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Gaec des Landelles (44)Un bâtiment neuf pour regrouper 3 troupeaux laitiers et produire 1,9 M de litres

| par | Terre-net Média

Afin de regrouper leurs trois troupeaux respectifs, les associés du Gaec des Landelles ont opté pour la construction d'un nouveau bâtiment d'élevage. Celui-ci est sorti de terre en 9 mois à peine et se dote de trois robots de traite Fullwood Packo ainsi que 218 places en logettes. Et pour maximiser le confort de leurs animaux, les six éleveurs ont choisi d'installer les matelas Aquaclim thermodynamiques de Bioret agri. En plus de rafraîchir les vaches l'été, le système leur permet de récupérer la chaleur des vaches pour la production d'eau chaude.

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Ils étaient cinq agriculteurs plus un salarié répartis sur deux fermes du département. Les voilà devenus six associés rassemblés sur une même structure : le Gaec des Landelles à Guemene Penfao (44 – Loire Atlantique).

Regrouper trois fermes, soit trois troupeaux : un grand défi à relever

Amélie Courcoul et son mari Gérard élevaient une cinquantaine de vaches laitières à Derval (500 000 litres). De leur côté, Jean-Guy Pele, Franck Daniel et Vincent Batard élevaient 45 vaches laitières (400 000 litres), des poulets de chair, des taurillons et des porcs à l’engraissement sur quatre sites différents, aidés par leur salarié Clément. En février 2017, les deux exploitations se rapprochent afin de travailler ensemble. Au même moment, Clément Guenantin, le salarié, s’installe en reprenant une exploitation de 85 vaches laitières (720 000 litres + 300 000 supplémentaires en tant que JA) et entre dans la Gaec.

Le Gaec des Landelles actuel en quelques chiffres :
6 associés + 1,5 salarié (1 salarié sur l’élevage + 0,5 pour l’administratif)
450 ha (30 ha de colza, 135 ha de maïs, 40 ha de flageolets pour Daucy, 160 ha de blé, 45 ha de triticale, le reste en prairies)
180 vaches laitières
Référence laitière : 1,9 millions de litre (laiterie : Laïta - Terrena)
9 000 litres/VL
Taux moyens : 43 g de TB et 32 g de TP
250 000 cellules
2000 places de porc à l’engraissement
350 taurillons

« On a eu rapidement le projet de construire un seul et même bâtiment pour regrouper les troupeaux car aucun des trois sites ne pouvait tout engloutir », se rappelle Amélie. Aidés par un conseiller de la chambre d’agriculture pour réaliser les plans, l’étude des devis et le suivi de chantier, les associés sont parvenus à construire un bâtiment pour 220 vaches laitières en 9 mois à peine. « Le chantier a débuté en juin 2018 et les vaches sont entrées dans le nouveau bâtiment fin mars 2019. L’adaptation s’est très bien passée », se réjouit l’éleveuse. Et ça n’est pas tout : deux autres bâtiments complètent le site, dont un dédié aux vaches taries et un autre aux génisses.

Le bâtiment comprend 218 places de logettes avec des ouvertures sur les pans Est et Ouest pour une bonne circulation de l'air.Le bâtiment comprend 218 places de logettes avec des ouvertures sur les pans est et ouest pour une bonne circulation de l'air. (©Terre-net Média)

Une période de transition intense en charge de travailPendant un peu plus d’un an, en attendant le nouveau bâtiment, le répit était de courte durée pour tout le monde. L’éleveuse raconte : « On mutualisait déjà le travail mais les vaches étaient encore réparties sur les trois fermes. Il arrivait qu’une personne cumule quatre traites dans sa journée. Je n’ai pas beaucoup vu mon mari durant cette période », plaisante-t-elle. « Le plus compliqué à gérer était le fait qu’on ne travaillait pas tous de la même façon, donc pas avec les mêmes exigences concernant la productivité ou encore le sanitaire. » Le regroupement a grandement facilité les choses.

Passer de l’aire paillée aux logettes et de la salle de traite au robot

« Passer en logettes était une évidence pour tout le monde, notamment concernant la qualité du lait. À l’inverse, le robot de traite ne s’imposait pas de la même manière. Les trois fermes avaient chacune leur système : chez nous c’était une aire paillée et salle de traite 1x10 TPA, chez Clément c’était logettes et salle de traite 2x7 et au Gaec c’était des logettes avec matelas posés », se souvient l’éleveuse. « Pour 200 vaches, il aurait fallu un roto de 40 places mais on a préféré opter pour des robots Fullwood Packo, ce qui met tout le monde sur un pied d’égalité concernant la rigueur de traite. » Ainsi, trois robots Merlin ont pris leur quartier dans le bâtiment. L’emplacement d'un 4e est même déjà prévu.

Le béton devant les robots a été coulé avec une pente pour faciliter l'écoulement des jus. Il a été recouvert d'un caoutchouc rainuré Magellan de chez Bioret agri pour plus de confort.Le béton devant les robots a été coulé avec une pente pour faciliter l'écoulement des jus. Il a été recouvert d'un caoutchouc rainuré Magellan de chez Bioret agri pour plus de confort. (©Terre-net Média)

Les vaches semblent s’être bien acclimatées au changement. La production tourne autour de 9 000 litres/VL à 43 de TB et 32 de TP. Le taux cellulaire avoisine les 250 000 cellules mais il s’explique en partie par le fait que les éleveurs ont gardé quelques vieilles vaches assez hautes en cellules : « L’objectif est de monter à 200 vaches et produire toute la référence, soit 1,9 million de litres de lait. »

La ration des vaches laitières à l'auge (kg MS) :
11,8 kg de maïs ensilage
4,7 kg d'ensilage de RGI
1,6 kg de maïs épi
0,9 kg de luzerne en bouchon
1,5 kg de correcteur azoté Mixazote
140 g d'urée
150 g de bicarbonate
minéraux
Et 2 concentrés différents au robot selon la production de l'animal + propylène

Les matelas Aquaclim thermodynamiques pour rafraîchir les vaches

« On attache beaucoup d’importance au confort des vaches car elles ne sortent pas », explique Gérard Courcoul. « Seules les vaches taries et les génisses vont au pâturage. Ce type de conduite est maintenant fortement pointé du doigt et on en vient même à se demander si le pâturage ne deviendrait pas un standard dans le paiement du lait à l'avenir. » À titre d’exemple, deux laiteries se proposaient de collecter leur lait : Laïta et Saint-Père. Cette dernière imposait aux éleveurs de faire pâturer leur troupeau, une impossibilité pour eux. « Si les vaches ne sortent pas, on essaie tout de même de maximiser leur bien-être au sein même du bâtiment. »

Cela passe par la conformation du bâtiment (ouvert sur 3 côtés), l’installation de brosses, la propreté, mais aussi et surtout le couchage. Amélie explique : « On avait pour projet d’installer des matelas à eau car ils limitent les points de pression. L’entreprise Bioret agri nous a proposé d’installer leurs nouveaux matelas Aquaclim thermodynamiques. »

Sur le même principe que la géothermie, les matelas à eau fonctionnent par zoothermie

Le matelas à eau enveloppe le corps de l'animal et réduit les points de pression. La genouillère à l'avant est également remplie d'eau. Actuellement, les éleveurs disposent de la paille broyée sur les matelas mais pensent pouvoir s'en passer.Le matelas à eau enveloppe le corps de l'animal et réduit les points de pression. La genouillère à l'avant est également remplie d'eau. Actuellement, les éleveurs disposent de la paille broyée sur les matelas mais pensent pouvoir s'en passer. (©Terre-net Média) On aperçoit quatre canules au centre des matelas permettant de faire circuler de l’eau sous les vaches. « L’eau froide injectée permet de rafraîchir les vaches couchées : la chaleur qu’elles dégagent se diffuse dans les canules et réchauffe cette eau que nous récupérons. » Deux avantages se distinguent dans ce système : le  stress thermique est limité car les vaches évacuent des calories sur ces matelas à eau et les éleveurs récupèrent cette énergie valorisable.

Pour rappel, la zone de confort thermique des bovins se situe sous les 22°C. En effet, les vaches sont plus à l’aise dans le froid que dans le chaud. Leur productivité peut alors fortement diminuer : une vache qui subit 8 heures de stress thermique par jour diminuera son ingestion de 2 kg et sa production de 3 kg de lait. Pour en savoir plus, découvrez > Comment limiter l'impact du stress thermique sur les bovins ?

À l'aide d'une caméra thermique, on aperçoit la fraicheur des matelas à eau versus la chaleur de l'animal et de son environnement (36,4°C pour la zone la plus chaude contre 21,9°C au niveau des canules dans le matelas).À l'aide d'une caméra thermique, on aperçoit la fraîcheur des matelas à eau versus la chaleur de l'animal et de son environnement (36,4°C pour la zone la plus chaude contre 21,9°C au niveau des canules dans le matelas). (©Bioret agri)

« On a au minimum 1,5°C d’écart entre l’eau qui entre et celle qui sort et on peut monter jusqu’à 3°C. Cela dépend du nombre de vaches couchées. Le système permet de garder une température constante d’environ 20°C sur les matelas. » Le système fonctionne en circuit fermé. L’eau chaude est réintégrée dans le circuit du bâtiment et sert au nettoyage des robots et prochainement à la préparation du lait pour les veaux lorsqu'ils passeront à la poudre de lait. Une autre utilisation sera par la suite testée : « On a disposé des serpentins d’eau dans le béton extérieur sous les cases à veau en espérant réchauffer le sol pour assécher la litière. C’est à l’étude. » À suivre donc !

Au bout d'une rangée de logettes, on retrouve l'échangeur à plaque qui fait le lien entre l'eau froide et l'eau chaude qui revient.Au bout d'une rangée de logettes, on retrouve l'échangeur à plaque qui fait le lien entre l'eau froide et l'eau chaude. (©Bioret agri)

En tout et pour tout, le bâtiment a coûté 1,2 million d’euros au Gaec. Amélie tient à préciser cependant : « Nous avons réalisé un partenariat avec Bioret agri pour l’installation des logettes et matelas. L’entreprise a alors revu ses prix à la baisse car il s’agissait là de leur première installation. Le coût total n’aurait pas été le même sans ça. » Interrogé, Jean-Vincent Bioret explique avoir vendu l'installation (matelas, circulateur et échangeur thermique) au prix de 280 €/place contre 350 € en prix public hors plomberie et pompe à chaleur. Pour ce qui est de la consommation d'énergie, les éleveurs n'ont pas assez de recul pour l'estimer. En revanche, Bioret agri parle d'un coût de fonctionnement électrique de l'ordre de 5 €/jour pour 100 VL.

Travailler à six associés : une organisation s’impose

Travailler à six n'est pas une mince affaire : « Tout le monde doit prendre ses marques dans cette nouvelle organisation. Nous ne travaillions pas tous de la même manière. D’ailleurs, il n’y a pas que les vaches à faire. L’exploitation comprend aussi 450 ha de culture, 2 000 places de porcs en engraissement et 350 taurillons. On se répartit le travail selon nos compétences et ce qu’on aime faire. » Ainsi, Amélie et son mari Gérard se concentrent sur les vaches laitières, mais les quatre autres y participent aussi. Franck, Clément et Jean-Guy s’occupent plutôt des taurillons mais prodiguent également les soins des vaches (paillage et alimentation) et Vincent se consacre à l’atelier porc tout en faisant aussi les logettes dans le bâtiment vaches laitières.

« On passe en moyenne 10 h/j dans la stabulation et tout le monde donne un coup de main, même ceux qui ne sont pas branchés lait. D’ailleurs, on parvient à faire un roulement pour les week-ends : on travaille trois par trois un week-end sur deux du samedi midi au lundi matin. C’est quelque chose qu’on apprécie et qu’on ne pouvait pas se permettre lorsqu’on était seul, tout comme les vacances : on prévoit de partir une semaine chacun cet été. »

Si c’était à refaire, Amélie explique qu’elle ne changerait pas grand-chose mis à part quelques petits détails anodins sur le bâtiment, tels que la dimension d’une barrière. Aucune évolution n’est à prévoir si ce n’est l’agrandissement du troupeau : « Le 4 e robot a déjà son emplacement, et on espère bien faire tout le lait qu'on a le droit de produire, voire plus si possible. La stabulation peut également être agrandie, c’était prévu lors de sa conception. L’objectif actuel est de faire vieillir le troupeau (actuellement à 2,5 lactations de moyenne) sans garder les vaches les moins productives, mais ça se fera petit à petit. »


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DÉJÀ 20 RÉACTIONS


Capitaine
Il y a 122 jours
Le sol toujours couvert n’atteint que 10% de la SAU c les 35 à 40 ha de prairie.En perte d’eaux de rétention et décarbonisation cette exploitation est un exemple bien malheureux , trop souvent rencontré.Il est nécessaire de mettre en place un plan d’agroforesterie dans cette ferme. Un objectif de 5000 arbres est loin d’être ridicule... et ça n’empechera pas l’assollement actuel. C un investissement pour les décennies à venir incontournable pour toujours être présent dans 40 ans . Les réserves en eaux se raréfient et notre plan Français de désalination est en retard comparé à d’autres pays européens .Je crains que ce type de ferme : 350 taurillons, 2000 porcs 200 à 300 vaches 400ha de culture ne soit rattrapée par le climat...
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Elevage
Il y a 123 jours
Intéressant
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Capitaine
Il y a 126 jours
On enferme les vaches en Loire-Atlantique pour participer à la déforestation en Amazonie et donc favoriser le réchauffement planétaire... la fête continue. De plus j’aimerais bien connaître le montant de m/cubes d’eaux nécessaires pour alimenter les troupeaux .Et donc la zone de sous-sol qui va être mise à mal . Sans compter l’irrigation qui va suivre dans quelques temps si ce n’est pas déjà fait
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tintin
Il y a 126 jours
je pense que les commentaires plutôt négatifs doivent interroger la rédaction?
rien contre les agriculteurs qui ont ouverts leurs portes....sauf peux être un petit gout de sable dans la bouche. mais nous sommes nombreux a penser que le temps des cathédrales est fini!
on ne veux plus être les esclaves de terrena ou d une autre grosse coop.
un système comme celui la génère 400 tonnes d aliment par an pour les vaches et si on compte toutes les productions c est au moins 1 200 t/ans aliments. a qui cela profite il hors mis terrena?
et a cela s ajoute les fournitures des 135 ha de mais.
le modelé ne fait plus rêver depuis 2009 trop de rj et trop de suicide.
bon courage tout de même
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Ingalls
Il y a 126 jours
C'est paradoxal quand même quand on y pense, il y en a de plus en plus qui choisissent de sortir du système (arrêt du lait, cessation d'activité, changement de système, etc), de plus en plus qui aimeraient en sortir mais qui y sont pieds et mains liés pour diverses raisons et il y en a, en 2019, qui en connaissance de cause, font le choix d'y entrer en courant !
Espérons pour eux qu'ils n'attrapent pas de point de côté en cours de route, c'est tout le bien qu'on peut leur souhaiter.
Bon courage
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Moty
Il y a 127 jours
Plutôt en accord avec les différents commentaires, je pense que nous avons chacun une certaine expérience et une certaine ouverture dans le domaine de l'élevage laitier. De nombreux médias agricoles manquent d'objectivité ( ex : on fait de la pub pour les robots , pour des portes ouvertes sur ces élevages , mais quand ça va mal , 1 ou 2 ou3 ans aprés, personne n'en parle. Quand des éleveurs sont en difficulté financière, ou ont des problèmes techniques , sanitaires avec des robots de traite, personne ne fait d'articles !! Et sur le terrain , chacun a 1 ou plusieurs cas d'élevages avec robot de traite ayant de gros problème, ça devrait faire REFLECHIR
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Maxime Renaud
Il y a 124 jours
A bon et c'est quoi une bonne marque de robot? T'as pas l'air d'y connaître grand chose en robot full Wood fourni d'autres grande marque...
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Ingalls
Il y a 128 jours
J'aimerais tout de même savoir pourquoi avoir acheté des robots de cette marque là tout de même ?!
Grosse prise de risque...
La différence d'annuité par rapport à un bon robot, ils vont la payer 10 fois en charge de réparation dans 4 ou 5 ans...
Et puis 10 heures par jour aux vaches sans compter les logettes, l'alimentation, le paillage et sans traire, d'accord mais pour quoi faire ??
Et comment se fait il qu'avec un bâtiment comme celui ci, des robots, des holstein et du zéro pâturage, vous vous contentiez de performances aussi basses ?
9000 litres avec 32 TP 43 TB ça fait pas une super marge par vache par jour dans un tel système !
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steph72
Il y a 129 jours
J'ai l'impression que beaucoup de ceux qui gravitent autour de nous pensent que l'elevage c'est facile,sur terre net on prend des exemples d'exploitation qui sont au top soit techniquement ou economiquement ,ce n'est qu'un cache misère il y a de plus en plus qui vont mal.
Oui il y a un ras le bol,de subir les aléas ( sécheresse 2 années de suite),des politiques qui nous poignardent dans le dos avec le mercosur;
L'elimination accélérée des agriculteurs est en marche.
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galopin
Il y a 51 jours
Votre commentaire...petit producteur de lait bio avec 25 vaches et du lait payé pres de 700 euros tonne , avec bientôt plus aucun emprunt et 140 000 litres de lait sur 90 ha , je ne reve pas du tout d'integrer un gaec , et il faut penser au secheresses a venir avant de s'endetter pour 30 ans !!!!
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