Marché de la viande bovine en EuropeLe Brexit à venir pourrait avoir de pires effets que le Ceta

| par | Terre-net Média

La FNB s'inquiète des conséquences d'un Brexit « dur » sur le marché de la viande bovine. Selon le syndicat, la moitié des 180 000 tonnes de viande irlandaise actuellement exportées chaque année au Royaume-Uni pourrait revenir sur le marché européen. Et donc en partie en France.

Le Brexit pourrait venir déséquilibrer le marché européen de la viande bovine, davantage encore que les importations canadiennes.Le Brexit pourrait venir déséquilibrer le marché européen de la viande bovine, davantage encore que les importations canadiennes. (©Terre-net Média)

Si les négociations entre l’UE et les Etats-Unis sur le Ttip semblent pour l’instant s’éloigner avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les éleveurs français voient pointer une autre menace sur le fragile marché de la viande. En l’occurrence, le Brexit dont les modalités vont être négociées en 2017, pourrait être la source d’un déséquilibre du marché européen.

L’essentiel des exportations de viande bovine irlandaise trouve un débouché chez le voisin anglais. Le volume exporté est conséquent, autour de 180 000 t chaque année. Un volume qui représente, côté britannique, 68 % des importations de viande. Selon la FNB, la moitié de ce volume pourrait revenir sur le marché européen après Brexit. « Un Brexit dur engendrera une remise en cause de tous les accords commerciaux. Le Royaume-Uni sera tenté de s’approvisionner ailleurs, et de se tourner vers les pays du continent américain », s’inquiétait Jean-Pierre Fleury, président du syndicat, lors d’une réunion avec la presse jeudi 19 janvier.

Qui dit sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, dit probable réinstauration de droits de douane pour ses importations. Les Irlandais qui, de surcroît, ont vu leur cheptel augmenter sensiblement ces derniers mois, ont tout à craindre de leur réapparition.

Les industriels irlandais anticipent déjà

En considérant que l’Irlande soit contrainte de trouver de nouveaux débouchés pour près de 90 000 tonnes de viande, ce volume serait supérieur au contingent d’importation européen négocié avec le Canada dans le cadre du Ceta, accord vivement contesté par les producteurs de viande bovine. Autrement dit, le Brexit constituerait une menace plus importante que le Ceta.

Après le vote des Britanniques en faveur d’une sortie de l’UE, l’Institut de l’Elevage-Idele avait déjà repéré d’éventuels signes d’une anticipation des exportateurs irlandais.

« Pour l’industrie des viandes, le paradoxe est que les principales firmes irlandaises sont les leaders incontestés du secteur au Royaume-Uni, écrivait l’institut en juin 2016. Ainsi, ABP et Dawn Meats, n°1 et 2 en Irlande, font la moitié des abattages de bovins et d’ovins au Royaume-Uni. Or Dawn Meats a commencé à investir dans l’abattage-découpe en France depuis un an et demi en prenant progressivement le contrôle du groupe coopératif Elivia, n°2 français du secteur de l’abattage-découpe de viande bovine. »

« Sans que l’on puisse considérer cela comme un prélude à un désengagement au Royaume-Uni, c’est une vraie internationalisation pour cette firme. De son côté, le groupe ABP est présent depuis 2011 en Pologne, où il détient deux sites d’abattage. On peut parier que d’autres firmes irlandaises comme Kepak chercheront à leur tour à investir de façon plus pérenne sur le continent que par de simples comptoirs commerciaux comme c’est le cas actuellement ».


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