Ensilage de maïs[Essai] Le Gaec du vallon teste le Shredlage de Claas

| par | Terre-net Média

Fabien May, éleveur dans l'Orne, teste grandeur nature l'efficacité du nouvel éclateur Shredlage dont le brevet vient d'être acheté par Claas. Brins plus longs, tiges éclatées, meilleure dégradation de l'amidon des grains. autant de paramètres censés augmenter la production laitière de deux litres par jour et par vache. C'est du moins ce que promet le constructeur. Le dispositif s'installe facilement sur la nouvelle ensileuse Jaguar série 900, dévoilée à la presse européenne et à quelques privilégiés lors de l'essai. Verdict.

Mi-septembre, alors que l'ensilage du maïs bat son plein, la rédaction   Terre-net  s’est rendue à Préaux-du-Perche, dans l’Orne. Claas met à contribution les quatre associés du Gaec du Vallon.

À l'origine du concept

Ross Dale et Roger Olsen
Ross Dale
et Roger Olsen   travaillent comme conseillers en affouragement pour les exploitations laitières américaines. Dans leur métier, les deux hommes observent les avantages du maïs ensilé en brins longs. Les petites longueurs ne répondent pas au mieux aux besoins physiologiques de la panse des ruminants. C'est pour cela qu'en 2008, Ross, Roger et son père développent un prototype de ce qui est devenu l’éclateur Shredlage de Claas. Cinq modèles sont fabriqués et, après quelques tests au champ, le plus efficace est sélectionné et installé sur 25 ensileuses Claas. En 2016, 60 % des exploitations laitières à l’est des États-Unis et 35 % à l’ouest utilisent cette technologie.

Didier, Joël, Jean-Noël et Fabien  May ont pour mission de tester, grandeur nature, l’efficacité du nouvel éclateur Shredlage. Les hommes disposent de 140 vaches laitières produisant 1,5 millions de litres de lait par an. Pour nourrir le troupeau, 220 ha de cultures, dont 65 de maïs destiné à l'ensilage. Un terrain de jeu idéal pour dévoiler la nouvelle  Jaguar série 900  du constructeur.

Schredlage, quèsaco ? C’est le nom de la technique, ou plus précisément du nouvel éclateur de la marque. L'ensileuse découpe le maïs en morceaux de 26 à 30 mm de longueur. Les rainures d'un des deux rouleaux emmènent la matière vers la gauche et le second vers la droite. Le frottement éclate les morceaux dans leur longueur et déstructure les fibres en supprimant l’écorce. La surface de fermentation augmente et favorise l’activité des bactéries. À la digestion du fourrage, les brins longs stimulent le rumen de l’animal. Plus besoin d’ajouter de la paille dans la ration !

Pour Fabien, la technique a un autre avantage : elle facilite le tassage du silo. « J’ai immédiatement remarqué la facilité du tassage. Pas d’effet éponge en circulant avec un tracteur lesté », réplique-t-il, satisfait. Sur l’exploitation, pas de mur autour du tas de maïs. « Mon oncle est le spécialiste du tassage, il dresse le silo comme un chef ! Et c’est aligné, pas besoin d’éléments béton ! », ajoute-t-il.

Pour connaître les premiers effets du test sur le troupeau, il va falloir un peu de patience. Le temps pour le maïs de fermenter, sa distribution devrait débuter d’ici deux mois. « Je vais d’abord terminer le silo en cours. Les effets sur le troupeau et la production, s’il y en a, devraient être visibles en janvier », explique le producteur. Et d’ajouter : « le constructeur promet une meilleure dégradation de l’amidon, qui pourrait rassasier les vaches plus vite. Si c’est le cas, la quantité de nourriture à l’auge devrait diminuer ». À suivre…

Shredlage : un concept américain ... 

Déjà largement utilisé aux États-Unis, le concept arrive en Europe. Comment ça marche ? Les rouleaux de l’éclateur ont un profil spécifique. Leurs rainures en forme de croix broient intégralement les rafles et éclatent les grains par frottement. Les tiges sont broyées dans leur longueur et les fibres sont déstructurées. Claas vient d’acquérir le brevet et fabrique les rouleaux en Allemagne, à Paderborn.

Les bactéries bénéficient de plus de surface de contact, ce qui améliore la fermentation du silo. Une fois dans la panse de la vache, la nourriture est mieux digérée. Selon les résultats d'essais menés par l’université du Wisconsin en 2012, le rendement laitier augmente de deux litres par vache et par jour. Sans oublier que la digestibilité de l’ensilage améliore la santé des animaux.

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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


Commentaire de la rédaction
Il y a 879 jours
Bonjour Ant,
A cette heure, nous ne sommes pas encore retourné sur l'exploitation du Gaec du Vallon pour vérifier si les résultats attendus sont probants. Il nous a semblé important de laisser quelques mois passer pour avoir un recul suffisant sur la production laitière et l'état de santé du troupeau. Toutefois, nous prévoyons d'y retourner pour recueillir le témoignage de l'éleveur.
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Ant
Il y a 886 jours
Etes-vous retourné voir l'éleveur quelques mois plus tard pour voir le résultat?
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