Norme Mother RegulationF. Solek : « Tout le monde avec des freins pneumatiques serait plus simple ! »

| par | Terre-net Média

Mon matériel actuel sera-t-il impacté par la Mother Regulation ? Vais-je équiper mes véhicules remorqués d'une double ligne de freinage ? Est-ce la fin des freins hydrauliques ? François Solek, responsable Export chez Joskin, explique en quoi cette directive européenne 137/2013 aura des répercussions sur les véhicules remorqués et le marché de l'occasion. Il répond à quelques questions sur le plateau de la Sima Web TV by Terre-net.

Terre-net (TN) : La directive 137/2013, plus connue sous le nom de « Mother Regulation », entrera en vigueur le 1er janvier 2018. François, peux-tu expliquer cette norme en quelques mots et comment elle impacte les véhicules remorqués ?

François Solek (FS) : Tout d’abord, la Mother Regulation n’impacte pas les remorques, mais principalement les tracteurs. Néanmoins, les véhicules remorqués sont également concernés, puisqu'ils sont tractés par des tracteurs. Pour répondre aux exigences de la norme, les engins doivent recevoir un double circuit de freinage, qu'il soit hydraulique ou pneumatique. Mais, qu'est-ce qu'une double conduite ? La première consiste en un circuit de signal et la seconde déclenche une réserve de frein en cas de rupture d’attelage ou d'utilisation du frein de secours.

TN : Quand la norme entre-t-elle en vigueur ?

FS : Concernant les tracteurs, la date à retenir est le 1er janvier 2018. Tous les nouveaux modèles commercialisés doivent bénéficier de ce dispositif de frein. Et le 1er janvier 2020, tous les véhicules devront disposer d'un double circuit.

TN : En 2020, que devient la remorque actuellement présente sur l'exploitation ? Est-elle toujours autorisée à circuler sur la voie publique ?

FS : Tout dépend de la remorque. Si elle possède un système de freinage pneumatique, aucun problème. Le dispositif prévoit d'ores et déjà une double conduite, donc pas de modification. Par contre, ceux qui utilisent des bennes à freins hydrauliques, simple conduite, devront obligatoirement installer le kit d’adaptation, doublant le nombre de circuits s'ils veulent continuer à circuler et surtout pour que la remorque soit compatible avec leur tracteur, s'il est récent. 

TN : En termes de vitesse de circulation, cela implique-t-il la généralisation du 40 km/h en France ?

FS : Non. Pour qu'une remorque soit homologuée à circuler à 40 km/h, elle ne doit pas être équipée de freins hydrauliques, même double conduite. Cependant, l'hydraulique pourrait prochainement rejoindre le pneumatique dans l’homologation française des véhicules de 29 t.

TN : Ces évolutions auront-elles des conséquences sur le marché de l’occasion ?

FS : Oui, inévitablement. Mais pas beaucoup car le prix du kit, qui permet de passer d’un dispositif à l’autre, est raisonnable par rapport à la valeur d'une machine : entre 1 000 et 2 000 €, selon le nombre d'essieux.

TN : Finalement, ne serait-il pas plus simple d’abandonner le freinage hydraulique ?

FS : Techniquement, c'est clair ! Surtout que cette technologie existe déjà sur les tracteurs et les remorques. Elle a fait ses preuves depuis longtemps sur les poids lourds. Là où ça coince, c'est pour le parc occasion. Que deviennent les anciens modèles ? Il est impossible de convertir une simple ligne hydraulique en double pneumatique !

TN : Chez Joskin, les véhicules sont-ils prêts ?

FS : Oui. Côté pneumatique, aucun problème. Nous le proposons déjà au catalogue depuis quelques années. Toutefois, c'est plus difficile pour l'hydraulique ! En effet, la réglementation impose aussi des temps de réponse maximum. Sur une benne simple essieu, le dispositif actuel est efficace. Par contre, l'importante quantité d’huile nécessaire pour stopper une remorque trois essieux complique la tâche. Nous travaillons sur le sujet et, pour le moment, nous parvenons à respecter les temps imposés pour les véhicules à deux essieux. 


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