Épandage de lisierL'automoteur QuadraFerti pour alléger l'épandage

| par Paul Renaud | Terre-net Média

Avec l'objectif d'apporter du lisier lorsque les cultures en ont réellement besoin, Jean-Claude Bretault utilise un automoteur alimenté par un tuyau pour ses épandages. L'engin lui permet de rentrer dans les champs à toutes périodes de l'année en limitant le tassement du sol.

Epandeur de lisier QuadraFertiLe système QuadraFerti est plus léger qu'une tonne conventionnelle et permet de rentrer dans les champs n'importe quand. (©Paul Renaud / Terre-net Média) 

C’est un bien étrange matériel qui est en action dans une des parcelles de maïs de Jean-Claude Bretault à La Pommeraie dans le Maine-et-Loire. Plus curieux encore, arrivé au bout du champs, il repart en marche arrière sur le même tracé sans faire demi-tour.

À l’approche de l’engin, se profile une structure d’automoteur de pulvérisation, mais équipée d’un enrouleur d’irrigation et d’un moteur en lieu et place du réservoir. Devant, une rampe, équipée de pendillards, épand du lisier mais pas sur la totalité de sa longueur. « C’est un QuadraFerti, il a été fabriqué par un agriculteur du secteur qui a monté l’entreprise Matubock », annonce Jean-Claude Bretault, responsable de la machine au sein de la Cuma "La bonne entente". L'automoteur est utilisé comme alternative à la tonne à lisier. Lorsqu’il fonctionne, la rampe de 28 m permet d’épandre sur deux bandes de 7 m situées à chacune de ses extrémités, tout en déroulant le tuyau situé sur l’automoteur.

Un sorte de chariot permet d'épandre des bandes de 7 m à un emplacement différent à l'aller et au retour.Un sorte de chariot se déplace pour épandre des bandes de 7 m à un emplacement différent à l'aller et au retour. (©Paul Renaud)  

Préalablement au retour en marche arrière, les pendillards coulissent sur la rampe pour apporter du lisier sur les deux bandes restantes de chaque côté de l’engin. L’enrouleur derrière la cabine récupère alors le tuyaux. Le QuadraFerti est alimenté via le réseau d’irrigation ou selon les cas par un enrouleur indépendant de 900 m relié à la fosse à lisier. « Nous avons 100 ha irrigués, donc nous utilisons le réseau souterrain pour amener le lisier dans la parcelle. Un tuyau d’une longueur de 100 m permet ensuite de relier le QuadraFerti à la borne d’alimentation », indique l’agriculteur.

Selon le fonctionnement de la Cuma, c’est à l’agriculteur de mettre en place les tuyaux pour que le chauffeur n’ait plus qu’à se raccorder lorsqu’il arrive avec l’engin. « C’est le dernier exploitant qui l’utilise qui doit acheminer la remorque avec pompe jusqu’au prochain utilisateur. Pour le lavage du QuadraFerti, il suffit de remettre de l’eau dans le système d’irrigation sans le débrancher et de faire un passage dans le champs » affirme l’agriculteur angevin.

Une autre manière de raisonner les apports

Avec ses 10 t, le QuadraFerti a l’avantage de réduire le tassement du sol, tout en élargissant la période permettant de rentrer dans les parcelles. « Ça a complètement changé notre manière de gérer le lisier. Avant, il était épandu quand il fallait vider la fosse. Maintenant, nous pouvons vraiment passer quand la culture en a besoin. »

« Aujourd’hui sur l’exploitation, le deuxième apport d’azote d’une culture est réalisé avec 30 m3/ha de lisier de porc », commente Jean-Claude. Il utilise personnellement le QuadraFerti sur 30 ha de maïs, 30 ha de céréales et 10 ha de prairie. Mais dans la Cuma, il est aussi utilisé sur le colza. C’est en mars, lors des épandages sur céréales en sortie d’hiver, qu’il se démarque le plus de l’utilisation d’une tonne. « Nous installons des gros pneus pour ces passages-là et la machine est toujours passée partout sans défoncer le terrain », révèle le producteur.

Le coût d’utilisation de l'équipement, conducteur compris, s’élève à 3,5 €/ha. C’est près du double des tarifs de l’entrepreneur local. Mais Jean-Claude ne regrette pas l'achat. «  Entre la baisse des intrants due à la substitution d’un apport azoté par du lisier et les effets positifs sur le tassement du sol, le dispositif est un réel atout », argumente-t-il. Si l’exploitant relève un défaut sur la machine, c’est le débit de chantier. « Pour apporter 30 m3/ha, la vitesse d’avancement est seulement de 1,5 km/h, je vous laisse imaginer mes collègues qui utilisent du lisier de veau à 60 m3/ha... » ajoute-t-il.

Du matériel d’occasion

Pour concevoir les huit QuadraFerti aujourd’hui répartis dans l’hexagone, la société Matubock a utilisé à chaque fois des automoteurs et des enrouleurs d’occasion. Seule la rampe, avec son principe de positionnement différent à l’aller et au retour, a été conçue spécifiquement. Pour maintenir le tuyau sur la même rangée durant l’apport de lisier dans la parcelle, un lourd chevalet avec ancrage dans le sol est positionné comme point de fixation lors du départ du QuadraFerti. Le conducteur peut le déposer et le reprendre depuis la cabine. Du fait que cette cabine ne soit pas inversable, le retour se fait via un système de guidage. Une console permet de régler le débit de la pompe positionnée à la sortie de la fosse à lisier depuis la cabine.


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