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Paroles de lecteurs sur FacebookEnsilage de seigle XXL : une pratique à renouveler pour produire de l'énergie ?

| par | Terre-net Média

Pas pour les lecteurs de Web-agri, semble-t-il, vu leurs discussions sur Facebook suite à la publication, la semaine dernière, d'une vidéo sur un ensilage de seigle XXL, destiné à produire du biogaz. Les uns pointent du doigt l'importante consommation de carburant de ce type de chantier, d'autres relancent le débat sur la concurrence avec les cultures alimentaires, craignant qu'elle n'entraîne une hausse des importations. Pour certains, il faudrait même « choisir entre la nourriture et l'énergie »...

Paroles de lecteurs chantier ensilage xxl pour biogaz et methanisationSelon Thomas Hn, «  les déchets représentent une infime partie de ce qui est méthanisé ». (©Terre-net Média)

Après avoir lu l'article En vidéo − Un chantier d'ensilage de seigle XXL pour faire du biogaz, Emmanuel Plr se demande : « Si on enlève les subventions européennes et autres sur les méthaniseurs, sur l'achat de ces magnifiques ensileuses, etc., quel serait l'équilibre financier de la filière biogaz et biocarburants ? »

Durée d'investissement et rentabilité à plus long terme.

« Sans subvention, quel équilibre financier pour la filière ? »

Mathieu Hons lui répond : « La question est bonne et je vais volontairement répondre à côté. Que feraient les plombiers sans les subventions à la transition écologique ? Les boîtes de BTP sans celles pour construire les routes ? Les constructeurs automobiles sans les primes à la casse sous couvert d'écologie ? Soit on accepte le système, soit on accepte l'immobilisme de la société. Maintenant, par rapport à ta question, les durées d'investissement seraient juste plus longues, la rentabilité obtenue sur du plus long terme, donc les financeurs seraient plus frileux. »

« Construction par des entreprises étrangères » mais...

Vincent Delargilliere renchérit : « Très bonne question @Emmanuel Plr... Je connais un méthaniseur dont la construction de toute la partie béton a été sous-traitée à des entreprises de l'Est avec des matériaux belges. Je n'ai rien contre ces pays, mais cela ne donne pas de boulot aux entrepreneurs locaux. »

Emmanuel Plr s'adressant à @Vincent Delargilliere : « En soi, cela ne me dérange pas plus que ça de faire travailler des gens qui veulent bosser. Ce que vous décrivez montre une fois de plus que nos charges sur le travail ne nous permettent pas d'être compétitifs avec la mondialisation. (...) Avec l'effondrement de l'économie suite au Covid-19, ce n'est pas demain que les charges sociales des entreprises vont diminuer et que les travailleurs aux petits salaires seront mieux rémunérés. »

Pierre Duranton commentant les propos de @Mathieu Hons : « Le système économique de la course en avant est peut être moins mauvais que celui de l'immobilisme... jusqu'à sa chute. (...) Je ne suis partisan ni de l'immobilisme ni de l'isolationnisme, (...) mais la seule solution selon moi, ce sont les circuits courts (...) pour essayer de maîtriser entièrement sa filière. »

La solution plutôt : les circuits courts.

... des déchets locaux, transformés et utilisés localement

Mathieu Hons en réponse à @Pierre Duranton : « C'est une façon de voir, effectivement. Mais paradoxalement, la méthanisation fait partie de la solution que tu évoques : les circuits courts. Car le déchet d'ici est collecté ici, pour être transformé ici, et l'énergie produite est consommée ici. »

Les déchets, une partie infime de la ration des méthaniseurs.

Et Thomas Hn à @Mathieu Hons : « Seul problème : les déchets représentent une infime partie de ce qui est méthanisé... »

Mathieu Hons reprend : « Oui, mais les déchets, végétaux ou lisier, restent locaux. »

Thomas Hn reste sur sa position : « À mon avis, un très faible pourcentage en moyenne de la ration des méthaniseurs provient du territoire national... »

Et parallèlement, « on augmente les importations »

Hans Ullez juge que des chantiers d'ensilage XXL pour la méthanisation, comme dans la vidéo de l'article, sont des « aberrations écologiques ».

Jonathan Godey rétorque : « C'est surtout un choix politique de fournir de l'énergie avec des surfaces agricoles et d'importer de la viande du Brésil à la place de la production locale... »

Franck Dubranle le rejoint : « C'est cohérent avec la politique de l'importation de la France. Dans chaque zone où il y a un méthaniseur, une surface importante de cultures y est consacrée en concurrence avec l'alimentation humaine. Comment va-t-on compenser ?? »

Brûler au carburant pour produire du gaz ?! 

Et Dorian Monnom de résumer : « Brûler au carburant pour produire du gaz, j’ai du mal avec le principe... »

« Manger ou produire de l'énergie, il faut choisir »

Olivier Nobs intervient : « À tous ceux qui critiquent : vous préconisez quoi en termes de production d'énergie ? »

Alexandre Delmond interpelle @Olivier Nobs : « Et vous, vous préconisez quoi pour nourrir les Hommes quand toutes les terres arables serviront à produire du biogaz ? »

Olivier Nobs rebondit : « @Alexandre Delmond, il faudra malheureusement un jour choisir entre manger et produire de l'énergie. »

Alexandre Delmond appuie : « @Olivier Nobs, manger reste indispensable à la survie de l'espèce humaine ! »

Olivier Nobs poursuit : « C'est clair @Alexandre Delmond. Mais pour certains, il suffit d'importer des aliments de l'autre bout de la planète, produits on ne sait comment... »

« Cultiver/valoriser les effluents d'élevage : c'est différent »

Emmanuel Masserot s'interroge, lui aussi : « Sur le long terme, est-ce logique de privilégier la production d'énergie sur celle d'aliment ? »

Damien Jussaume, un brin provocateur : « @Emmanuel Masserot, certains diront peut-être pas plus que de continuer l’élevage... »

Emmanuel Masserot détaille sa pensée : « Cultiver, ou valoriser les effluents d'élevage, pour produire de l'énergie, c'est tout de même un peu différent ! »

Jean Pierre Scheuren raconte son expérience : « Ayant travaillé dans une entreprise agricole, j'ai cultivé des maïs en Allemagne et épandu des digestats. Quand on voit l'armada de tracteurs qu'il fallait pour des terres parfois à 40 voire 60 km de l'unité de méthanisation, je comprends que des gens soient contre ! Les seuls à en vivre sont les banques tant les investissements sont colossaux !! Sans oublier les litres de mazout utilisé, on est loin de réduire l'empreinte écologique !!! Aujourd'hui, quand je retourne là-bas, la méthaniseurs sont à l'arrêt et quand je demande pourquoi, on me dit (...) que cela coûte plus d'argent que ça n'en rapporte. »

Ça coûte plus d'argent que ça n'en rapporte !


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DÉJÀ 4 RÉACTIONS


ATS
Il y a 97 jours
Il y a des tarés des masses avants !!
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hub
Il y a 124 jours
Quoi qu'on en dise , 1 ha en AB produit + de nourriture qu'1 ha dédié a la metha....;p)
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Massol
Il y a 124 jours
Et à la fin des dettes un tas de ferraille et des sols cramé par les digestats.tous ça pour soit disant de l’énergie renouvelable .lol
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Moty
Il y a 125 jours
Merci pour vos témoignages qui relativisent l'intérêt de la methanisation. C'est à se demander si on ne consomme pas plus d'énergie qu'on en produit ???
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