Marché financierL'action des tractoristes cotés en bourse s'envole depuis 1 an !

| par | Terre-net Média

Les valeurs boursières des tractoristes cotés ont au moins doublé depuis le début de la pandémie de Covid-19. Les marchés financiers semblent rassurés face aux bonnes performances de l'industrie agricole ainsi qu'au potentiel des machine lié à l'évolution des systèmes de production. Résultat : la valeur de la part a doublé depuis un an ! La palme revient à John Deere, dont la part a grimpé de 264 % depuis mars 2020.

Hausse de la valeur des actions des tractoristes cotés en bourseLa valeur de l'action des groupes de tractoristes cotés en bourse en nette hausse depuis mars 2020. (©Terre-net Média/PXHere) 

Depuis mars 2020, le cours de l'action boursière des principaux tractoristes n'a de cesse de grimper, et particulièrement depuis la fin du second semestre. Le premier confinement aurait-il provoqué cette hausse ? Depuis la mi-mars, la valeur de l'action des constructeurs de tracteurs agricoles cotés en bourse est plutôt haussière. La rédaction a mené son enquête auprès d'eux, mais peu nombreux sont ceux qui ont souhaité s'exprimer pour tenter d'expliquer la tendance.

L'action du constructeur américain John Deere, installé à Moline dans l'Illinois, a bondi dès l'annonce des confinements un peu partout dans le monde. La valeur est passé de 120,05 $ US le 16 mars à 317,09 $ il y a trois jours. Un bond de 264 % qui doit en faire saliver plus d'un. Toujours sur le marché américain, l'action de l'industriel CNH a connu également une belle progression. Certes, l'ascension est moins vertigineuse, mais le prix est passé de 6,47 à 14,64 $ US en seulement 12 mois. À Duluth en Géorgie, là où le groupe Agco a établit son siège social, la cotation à la bourse de New York s'est aussi envolée, passant de 47,97 $  le 16 mars 2020 à 117,65 $ US le 16 février dernier.

Fois deux pour l'action Kubota à la bourse de Tokyo

Pour le japonais Kubota, pas d'exception à la règle bien que le groupe ne soit pas coté à la bourse de New York mais à celle de Tokyo. La part valait 1 188 Yen le 16 mars 2020, soit 11,22 $ US (au taux de change du 18 février 2021). Un an plus tard, l'action est cotée 2 509 Yen, soit 23,70 $ US. Un peu plus du double. Pour expliquer cette fluctuation importante, la rédaction a contacté les principales marques de tracteurs cotés en bourse et présentes sur le marché français.

Chez John Deere, c'est l'argument de l'interdiction de commenter ou de partager les analyses sur le développement du cours de l'action Deere qui a été avancé. La marque a donc préféré nous renvoyer vers des documents destinés aux investisseurs. En cause : la  confidentialité en rapport avec les règles des marchés boursiers.

Des machines connectées et intelligentes qui séduisent les investisseurs

Sur son site internet dédié aux actionnaires, certaines informations publiées par John Deere évoquent la révolution des systèmes de production agricole dans laquelle se trouve l'agriculture. Les machines sont de plus en plus connectées et intelligentes, et visiblement, cela rassure les marchés financiers. Le résultat économique de la société joue sans doute un rôle sur le marché financier. Selon ZoneBourse : « John Deere fait état d'un bénéfice net en hausse de 5 % à 757 millions de dollars au titre de son quatrième trimestre 2019-20, soit de 2,39 dollars par action. »

Le constructeur a pourtant vu son chiffre d'affaires reculer de 2 % à 9,73 milliards de dollars, une baisse de 16 % dans la construction-sylviculture ayant plus que contrebalancé la croissance de 8 % dans la branche agricole-espaces verts.

Le secteur agricole jette les bases d'une demande plus forte pour l'année à venur, ce qui permet à John Deere de prévoir un profit entre 3,6 et 4 milliards de dollars pour l'exercice 2020-21 (contre 2,75 en 2019-20). Le constructeur, qui a choisit la voie du GPS et de la digitalisation il y a une vingtaine d'années, avait vu juste !

Une reprise meilleure que prévue a rassuré les investisseurs

Le groupe CNH Industrial, qui quant à lui a accepté de répondre aux questions, explique que lors du second semestre 2020, la reprise industrielle a été meilleure que prévue. Les industriels agricoles ont réussi à maintenir leurs stocks malgré les contraintes liées à la pandémie mondiale de Covid-19. Des performances bien meilleures que celles attendues, c'est ce qui aurait rassuré les marchés financiers.

Bien souvent, le cours de l'action reflète le sentiment du marché des capitaux et n'est pas directement lié aux performances financières de l'entreprise. Il est davantage défini par  les prévisions et les attentes du marché à plus long terme, soit les mois et années à venir. La hausse de la valeur de l'action n'est donc pas directement liée aux résultats des marques du groupe CNH Industrial (New Holland, Case IH, FPT Industrial parmi d'autres).

Quid des groupes à capitaux familiaux ?

Les autres marques de tracteurs agricoles restent des entités familiales, non cotées à la bourse. C'est le cas par exemple du groupe SDF, propriétaire des marques  Deutz-Fahr, Same et Lamborghini, et détenu à 100 % par la famille Carozza en Italie. Ou encore du groupe Argo Tractors, mieux connu via ses marques Mc Cormick, Landini et Valpadana, et qui bénéficie de capitaux détenus en majorité par la famille Morra. Sans oublier le groupe Claas, également à 100 % aux mains de la famille éponyme. 

Impossible de savoir comment vont évoluer les marchés financiers et le prix des actions des tractoristes dans les mois et années à venir. Dommage, car il est facile d'imaginer qu'un taux de rentabilité au-delà de deux fois la mise en un an devrait en faire rêver plus d'un ! 

Source : selon les relevés Google Financial


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DÉJÀ 34 RÉACTIONS


Maxens
Il y a 6 jours
Un moyen pour eux de garder leurs adhérents.....
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PàgraT
Il y a 6 jours
Je ne parle pas de quotas, mais de régulation de la production en fonction de la demande comme le font les tractoristes; çà change tout. En lait, lors de la dernière crise, des producteurs ont été rémunérés pour baisser la production, même dans des pays où l'état était contre. Même si cela a été mis en place un peu tard, les stocks ont été résorbés bien plus vite.
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PàgraT
Il y a 6 jours
La réforme de 92 a été décidée sous l'impulsion du COPA COGECA, dont notre syndicat majoritaire est adhérent
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Maxens
Il y a 6 jours
Cela s appelle les quotas.....et cela ne t a pas échappé qu ils existaient en lait et en betteraves et qu ils ont été démantelé par volonté politique....difficile de concevoir y revenir
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toutoune
Il y a 6 jours
oui vous parlez donc bien de quelque chose qui a été imposé et non pas d'un choix des agriculteurs! ( de produire plus)
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PàgraT
Il y a 6 jours
Avant la PAC de 1992 nous avions des prix plus élevés, des stocks de marchandises qui débordaient et qu'il fallait brader au cours mondial. Le seul moyen d'avoir des prix, c'est la protection aux frontières et la régulation des productions.
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toutoune
Il y a 6 jours
C'est la PAC et ses prix bas qui pousse les agriculteurs à produire plus ! C'est le seul moyen d'attenuer ( et pas compenser) les pertes! Et de toute façon, les niveaux de productions en France n'ont quasiment plus le moindre impact sur les prix.
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PàgraT
Il y a 6 jours
La grosse différence avec l'agriculture, c'est qu'eux ils maitrisent la production en ne fabriquant que ce qui est vendu. De cette manière, ils fixent leurs prix. Mais nous, nous avons partout des gens qui veulent produire au maximum, peu importe que cela fasse baisser les prix.
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conventionel
Il y a 6 jours
ils trouvent des paysans assez con pour acheter du fendt et après il y en a qui se plaignent ! quel sketch
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Fendt
Il y a 6 jours
Le cours monte si ils vendent... c’est qui qui achète ?!
La marque bavaroise est à un prix astronomique mais il gagne chaque année des parts de marché... tellement cher que l’agriculteur ne peut ce le payer et est obligé de le ... louer....
Mais il le fait et signe un contrat de location.
Et voilà... l’agriculteur perd son capital mais est fier d’avoir le top du tracteur . Que c’est beau 🥰?
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