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Salle de traite avec griffes ADF MilkingThibault Roseleur, éleveur : « 40 minutes de traite en moins chaque jour »

| par | Terre-net Média

Exploitation laitière des Hauts de France, la SCEA du château Courbet transforme la plus grande partie de sa production en maroilles AOC. Pour la santé du troupeau, la qualité du lait, la réduction du temps de traite et de la pénibilité, Thibault Roseleur et son père ont investi dans le système ADF Milking. Deux mois après l'installation, ils évoquent les retours sur investissement.

C’est en plein cœur de la Thiérache à Boulogne-sur-Helpe (Nord) que Thibault Roseleur nous accueille dans un pré de la SCEA du château Courbet. C’est une belle journée de printemps et le troupeau se trouve dans les pâtures.

Thibault Roseleur et son père Stéphane sont associés depuis trois ans sur cette exploitation familiale de 110 ha et 130 vaches laitières (VL). Caroline, la sœur de Thibault, est employée à mi-temps sur la ferme. Leur frère, Corentin, travaille aussi sur l’exploitation et cherche à se diversifier en créant une entreprise de travaux agricoles.

Cliquez sur l'image pour regarder la vidéo de Thibault Roseleur, éleveur, et de François Derot, directeur d'ADF Milking France.

La fromagerie est installée dans les bâtiments de l’exploitation

La particularité de l’exploitation est la mitoyenneté de la fromagerie de Jérôme, l’oncle de Thibault, qui produit chaque année environ 60 tonnes de maroilles AOC. Créée en 1974 par le grand père de Thibault, elle est depuis peu séparée juridiquement de l’exploitation mais continue à être approvisionnée directement depuis le tank à lait. La fromagerie produit des maroilles AOC vendus sous la marque « Ferme du château Courbet », dans différentes tailles, mais aussi des Vieux-Lille, des boulettes d’Avènes ou encore des plats transformés comme des flamiches. Après une expérience de vente directe à la ferme qui ne s'est pas avérée rentable en raison de la main d’œuvre nécessaire, l’essentiel de la production part désormais par camion chez les distributeurs.

Bientôt un troupeau que de Brunes

90 % du million de litre de lait de l’exploitation est utilisé par la fromagerie. L'excédent n'est collecté que lorsque la demande en fromages est faible ainsi que les week-ends quand la fromagerie ne fonctionne pas.

Aujourd'hui composé de vaches brunes, prim'holsteins et red-holsteins, Thibault souhaite se diriger vers un troupeau composé uniquement de Brunes estimant que cette race est plus rustique et permet une meilleure valorisation du lait. La ration est fixée par le cahier des charges de l’AOC. Elle est principalement à base d’herbe, complétée par du méteil, de la betterave et du maïs grain. Le troupeau de laitières est hébergé dans un bâtiment de 84 logettes et d’environ 40 places en aire paillée.

« Nous avons arrêté le robot de traite »

Après avoir travaillé avec des robots Lely pendant plus de 10 ans, un investissement conséquent a été réalisé il y a trois ans maintenant avec la mise en place d’une salle de traite rotative de 32 postes. « Nous avons arrêté le robot de traite car nous avions des problèmes de cellules et de mammites, mais surtout, ce n’était pas adapté au système de pâturage », nous a confié Thibault.

Toutefois, la salle de traite Boumatic n’a pas résolu complètement le problème. C’est pour cela qu’en début d’année, le jeune agriculteur et son père ont fait installer des griffes ADF Milking. Le premier objectif était de réduire la main d’œuvre nécessaire à la traite en supprimant la phase de trempage et de désinfection manuelle. Le deuxième consistait à faire baisser le nombre de cellules et de mammites sur le troupeau et enfin, ils souhaitaient diminuer la pénibilité. Malgré l'appréhension des éleveurs, les vaches se sont très bien habituées aux nouveaux manchons.

40 minutes de traite en moins chaque jour

Deux mois après l’installation du système, les 130 VL sont traites en 50 minutes soit un gain de temps quotidien de 40 minutes pour les deux traites. Le nombre de cellules est passée de 350 000 à 200 000 et aucune nouvelle mammite ne s’est déclarée malgré quelques récidives. « La baisse des cellules nous a permis de réduire notre pénalité entraînant des gains dès le premier mois », se réjouit Thibault. « Avec ce système, nous pouvons même envisager de traire à une seule personne alors qu’auparavant, c’était impossible. »

L’investissement est toutefois important. Le prix varie de 1 500 € à 2 800 € par poste en fonction de la taille de la salle de traite. En effet, les pompes et l’automate sont les mêmes quel que soit le nombre de postes. Dans une 2 x 4, le coût sera de 2 800 € par poste, et sur un roto 50 postes de 1 500 €.

Un troupeau plus sain, un gain de temps et des retombées économiques directes

À cela se rajoute un abonnement à payer mensuellement à ADF Milking d'un montant de 6,9 centimes par vache et par traite. Il comprend les produits de trempage et de désinfection et des services associés. Pour cette exploitation de 130 VL avec deux traites par jour, cela revient à environ 540 € par mois. « En gros, c’est ce qu'on payait avant en fournitures », confie Thibault.

François Derot, le directeur général de ADF Milking France précise : « Les services complémentaires sont une garantie tant que l'abonnement se poursuit, il comprend aussi le déplacement annuel de l’un de nos techniciens pour la maintenance courante, et le changement des "manchons"  toutes les 2 000 traites. » 

 


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


PATRICE BRACHET
Il y a 89 jours
Ça me gêne de critiquer un jeune collègue mais je suis un vieux éleveur je trait depuis l âge de 14 ans et il y’a quelques choses qui me choque sur la vidéo pourquoi autant de vaches trépignent ? J aimerait que l Eleveur nous donne sa version merci par avance
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PATRICE BRACHET
Il y a 89 jours
Ça paye le Maroilles !je n aime pas beaucoup critiquer les collègues mais je pense que des choses simples et aussi efficace auraient géré le problème ! Mais l objectif est atteint avec un coût...... donc c est le plus important !
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