Salle de traite mobileCamille Marguet (25) : « Les vaches sont traites 6 mois de l'année au pâturage »

| par | Terre-net Média

Produire du lait pour la fabrication du Comté demande de respecter un certain cahier des charges dans lequel le pâturage compte beaucoup. C'est le cas de Camille Marguet, éleveur laitier du Doubs qui fait pâturer ses animaux 6 mois de l'année. Si ses champs sont trop éloignés de l'exploitation pour que les vaches aillent se faire traire, Camille a trouvé la solution : c'est la salle de traite qui vient aux vaches ! Équipé d'une salle de traite mobile, l'éleveur fait tourner ses animaux d'une parcelle à l'autre en déplaçant son outil de traite qui est, malgré ce qu'on pourrait croire, confortable, moderne et pas plus cher qu'un tracteur.

Cliquez sur l'image pour lancer la vidéo et découvrir la salle de traite mobile de Camille Marguet (Doubs)

Du vert à perte de vue, des vaches Montbéliardes dans les pâtures et le chant des cloches : c’est le paysage de carte postale que nous offre le Haut-Doubs, partie montagneuse du département du Doubs en Bourgogne-Franche-Comté. C’est dans ces hauteurs que Camille Marguet élève son troupeau laitier. Installé depuis 2009 sur l’exploitation familiale à Amathay-Vésigneux, l’éleveur produit 390 000 litres de lait transformé en Comté.

Une salle de traite 2x5 postes pour 65 000 euros

Au Gaec de l’étang, les vaches passent 6 mois de l’année dehors. Sur la SAU de 105 ha, seuls 7 ha sont en céréales. Le reste est en herbe. Malheureusement, les pâtures ne sont pas toutes regroupées autour de la ferme : la parcelle la plus éloignée se situe à 2 km du corps de ferme. Pour tout de même valoriser le pâturage, la famille Marguet dispose d’une salle de traite mobile. Le père de Camille, malheureusement décédé en 2012, trayait en pâture depuis longtemps déjà : « Nous trayions sur une salle de traite 6 postes au pot mais nous avons décidé en 2016 d’investir dans un outil plus moderne et confortable », explique Camille. Le Gaec a alors investi 65 000 euros dans une 2x5 postes en épi. Avec une salle de traite plus grande, la traite est alors plus rapide : « On passe 1h15 à la traite (lavage compris), explique l’éleveur. De plus, on trait plus de vaches l’été que l’hiver car on essaie de caler la production sur l’herbe en groupant les vêlages au printemps. »

Trois dalles bétonnées permettent de poser la salle de traite dans les champs les plus éloignés de l'exploitation et de canaliser les vaches dans une aire d'attente sans qu'elle ne piétinne trop la parcelle.Trois dalles bétonnées permettent de poser la salle de traite dans les champs les plus éloignés de l'exploitation et de canaliser les vaches dans une aire d'attente sans qu'elles ne piétinent trop la parcelle. (©Terre-net Média)

Pour une telle installation, il faut une bonne organisation. L’éleveur a conçu trois dalles de béton au cœur des pâtures les plus éloignées pour y poser la salle de traite : « Ça stabilise l’endroit qui serait trop piétiné sans béton. C’est alors plus facile à nettoyer et les vaches restent propres. » Un cornadis est également en place pour bloquer les animaux à inséminer. L’eau de réseau parvient jusqu’aux parcelles, ce qui permet à l’éleveur de brancher facilement un karcher pour le lavage. Pour plus de confort, Camille a investi dans un système de brumisation : « On a alors moins de mouches, les vaches sont plus calmes. Ça rafraîchit également les animaux et le trayeur ! » Le lait s’écoule quant à lui dans un petit tank attelé derrière la voiture que Camille transvide après chaque traite dans le tank de la ferme.

550 €/1 000 litres : un cahier des charges exigeant mais qui paye !

En appellation Comté, le lait produit sur l’exploitation répond à un cahier des charges assez précis. Le pâturage est par exemple le premier élément clé : il faut 1 ha de surface herbagère par vache laitière. L’affouragement en vert semble quant à lui limité par le cahier des charges dans lequel on lit : « L’affouragement complémentaire en vert est limité à un seul repas quotidien en période de végétation, de sorte que le repas pris en pâture représente au minimum la moitié de la ration quotidienne de fourrage grossier ». Pour ce qui est de l’apport de concentrés, il est plafonné à 1,8 tonne/VL/an. Camille suit consciencieusement le cahier des charges à la lettre : ses vaches sont par exemple en pâtures de la mi-avril jusqu’au 1er novembre et il leur distribue un VL18 à la traite en veillant à ce que sa consommation tourne autour d'1,4 t/VL/an. Ces exigences payent puisque son lait est très bien valorisé : la coopérative d’Amancey-Fertans lui reverse en moyenne 550 €/1 000 litres sur l’année.

Pour aller plus loin : consultez le cahier des charges sur le site du Comté

L’hiver, les vaches sont rentrées en bâtiment et nourries au foin de regain et aux céréales. Il s’agit d’une stabulation entravée. « Nous les sortons tout de même chaque matin autour de la stabulation, explique l’éleveur. Nous avons bétonné une plateforme sur laquelle elles peuvent marcher mais aussi surtout exprimer leurs chaleurs car c’est impossible à détecter en stabulation entravée. » D’ailleurs, au niveau reproduction, l’éleveur insémine 1/3 des animaux en semences sexées, 1/3 en paillettes classiques et le dernier tiers en Blanc Bleu Belge pour mieux valoriser ses veaux qu’il vend à 15 jours. Pour le renouvellement du troupeau, il sélectionne plutôt la production laitière, les taux et les aplombs pour le pâturage. Les génisses vêlent à 28-30 mois et les vaches font en moyenne 4 lactations même si les meilleures font jusqu’à 7 lactations.

Le Gaec de l’étang en quelques chiffres :
3 UMO (deux associés et un salarié)
105 ha dont 3 de céréales, le reste en herbe
55 vaches laitières Montbéliardes
7200 litres/vache en moyenne
33,8 de TP et 40,1 de TB

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DÉJÀ 4 RÉACTIONS


ferme de l'ovalie
Il y a 3 jours
Félicitation: courage passion tradition
Camille doucement avec le concentre!
vive l'ASCAL en pays du comte
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tintin
Il y a 7 jours
la preuve que le lait peut etre renumerateur quand les producteurs gardes la main
sur l outil.un bel exemple pour toutes ces grosses coops sodial agrial....
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drogueda
Il y a 7 jours
Bravo Camille , un investissement dans une salle de traite utile et en phase avec la filière comté, des vaches au pâturage qui mange la diversité florale du Haut Doubs. Tout est réuni pour un comté d'exellence !
Vive les 60 ans de l'AOP Comté, rdv le 19,20,21 Octobre aux Salines Royales d'Arc et Senans.
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Capitaine
Il y a 9 jours
Camille a tout compris son coût alimentaire doit être très bas.De plus en filière Comté plus rémunératrice que du lait bio ça fait plaisir.. c du beau travail..Je pense que l’EBE au mille litres se situe aux alentours de 450€ voire plus!
(Une remarque à Delphine :remplacer karcher par Pompe à pression)
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