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Désilage en CumaDéléguer l'alimentation : un gain de temps, d'argent et de performance

| par Julien Dedenon | Terre-net Média

Adhérer à un groupe de désilage en Cuma avec une mélangeuse automotrice séduit de plus en plus d'éleveurs. À la clé : moins de temps de travail pour une ration de qualité à un coût défiant toute concurrence.

Désileuse automotriceOpter pour une Cuma de désilage permet un gain de temps non négligeable. Côté prix de revient, compter 15 à 16 €/1 000 l de lait contre 20-30 €/1 000 l en individuel. (©Terre-net Média)

La France compterait actuellement plus de 200 groupes d’éleveurs partageant une désileuse automotrice en Cuma. Un chiffre qui progresse régulièrement malgré la baisse du nombre d’exploitations. « Dans notre région, environ 90 % de ces groupes emploient un chauffeur sur la machine, souligne Nathalie Pignerol de la fédération des Cuma de Normandie. En déléguant cette tâche, souvent chronophage, les éleveurs se libèrent du temps et profitent d’un service de qualité avec du matériel souvent plus performant que celui qu’ils utilisaient avant. »

D’un point de vue organisationnel, deux options existent :

- La plus simple : acheter le matériel via la Cuma à laquelle adhèrent déjà les futurs associés. Un groupe désileuse est alors créé au sein de la structure. Les exploitants bénéficient de la solidité financière de la Cuma, et parfois aussi de la présence de chauffeurs et d’un atelier pour réaliser l’entretien de l’outil. Seule contrainte : les utilisateurs de l’automotrice ne sont pas les seuls décisionnaires et doivent dès lors se plier aux choix de la majorité quand des orientations stratégiques sont à prendre.

- Créer une Cuma spécifique pour l’automotrice : c’est le choix fait par certains groupes qui préfèrent être indépendants en ayant un contrôle total sur leur fonctionnement. Dans ce cas, il est nécessaire d’associer au moins quatre exploitations pour former une Cuma. Cela implique aussi le respect de certaines obligations : création d’un bureau (président, trésorier et secrétaire), suivi de la comptabilité, organisation d’une assemblée générale annuelle…

Transparence et communication

Bien que le travail soit délégué, cette organisation en commun requiert une parfaite transparence et un sens de la communication entre les associés. « Mieux vaut dire ce qui ne va pas plutôt que de laisser pourrir la situation, souligne Fabien Demarcq, de la Fédération des Cuma Bretagne Ille Armor. Chaque agriculteur doit aussi entretenir un contact étroit avec le chauffeur de l’automotrice. »

Utile ! Placer un tableau à l'entrée de la ferme pour notifier les consignes au chauffeur, comme les changements de ration.

« Pour faciliter les échanges, la solution peut être de placer un tableau bien visible à l’entrée de l’exploitation pour notifier les consignes, comme les changements de ration. Une information écrite et précise sera toujours plus efficace qu’un échange oral à la va-vite entre deux portes. Les comportements individualistes n’ont pas non plus leur place. Si, par exemple, un adhérent cultive des betteraves sans se donner les moyens d’éliminer les cailloux dans le tas, les couteaux de la machine de la mélangeuse seront rapidement détériorés. Et là, c’est la zizanie assurée dans le groupe. Chacun doit raisonner collectif avant tout. »

15 € à 16 €/1 000 l tout compris, contre 20-30 €/1 000 l en individuel

Selon différents chiffres relevés sur le terrain, les dépenses d’une Cuma de désilage sont souvent du même ordre :

- 40 % environ pour les charges fixes (remboursement et frais financiers). Le prix des machines est à la hausse depuis quelques années avec désormais des investissements de l’ordre de 180 000 à 200 000 €.

- 30 à 35 % pour le salaire du chauffeur. Un poste élevé : d’où la nécessité d’optimiser le temps de travail en organisant au mieux la tournée.

- 15 % pour le carburant.

- 10 à 15 % pour l’entretien. Le prix des pièces et le coût de la main d’œuvre sont aussi en augmentation régulière.

Chez de nombreux éleveurs, le prix de revient se situe aux alentours de 15 €/1 000 l de lait. Un tarif très intéressant puisqu’il intègre tout, notamment la main d’œuvre et le GNR. Alors qu’avec un équipement individuel, l’exploitant dépense souvent entre 20 et 30 €/1 000 l. Le prix final dépend beaucoup de la « densité laitière », c’est-à-dire de la production de lait globale divisée par le nombre de kilomètres de la tournée. En dessous de 120 000 l/km, la densité n’est pas toujours suffisante pour constituer un groupe. À partir de 150 000 l/km, la rentabilité est généralement assurée, et au-delà de 200 000 l/km les performances deviennent intéressantes avec un prix de revient souvent inférieur à 15 €/1 000 l.  

Une facturation multicritère

Chaque Cuma fixe librement le mode de calcul de la facture mensuelle en s’appuyant souvent sur au moins deux critères, voire trois :

- La production annuelle de lait de l’exploitation : cette dernière sert souvent à calculer la base fixe qui couvre le remboursement et les frais financiers. Selon les cas, elle représente entre 40 et 60 % du montant à payer.

- Le temps passé par la machine sur chaque ferme. Il permet d’établir le complément du prix. Cette part variable avantage ceux qui sollicitent moins le matériel (ration unique, silo fermé à certaines périodes de l’année…). Ce système favorise également les éleveurs qui facilitent le travail du chauffeur en optimisant le circuit sur leur exploitation avec un accès rapide à tous les ingrédients de la ration.

- Le tonnage de matière distribuée sur chaque exploitation est moins fréquemment employé, mais certaines Cuma en tiennent compte aussi dans leur facturation.

Homologation à 40 km/h, cela va de soi

Reste ensuite à s’accorder sur le choix de l’automotrice. Le volume de la cuve et les équipements choisis dépendent des besoins de chacun. La question de l’homologation routière à 40 km/h plutôt qu’à 25 km/h ne fait généralement jamais débat, puisque le matériel doit passer le moins de temps possible sur la route.

« Je conseille toujours aux éleveurs de privilégier une machine simple surtout si plusieurs personnes sont amenées à l’utiliser. Même vigilance pour le système de transfert des données par clé USB ou par Wifi qui sert à définir les différentes rations et à l’enregistrement des temps de travaux. »

Quant au choix de la marque, deux points sont à prendre en compte : sa renommée qui influencera la valeur de revente et surtout la qualité du SAV. Un aspect essentiel avec une machine qui fonctionne tous les jours. Mieux vaut donc s’assurer que le concessionnaire dispose de techniciens réactifs et formés avec un important stock de pièces détachées.

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Un engagement à long terme

Enfin, pour sécuriser l’organisation, beaucoup de Cuma demandent aux adhérents de s’engager à payer la part fixe de la facture pendant toute la durée de l’emprunt. Cet accord financier de long terme évite que le groupe soit pénalisé si l’un des associés décide de les quitter soudainement.

Les fédérations de Cuma se sont également penchées sur la question des groupes mixtes avec par exemple des producteurs bio, des fermes engagées dans une démarche sans OGM et des exploitations conventionnelles. Il existe désormais un référentiel (1) avec des préconisations sur le protocole à respecter pour assurer une traçabilité de l’alimentation.

« Les éleveurs que nous suivons sont dans l’ensemble très satisfaits de ce fonctionnement collectif, conclut Nathalie Pignerol. Ils gagnent entre 30 minutes et deux heures de travail par jour selon les cas. L’automotrice leur revient moins cher qu’un ensemble tracteur et remorque trainée, nécessitant souvent un deuxième automoteur pour le chargement. Enfin les exploitants bénéficient d’une ration de qualité, pesée et mélangée. Ils trouvent aussi dans le groupe une certaine convivialité avec des échanges techniques intéressants. Certains vont jusqu’à négocier des achats d’aliments en commun pour obtenir de meilleurs prix. »

(1) : Le référentiel cité est : Désilage en cuma et cahier des charges en alimentation “sans OGM” (par les fédérations de Normandie)


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DÉJÀ 8 RÉACTIONS


stan
Il y a 24 jours
le problème des cuma la machine passe qu'une fois le maiis chauffe plus surtout l'été les vaches rechigne a manger qu'en tu désile deux fois sa oblige les vaches a venir manger l'avenir c'est plutôt les robots de distribution qui distribue plusieurs fois. l'investissement robots et lourd si les exploitations s équipe peut étre qu il y aura de l occasion on attend .
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Avs
Il y a 27 jours
Je suis dans une cuma melangeuse qui a pas loin de 30 ans. Les élevages ont changés depuis mais les objectifs sont maintenus : 7 jours sur 7, pas d augmentation de tarif depuis plus de 10 ans. Par contre les mentalités ont changées et l esprit cuma de près....
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Man 49
Il y a 26 jours
Bravo. Comment faites vous? Vous préparer tous les aliments devant le silo? Les génisses sont aussi alimentées avec la mélangeuse? Pour plusieurs jours? Combien de mélangeuse par ferme? Comment fonctionné vous le WE?
Merci de vos réponses...
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Man
Il y a 27 jours
Je suis eleveur comme vous pour notre cuma c'est la 3 em machine que nous utilisons en terme de travail de temps passer que du bonheur en plus super bien fait juste pour vous écoeurer il fait 13 fermes en 3h30 a peine vous avez poser votre derrière sur le siège qu''il est déjà parti pour info 10 euro au 1000 l vous avez raison regarder le train passer nous on avance.
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Terminé
Il y a 27 jours
Très mauvais pour la santé sanitaire des troupeaux, gros risque de contaminations rendus élevés du fait de ferme en ferme.. Si il y a un problème sanitaire dans un troupeau c'est foutu..
C est de toute façon toujours aussi le problème d entente de cumas qui n est plus en adéquation avec l attente de chaque producteur. L article vient bien d une chambre d agriculture ou d une fédé de cuma qui évangélise cette méthode de travail. Les cumas ont beaucoup perdus de leurs efficacités. L avenir n est pas là.. Que ceux qui sont satisfait tant mieux mais l article ne dit pas tout... Quand la cuma est créé c'est elle qui doit vivre et gagner de l'argent après l agriculteur on s en fou.. Si ça se passe mal les copains d un jour vont lui pourrir la vie et devenir ennemis à toujours... Méfiance...
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gillesdu01
Il y a 28 jours
C'est un calcul à faire , une fois tout aménagé pour faciliter le passage , l'accessibilité a la machine pour perdre le moins de temps possible , a voir si ce n'est pas aussi facilité pour le faire soi-même ...
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Nicolas Hautot
Il y a 28 jours
L'article n'es plus actualités. . C'est plutôt 250000€ automotrice en CUMA. Les constructeurs ont sorti des machines en individuel autour des 100000€ . Vous avez oublié dit combien d'heures a machine en CUMA au bout quelques années. Elle pousser a sont maximum pour pas qu'elle coût Cher...
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Rêveur
Il y a 28 jours
Déjà derrière cet article enthousiaste je vais recaler : on a oublié de vous dire que souvent il faut refaire les abords et quelques années après il faut refaire les bétons qui ont cedés sous la vingtaine de tonnes de la machine. Ensuite cela ne coûte pas cher qui l on obtient de grosses subventions à la création de la Cuma. Autre souci avec la distribution du week-end et avec les étés de plus en plus chaud le lundi matin c est pas terrible. A part ces petits détails c est pas mal. A si j oublié : il faut avoir l esprit Cuma ce qui aurait tendance à se perdre avec la nouvelle génération ou alors c est tout pour la g... d une minorité avec des conflits à prévoir
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