire. C'est le jeu des industriels, mais "amélioration" ne signifie en aucun cas "juste prix". »

Tomy : « (…) Actuellement, en lait, les producteurs se retrouvent en situation délicate quel que soit le volume de production. Le "produire plus", ça eut payé mais ça ne paie plus ! »

Commentaires issus des points mensuels de conjoncture laitière du Cniel

LE "PRODUIRE PLUS" NE PAIE PLUS

Patrice Brachet : « Produire à tord et à travers, la faute à qui ? À tous ceux qui, tous les jours, nous rabotent les prix pour engraisser les actionnaires ! (…) »

Chrislait : « En gros, peu importe où on produit du lait dans le monde. Aucune laiterie ne couvre les coûts de production des éleveurs. »

Tell14 : « L'idée était de faire croire à une remontée du prix du lait jusqu'à la fin du Salon de l'agriculture, comme si les stocks de poudre avaient disparu... Dès fin mars, les prix risquent de plonger à nouveau. »

Capitaine : « C'est la rareté d'une matière qui fait augmenter son prix. On nage dans le lait actuellement. Cette situation, la production porcine l'a vécue dernièrement et la volaille il y a un peu plus longtemps. Ce qui manque, c'est la volonté politique de mettre en place des outils de régulation. »

Steph72 : « Avoir des excédents pour que le prix du lait ne remonte plus : c'était le but de la suppression des quotas laitiers. Devinez à qui ça profite... »

La faute à la poudre de lait

Choubaka08 : « La seule solution : la Régulation de la production laitière en Europe ! Cela éviterait ces montagnes de poudre de lait mises à l'intervention qui, en plus, coûtent cher aux contribuables ! Mais trop de lobbies, industriels notamment, prônent le contraire. Ils veulent de la matière pour faire tourner leurs usines !  »

Patrice Brachet : « On croule sous des millions de tonnes de poudre ! Aucune hausse ne pourra passer. Il faut arrêter d'être le premier de la "top liste", il faut plutôt être le premier du centre de gestion. En produisant moins et mieux, on aura une meilleure marge et les stocks de poudre de lait fondront. »

Pipo1er : « Le pire, ou la bonne nouvelle, c'est qu'il va falloir jeter une grande partie de cette poudre car elle va se périmer... »

Et aussi aux GMS et aux industriels

Gilles Moreau via Faceboook : « Les pouvoirs publics pilotant la fixation du prix du lait, c'est très séduisant, mais je ne suis pas sûr que ce soit la solution ! Plusieurs exemples nous l'ont montré, comme le prix du porc fixé par l'État sous l'ère Hollande. Il faut attendre pour voir... »

Grégory Couturier via Facebook : « Mais avons-nous encore le temps d'attendre ? »

Steph72 : « Ce n'est que de l'affichage ! Le rapport de force penchera toujours du côté des GMS, avec leurs quatre centrales d'achat, et des industriels ! »

Olivier Mevel via Twitter : « Un prix est issu d'un rapport de forces. Pour le lait, les fondamentaux initiant le rapport de forces seront toujours présents. »

Jonathan : « Il faut simplement 2 cts/l de lait de marge en moins aux transformateurs et autant aux grandes surfaces ! Ça ferait 4 cts de plus par litre de lait aux producteurs. Arrêtons de dire que le consommateur doit payer alors que les marges des GMS et des industriels sont colossales !!! »

Agripicardie : « J'ai 20 000 l de lait en trop sur mars. Ma coop le prend pour 50 euros les 1 000 l pour le transformer en yaourts et fromages. Pour elle, c'est encore tout bénef sur le dos des paysans. Aucun système de report sur les six prochains mois pour ajuster la production sans faire de casse démesurée. Les vaches ne sont pas équipées de robinets. Dommage qu'il n'y ait aucune mutualisation entre éleveurs pour trouver une solution gagnant-gagnant entre celui qui ne fait pas son contrat laitier et celui qui le dépasse. Je m'y suis pris trop tard pour faire un don de lait : ce sera 20 000 l dans la fosse à lisier ! Hors de question d'engraisser les industriels et la grande distribution ! »

Des pistes pour limiter l'impact de la crise laitière ?

Titian : « Bien sûr que l'on peut moins déléguer ! Encore faut-il que la charge de travail supplémentaire ne soit pas une fois de plus bénévole ! »

Hautot Nicolas : « Les ateliers les plus modernes ne sont pas forcement les plus rentables ! Je nourris avec 50 % d'herbe, j’insémine moi-même et je valorise à 100 % les effluents organiques. Telles sont les pistes à étudier pour limiter l'impact de la crise. »

Julien b : « L'autre solution est de diminuer le nombre de personnes qui se nourrissent sur notre dos. En 2016, nous avons arrêté de déléguer la reproduction et nous nous sommes formés à l’insémination, à l'échographie, etc. Nous avons acheté tout le matériel et nous avons gagné 14,2 €/1 000 l. »

Titian : « Je retiens surtout, comme pressenti il y a pas mal d'années, que les efforts de productivité ne sont pas partis dans la poche des éleveurs. »


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