À la ferme des Petits Vaux (76)« Pour poursuivre l'agrandissement du troupeau, nous sommes passés en logettes »

| par | Terre-net Média

Au Gaec des Petits Vaux (76), on ne lésine pas sur le confort du troupeau laitier. Pour poursuivre l'agrandissement du cheptel et atteindre les 150 VL, Guilène et Édouard Duboc ont revu l'aménagement de la stabulation en transformant l'aire paillée en un système caillebotis avec logettes. Mais hors de question pour les éleveurs de monter de simples tubulaires. Ils ont comparé les modèles et ont opté pour les logettes Cow House avec matelas Friesian Island et genouillère adaptée. Le tout pour un investissement global de 350 000 ¤.

Guilène et Edouard Duboc du Gaec des Petits Vaux (76)Guilène et Edouard Duboc se sont associés sur l'exploitation familiale en agrandissant progressivement le troupeau et en réaménageant la stabulation pour passer d'une aire paillée à un bâtiment en logettes et caillebotis. (©Gaec des Petits Vaux) C'est en Seine-Maritime (76), à quelques kilomètres du Havre que sont installés Guilène et Edouard Duboc. Frère et sœur ont progressivement repris l'exploitation familiale, le Gaec des Petits Vaux : « C'est Édouard qui s'est installé le premier il y a une dizaine d'années. Je l'ai rejoint il y a maintenant 3 ans et demi, quand mon père a pris sa retraite », explique Guilène.

Ensemble, ils cultivent 130 ha et élèvent 150 vaches laitières montbéliardes. Un troupeau qui n'a cessé de s'agrandir comme l'explique l'éleveuse : « Naturellement, l'effectif a augmenté d'années en années. Pourtant, on insémine en conventionnel et on fait même un peu de croisement industriel sur celles qui ont du mal à prendre. En moyenne, on augmentait de 5 % en lait chaque année. Puis à mon installation, on a eu l'opportunité de reprendre 200 000 litres de plus et là on s'est dit qu'il fallait pousser les murs de la stabulation », se souvient-elle.

Le Gaec Duboc en quelques chiffres :
2 UMO (frère et sœur)
130 ha de SAU (moitié cultures, moitié prairies) + 70 ha de fourrages supplémentaires achetés à un voisin
150 vaches laitières montbéliardes
1,2 million de litres de lait de référence (Eurial)
8 500 litres/VL de moyenne
Taux moyens : 42/34
120 000 cellules en moyenne sur l'année

Ration hivernale des vaches (mélange total brut pour 148 VL) :
8,6 t de maïs ensilage
1,5 t de méteil
550 kg de tourteau
500 kg de drêches de blé
150 kg de foin
130 kg d'orge
100 l de mélasse
50 kg de minéraux

Vaches laitières en logettesLes associés ont opté pour 151 places en logettes Cow House avec matelas. (©Terre-net Média)

Passer de l'aire paillée aux logettes : de gros travaux à prévoir

« En aire paillée, jusqu'à 120 vaches, ça allait mais il est arrivé un moment où ce n'était plus possible. On passait notre temps à pailler, raboter l'aire d'exercice et curer du fumier. On passait 4 bottes par jour, soit 900 bottes par an. Nous n'étions pas autonomes en paille donc on faisait beaucoup d'échanges et on y passait vraiment trop de temps l'été. » Comme les associés ne voulaient pas réduire leurs effectifs, il a fallu revoir le bâtiment. « On a pris la décision de passer en logettes matelas et caillebotis. »

Au total, ils ont investi près de 350 000 € pour le réaménagement de la stabulation :

- 223 000 € de fosses et caillebotis (le bâtiment fait 70 m de long avec un circuit de 280 m de lisier à brasser qui équivaut à 2 000 m3, soit 6,5 mois de stockage)

- 50 000 € pour 151 places de logettes et matelas Cow House (environ 300 €/place comprenant la logette, le matelas et la genouillère + 2 000 € d'assistance au montage)

- 27 000 € pour 3 mixeurs (le lisier est brassé toutes les nuits pendant 10 minutes)

- 27 000 € pour un robot repousse-fourrage et un robot racleur de chez Lely

- 15 000 € de béton

- 4 000 € d'abreuvoirs

- 2 000 € de brosses

« Ça n'était pas prévu sur mon plan d'installation, plaisante Guilène, mais pour le coup, on a redemandé 130 000 l de lait supplémentaires à la laiterie. »

Concernant les travaux, ils ont eu lieu du 3 juin au 30 septembre 2019. « Les vaches étaient dehors. On avait changé le sens des cornadis pour qu'elles puissent avoir accès à l'auge depuis la pâture qui touche la stabulation. » Le plus long a été de creuser les fosses et de faire le béton. Pour le montage des logettes, ils ont mis quatre jours et demi.

Vaches laitières à l'augeAu Gaec des Petits Vaux, le troupeau historique était en Normandes. C'est le père d'Edouard et Guilène qui a introduit la Montbéliarde en 2003. La race a progressivement absorbé le troupeau entier. Pour les quelques Holsteins présentes, ce sont celles rachetées à un voisin lors de l'installation d'Edouard. (©Terre-net Média)

À son retour, le troupeau semble s'être vite acclimaté au changement : « On a dû pousser une quinzaine de vaches. On leur mettait une corde derrière pour ne pas qu'elles ressortent de la logette et on l'enlevait en début d'après-midi quand elles étaient couchées. Seules 2 ou 3 vaches sont restées debout alors on leur a mis un peu de paille sur les tapis et elles ont vite compris. »

Moins de cellules, moins de mammites mais un parage plus régulier

En quelques mois seulement, Guilène voit déjà des changements dans son troupeau : « Nos vaches étaient déjà molles avant et ça ne les a pas arrangées, note l'éleveuse en souriant. On voit qu'elles sont confortablement installées. Et les vaches en chaleur n'embêtent plus les autres car elles ont maintenant un endroit pour se coucher bien distinct de celui où elles marchent. »

En aire paillée, on parait déjà car les pieds étaient trop épais. Là, ils se râpent plus naturellement sur le béton mais on fait du parage préventif tous les 2,5 mois.« On n'a plus de variations de cellules inexpliquées et on a déjà divisé le nombre de mammites par 3. » Aucun regret pour les éleveurs même s'ils trouvent le béton forcément plus dur pour les pattes que la paille. Ils ont alors établi un roulement de parage pour l'entretien des pieds : « Tous les 2,5 mois, on passe une quarantaine de bêtes. » Finalement, ils ont tout de même dû se résoudre à réformer deux vaches qui avaient déjà des problèmes de pattes avant les logettes, ce qui reste raisonnable.

« Les génisses et vaches taries sont toujours en aire paillée et on a prévu une case d'isolement sur paille également », ajoute Guilène. En ce qui concerne le temps de travail, il a bien diminué : il fallait compter 1 h de paillage et raclage chaque jour, contre 30 minutes aujourd'hui pour passer la raclette matin et soir sur les logettes. L'éleveuse réfléchit même à installer une brosse sur une débroussailleuse pour gagner encore un peu plus de temps.

Vaches laitières en logettes« Cow House nous garantissait un résultat de 95 à 97 % du troupeau adapté aux logettes, c'est le cas. On a dû réformer deux vaches seulement, et non pas à cause des logettes mais à cause de problèmes de pattes », explique l'éleveuse satisfaite. (©Gaec des Petits Vaux)

Les logettes Cow House avec matelas pour un maximum de confort

« Avant d'être agricultrice, j'étais conseillère au contrôle laitier et j'en ai vu quelques unes des mises en route en logettes, explique Guilène. Et je me souviens bien : ce qui fonctionnait le mieux était le matériel Cow House. Le dégagement devant la logette, la hauteur de la barre au garrot, le confort des matelas... beaucoup de choses me plaisaient dans leur matériel. Bien-sûr, on a fait des devis chez plusieurs constructeurs mais c'était le même ordre de prix partout. »

L'éleveuse détaille pour chaque poste :

- La logette Cow House : « Le gros risque avec les logettes c'est qu'elles brident les vaches ou qu'elles soient mal réglées. C'est pour cette raison qu'on a souhaité prendre l'assistance au montage. Les réglages ont été faits en fonction de notre troupeau au centimètre près, ça n'est pas standard. Entre l'arrête de béton à l'arrière et la barre au garrot, on est par exemple à 2,22 m, soit 3 m au total du seuil de la logette au mur pour la rangée contre le mur. Pour ce qui est de la largeur, on est à 1,15 m pour que les vaches rentrent le plus droit possible et bousent dans le couloir. »

- Le matelas Friesian Islande : « On voulait quelque chose de moins abrasif que du caoutchouc qui en plus reste souvent humide. Là, on voit que le revêtement reste sec. Autre aspect très important : la souplesse. Il y a deux mousses dans le matelas qui font 6,5 cm en tout, ce qui garantit un bon confort aux animaux. »

- La genouillère Poly pipe : « Elle agit en tant que limitateur d'avancement et permet à la vache de bien se caler quand elle se couche. Sa position est ajustée en fonction du gabarit de l'animal, tout comme la barre au garrot. »


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DÉJÀ 46 RÉACTIONS


hub
Il y a 121 jours
Ben finalement ca marche pas si mal que ca le lait ??? Entre Fourmont et ses 2 robots,la 350000 pr ne refaire que l'interieur du batiment, que des articles d'entreprises qui tournent bien ,tout va bien alors ......
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Moty
Il y a 122 jours
Je me permets de réagir une 2éme fois à cet article. Notamment par rapport aux éleveurs qui disent : " chacun est libre de son système ". Je trouve cela assez individualiste et égoïste. Quand on est en difficultés financières ou installé depuis moins de 5 ans je peux le comprendre. Me concernant , depuis 20 ans , j'essaie de refléchir et d'avoir des pratiques sur ma ferme qui ne nuisent pas à emploi paysan localement , ni à l'autre bout de la planète, en respectant les populations en Amérique latine. Voici ma philosophie, et au bout du compte petit paysan Heureux
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Percy en Normandie
Il y a 122 jours
À la place du Gaec j’aurais opté pour la litière Miscanthus malaxée en conservant l’aire d’origine plutôt que ce lourd investissement.
Après en terme de travail tout se discute bien évidemment...
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tintin
Il y a 122 jours
oui c est vrai SYLVAIN nous fait une belle démonstration d ouverture d esprit!!!
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Rêveur
Il y a 122 jours
Jonathan tu as tout à fait raison et si l on n est pas capable d être transparent on vient pas sur web mais on va sur plm ou la personne ne demande rien. Pour sunlait c est des incapables notoires qui mensuellement émargent bien. Ils ont coupé ce fil qui existait entre industriels et producteurs Ils sont nuisibles à la profession et maintenant ils envoie leurs élite à Bruxelles à nos frais. Plein le c. De ces bons a rien. Ils faut trouver une solution collective pour les virer. C est ça l avenir de la profession
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Jonathan
Il y a 122 jours
Quand on est pas capable de donner les chiffres comme l'EBE, les annuités, les coût de productions......
On ne fait pas de porte ouverte, et on invite pas les journalistes à venir voir.

Après dans n'importe quel des types d'exploitation si les éleveurs se sentent bien c'est parfait !!!

Et enfin je pense que le coronavirus avec un prix du litre de lait très bas et un vrai sujet de discussion.... Nos OP et en particulier Sunlait, sont bien mal gérés !!!!
Peut-être es-tu un administrateur de cette dernière ????
Le président de SUNLAIT, et son bureau ne sont là que pour la galette!!!!!
Le prix du lait baisse, il faut produire moins et SUNLAIT ENVOIE DES COURRIERS DE DEMANDE D'ATTRIBUTION DE LAIT SUPPLÉMENTAIRES.

DU TRÈS GRAND N'IMPORTE QUOI !!!!!!
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SYLVAIN
Il y a 122 jours
ça n'a pas changé a chaque fois c'est pareil les commentaires ne portent meme plus sur le sujet. A chaque fois Massol et compagnie la ramène et hop hors sujet je sais pas si beaucoup sont comme moi mais c'est vraiment pénible ces commentaires. je me demande comment encore un éleveur peut accepter que l'on fasse un reportage chez lui. Vous connaissez leurs resultats éco? je ne suis pas du tout dans ce système mais on peut aussi être ouvert d'esprit. C'est jamais tout rose chez personne.
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Rêveur
Il y a 124 jours
7,5€/1000l
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Massol
Il y a 124 jours
Alors réunion pour faire sortir les gars de sunlait via emb et fire sur les dirigeants de sunlait
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Jonathan
Il y a 124 jours
Tu entends quoi par petit plus ?
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