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[Space TV] Robot de traiteG. Morel : « De la souplesse dans le travail pour profiter de ma famille ! »

| par | Terre-net Média

Guillaume Morel, éleveur à Saint-Aubin-de-Terregatte (Manche), envisage depuis cinq ans l'installation d'un robot de traite sur son exploitation. Le départ en retraite de son père l'a finalement décidé à franchir le pas. 45 jours après la mise en route de son robot Boumatic Robotics MR-S1, l'éleveur revient sur les raisons de son choix et nous livre son retour d'expérience sur le plateau de la Space TV. Sans oublier quelques conseils à ceux qui hésitent encore à confier la traite à une machine.

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Web-agri : Quelles sont finalement les raisons qui t’ont conduit à installer un robot de traite sur ton exploitation ?

Guillaume Morel : C’est assez simple. Mon père, avec qui je suis associé, prend prochainement sa retraite. Je dois donc anticiper la suite côté main d’œuvre car ça risque d’être juste. Je cultive 80 ha et produis 600 000 l de lait avec 60 vaches prim’holsteins. En outre, j’engraisse des porcs et élève quelques chevaux de compétition. Dans tous les cas, je dois investir sur l’atelier lait car ma salle de traite est âgée de 41 ans. Elle a besoin d’être rafraîchie et modernisée. Personnellement, je suis marié et papa de trois enfants. J’aimerai m’affranchir des contraintes horaires et passer un peu plus de temps avec ma famille. Sans oublier l’aspect physique. Traire est une tâche difficile qui demande beaucoup d’efforts et de gestes répétitifs. Je ne souhaite pas avoir les épaules en « vrac » à 50 ans à cause de la traite. Du coup, le robot est une opportunité qui répond à mes attentes. Financièrement, l’écart de prix avec une salle de traite n’est pas si important qu’on l’imagine et avec du recul, la technologie fonctionne aujourd’hui. C’est pourquoi je tente l’expérience ! 

Web-agri : 45 jours après la mise en service du robot, quel est ton premier constat ? La machine répond-elle à tes attentes ?

Guillaume Morel : Oui, complètement. Pour le moment, rien à dire, tout fonctionne comme prévu. Les deux tiers de mon troupeau passent seuls à la traite. Il reste encore 10 à 15 bêtes que je dois inciter à aller vers le robot, mais globalement, ça se passe bien. Le matin, je m’occupe des retardataires et pendant qu’elles sont traites, je soigne les veaux. Du coup, j’ai plus de temps pour m’occuper des enfants et les emmener à l’école.

Web-agri : Un robot de traite implique-t-il des changements sur ton quotidien d’éleveur en termes de santé animale ou d’organisation du travail ?

Guillaume Morel : L’organisation change effectivement. La première chose à faire en démarrant la journée : regarder l’ordinateur pour identifier les animaux retardataires. Je détecte aussi un problème de conductivité ou si une mammite se déclare. Toute chute de production anormale est observée et doit être aussitôt prise en compte. Ensuite, je mets de côté ces animaux qui ont probablement un souci. Ensuite, je peux soigner les veaux, racler la stabulation… la machine me donne de la souplesse dans les horaires.

Web-agri : Quels conseils donnerais-tu aux éleveurs en cours de réflexion ou qui hésitent à faire le pas ? Quels sont les points sur lesquels il faut être vigilant ?

Guillaume Morel : Prendre en compte le coût du service après-vente avant de s’arrêter sur une marque. J’ai observé de grosses différences à ce niveau-là. Il faut vérifier l’état du réseau mobile pour que le robot puisse envoyer les alertes à l’éleveur en cas de problème. Sur mon exploitation, la qualité de réception est faible alors je sais ce qu’il en est ! Autre point : tarir les vaches qui produisent moins de 20 l/jour car elle ralentisse la circulation du troupeau dans la machine. Elles n’ont pas suffisamment de lait dans la mamelle pour justifier une traite, du coup, elles freinent le flux.

Web-agri : Confier la traite à une machine n’est-il pas une source de stress supplémentaire ?

Guillaume Morel : Personnellement non car j’étais prêt. Il y a cinq ans que j’y songe et que j’observe le fonctionnement d’une installation robotisée. J’étais donc prêt psychologiquement au moment du lancement et j’ai confiance en la technologie. Une fois les travaux démarrés, j’avais hâte de mettre en service. Hormis la première semaine où l’on se demande si tout va fonctionner, j’étais serein. Bien qu’il reste des réglages à affiner, la mécanique est efficace. Je n’ai aucun regret !  


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