Développement de la biométhanisation - Marc Gillmann, chargé de mission Biogaz, « En France, les cultures énergétiques doivent rester un complément »
![]() Le développement des cultures énergétiques pour la cogénération de biogaz en France n'est ni possible, ni réaliste, ni souhaitable, estime Marc Gillmann, chargé de mission Biogaz au ministère de l'agriculture (© Béatrice Colleu - Web-agri) |
Ainsi, la comparaison d’un même projet en France et en Allemagne ne donnera pas le même taux de rentabilité interne (Tri).
| Hypothèses communes pour une comparaison France/ Allemagne -Débouché chaleur à 300m -Valorisation de 50% de la chaleur disponible -Chaleur substutuée à du chauffage au fioul -Distance d’approvisionnement = 5 km - Distance d’épandage=2km - Tarif électricité 2008 (indexés) - 8000h/an - Coût de production ensilage maïs :28€/t - Totalité de l’investissement emprunté - Aucune subvention |
En Allemagne, ce projet bénéficierait d’un tarif de rachat d’électricité constitué d’un tarif de base 2008 de 9,87c€/kWhe ainsi que d’une prime aux cultures énergétiques de 6€/kWhe et d’une prime électricité cogénérée de 21.000 euros. Le revenu électrique total s’élèverait à 530.000 euros auquel s’ajoute le revenu lié à la vente de chaleur (80.000€). Les charges liées à la production de cultures énergétique s’élèvent à 140.000 €. Le taux de rentabilité interne serait de 5%.
« Le même projet en France ne serait pas rentable », indique Marc Gillmann, avec un revenu électrique total de 440.000 €, en raison d’un tarif de rachat de 14 c€/kWhe.(+80.000 de revenu vente de chaleur et – 140.000 € de charge cultures énergétique)
Tri de 12,4% côté français avec la méthanisation d'effluents et déchets organiques
A contrario, un projet basé sur la méthanisation d’effluents d’élevage et de déchets organiques verra un taux de rentabilité interne bien supérieur côté français. L’approvisionnement est constitué dans cette simulation de 9.000 tonnes de lisiers bovins, 3.500 tonnes de lisier porcin ainsi que de 3.000 tonnes de déchets verts, 500 tonnes de graisses de cuisine, 500 tonnes de graisses d’abattoirs, 100 tonnes de résidus de céréales et 1.000 tonnes de déchets de boulangerie. Il nécessite 1.750.000 € d’investissements, pour une puissance installée de 400KWe, mais cette fois sans aucune surface de cultures énergétiques.
La rentabilité est tout autre alors, puisque sans « bonus cultures énergétiques » de 6 centimes, le taux de rentabilité interne tombe à 3,4% côté allemand, alors qu’en France il grimpe à 12,4%. Les revenus électriques et liés à la vente de chaleur n’évoluent pas 440.000€ et 80.000 €. Par contre, les charges liées à la production de cultures énergétiques (140.000€) disparaissent et un revenu pour le traitement des déchets est même apporté (75.000€).
Se fonder sur le traitement de déchets organiques de proximité
Ces deux simulations attestent pour Marc Gillmann que « le tarif allemand et le tarif français ne soutiennent pas le même type de projet ». « Les projets français doivent se fonder sur le traitement de déchets organiques de proximité », conclut Marc Gilmann qui démontre ainsi qu’à condition de bonne valorisation de la chaleur, le tarif français pour le traitement des déchets organiques par méthanisation est supérieur au tarif allemand.
De plus souligne le chargé de mission biogaz, les projets allemands basés sur les cultures énergétiques subissent l’augmentation des cours des céréales. Leur rentabilité peut devenir incertaine en raison de difficultés d’approvisionnement.
En ce qui concerne les projets de méthanisation en France, « les cultures énergétiques doivent rester un complément », insiste le spécialiste du ministère de l’agriculture.







