Remorques autochargeusesM. Lallemand (Pöttinger) : « L'autonomie pour la qualité et le coût de l'herbe »

| par | Terre-net Média

Pöttinger fête cette année ses 50 ans d'expérience dans les remorques autochargeuses. L'occasion de s'intéresser aux intérêts économiques de ce type de matériel, de plus en plus plébiscité dans les campagnes, et à leurs conséquences dans la gestion de l'alimentation des troupeaux. Rencontre avec Mathieu Lallemand, responsable promotion des ventes de Pöttinger France.

Remorque autochargeuse Pöttinger Euroboss 250Les remorques autochargeuses Pöttinger sont compatibles Isobus (ou peuvent l'être en option pour les petits modèles). (©Pöttinger) 

Web-agri.fr : Y-a-t-il un marché en France pour les remorques autochargeuses ? 

Mathieu Lallemand : En réalité, il y en a deux. D’une part les modèles pour le foin et l’affouragement en vert, caractérisés par des châssis légers, des grands volumes de caisse et peu de couteaux. Et d’autre part ceux à destination des chantiers d’ensilage, avec des caisses plus robustes et plus de couteaux. Chez Pöttinger, nous avons une gamme de 50 modèles avec des capacités allant de 17 à 100 m3 (volume Din de 11,5 à 48 m3).

Ces dernières années, l’affouragement en vert s’est développé car les éleveurs recherchent des solutions pour réduire leurs coûts de production et notamment ceux liés à l’alimentation. Mais nous avons également des bassins historiques pour le foin comme le Doubs et le Jura où l’ensilage est interdit dans le cahier des charges des appellations de certains fromages. Nous estimons notre part de marché française à 74 % (55 % dans le monde).

WA : D’un point de vue logistique, qu’est-ce qui change avec une remorque autochargeuse ? 

M.L: La différence fondamentale, c’est l’indépendance. Concernant l’ensilage, l’éleveur équipé d’une remorque autochargeuse ne dépend plus d’une Eta et de ses voisins pour ses chantiers. Il peut jongler entre ses parcelles avec la météo. Il faut cependant faire attention aux distances entre la parcelle et l’exploitation, qui peuvent pénaliser le débit de chantier. Contrairement à un chantier avec ensileuse, lorsque vous êtes sur la route, il n’y a personne au champ. Précisions également que nous travaillons en ce moment à la réception 40 km/h de nos remorques. 

Pour l’affouragement en vert, les remorques peuvent être équipées d’un tapis et d’un démêleur. En installant une faucheuse sur le relevage avant, on va ainsi du champ à l’auge. Avec ce type de logistique, l’idéal est de faire une remorque par jour, il faut donc faire attention à ne pas surdimensionner cette dernière pour préserver les sols des parcelles. Il faut également faucher plus long pour favoriser la repousse. 

Il est par ailleurs envisageable de convertir sa remorque configurée pour les foins en une remorque autochargeuse pour l’ensilage. Le tapis, monté sur glissière, est alors basculé sous la remorque, et le nombre de couteaux augmenté.   

WA : Y-a-t-il un impact sur la qualité de l’herbe par rapport à un chantier avec une ensileuse ? 

M.L : Oui pour l’ensilage d’herbe. Car comme l’éleveur est indépendant pour ses chantiers, il peut faucher au bon stade. Ensuite, les brins sont plus longs avec une remorque autochargeuse (au moins 45 mm) qu’avec une ensileuse (autour de 20 mm), ce qui est favorable à la rumination. Il faut cependant être consciencieux lors de la réalisation du silo, car avec des brins plus longs, il faut davantage tasser pour garder la même qualité de conservation qu’une récolte par ensileuse.

Remorques autochargeuses Pöttinger JumboPöttinger travaille actuellement à la réception 40 km/h de ses remorques autochargeuses à destination des entrepreneurs. (©Pöttinger)

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