FenaisonTrouver l'accord parfait entre la date et le matériel de récolte

| par Tanguy Dhelin | Terre-net Média

Pour récolter un foin de qualité, choisir la bonne date de fauche s'avère primordial. Les outils de fenaison utilisés ont également une grande importante pour les prairies à dominante légumineuse.

Andainage d'herbeNi trop humide, ni trop sec, l'andainage est une étape importante à ne pas prendre à la légère pour ne pas perdre trop de matière. (©Terre-net Média)

L'année 2020 devrait être assez précoce pour le foin. Pour maximiser sa réussite, plusieurs critères végétatifs et mécaniques doivent être respectés. Le stade de la prairie est le premier d’entre eux. « Il vaut mieux être un peu trop tôt que trop tard, d’autant que l’on pourra espérer des repousses à pâturer ou faucher », affirme Anthony Uijttewaal, spécialiste fourrage chez Arvalis institut du végétal.

Un équilibre à trouver entre rendement et valeur alimentaire

Pour définir le stade de récolte optimal d’une prairie, il faut trouver le bon équilibre entre rendement et valeur alimentaire. Dans ce sens, la chambre d’agriculture de Loire-Atlantique propose un graphique basé sur le bourgeonnement des légumineuses ou l’épiaison des graminées. « Concrètement, ce stade optimal est atteint lorsqu’il y a un maximum de feuilles et que moins de 10 % des graminées ont épié » précise Jean-Luc Gayet, conseiller prairie au sein de l’organisme.

Teneurs en MAT de l'herbe en fonction de la date de récolteÉvolution des teneurs en MAT en vert au 1er cycle pour quelques espèces (d’après les tables Inra ) (©Chambre d'agriculture de Loire-Atlantique)

Trouver la bonne fenêtre de séchage

Le bon stade de fauche ne fait pas tout. La période de séchage doit également être adaptée à l’espèce récoltée. « Avec une moyenne de température de 15°C, il faut prévoir 5 à 6 jours de séchage pour un ray-grass anglais, alors qu’une fétuque élevée ne demande que 2 à 3 jours », précise Jean-Luc Gayet.

L’analyse se complique pour les parcelles de pâturage qui ont été débrayées vers le circuit de fauche. Il faut alors estimer la composition prairiale pour définir le temps de séchage. « Il est important de savoir le pourcentage d’espèces diploïdes ou tétraploïdes car elles n’ont pas le même temps de séchage », prévient le conseilleur prairie.

Respecter les bonnes pratiques mécaniques

Les différentes interventions mécaniques peuvent avoir un impact important sur les prairies de légumineuses pures ou dominantes. « Nous avons mesuré des pertes qui peuvent représenter plus d’un tiers de la récolte pour du foin. C’est dommage car ce sont les feuilles qui restent au champ, alors que ce sont elles qui contiennent le plus d’azote et sont très digestibles », indique Anthony Uijttewaal.

Jusqu'à 1/3 de récolte d'herbe perdue par l'agressivité de la faucheuse.Lors de l’étape de fauche, quand cela est possible, il faut favoriser les conditionneurs à rouleau. Ils permettent d’écraser la tige et ainsi d’accélérer l’évaporation de l’eau. Les dispositifs d’éparpillement larges sont également un plus. Ils font retomber le fourrage en pluie et créent ainsi une couche en 3D qui optimise la dynamique de séchage, tout en évitant de rouler sur le fourrage lors de l’utilisation d’un combiné de fauche.

Au contraire, les machines avec conditionneur à fléau sont à éviter. Cette technologie peut engendrer jusqu’à 11 % de perte et son agressivité va fragiliser la plante pour la suite du chantier. « Le but n’est pas non plus de surinvestir en matériel spécifique. Si on est déjà équipé avec une faucheuse à conditionneur à fléau, il est possible de jouer sur l’agressivité en effaçant les peignes, en réglant au maximum l’écartement entre la taule et le conditionneur et en réduisant la vitesse du conditionneur de 600 à 800 tour/minute », explique le spécialiste chez Arvalis.

Attention à l’andainage en pleine chaleur

La confection des andains peut également représenter une perte important pour les légumineuses. Pour optimiser cette intervention, il faut trouver une fenêtre d’intervention qui soit un bon équilibre entre trop d’humidité et trop de sec. « Mais ces périodes ne sont pas toujours faciles à trouver. Elles correspondent généralement à la fin de la rosée. Pour optimiser ces courtes séquences, les outils de grandes largeurs avec de bon débit de chantier sont intéressants » explique Anthony Uijttewaal.

Les andaineurs à soleil peuvent par exemple déployer tout leur potentiel. « On a même vu des pertes importantes sur graminée en cas d’andainage en pleine chaleur l’après-midi. Malheureusement les agriculteurs sont parfois contraints d’andainer toute la journée pour maximiser la productivité et saisir un créneau météo court mais avec une plante au bon stade » précise-t-il.

La mise en balle et le remisage peuvent également être générateur de perte. « Pour la luzerne, il faut enlever le système de pré-coupe sinon les feuilles tombent en pluie sous le round-baller.  Mieux vaut les conserver, au pire, à l’auge, les animaux trieront les tiges », insiste Anthony Uijttewaal. Le niveau d’humidité des balles doit également être analysé avant de les rentrer bâtiment, sous peine de voir le développement de pourriture et de champignon, voire même de risque incendie. « Si l’éleveur n’est pas sûr que le niveau matière sèche soit de 85 %, je conseille de laisser les balles dehors pour qu’elles continuent de sécher », martèle Jean-Luc Gayet.


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DÉJÀ 1 RÉACTION


Jmb67
Il y a 159 jours
Les pertes au sol ne sont pas perdu complètement, elle profite a l'agronomie et a la biodiversité des sols.
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