[Space TV] Stabulation vaches laitièresCombiner plusieurs types de sol pour une meilleure santé des pattes

| par | Terre-net Média

Agrandissement des cheptels ou encore passage en robot : dans nos élevages, les vaches passent de plus en plus de temps en bâtiment. Et cela ne fait qu'augmenter les problèmes de pattes, notamment la proportion de dermatites digitées qui a doublé en un an. Le projet « SolVL » initié par l'institut de l'élevage a étudié les différents types de sols des stabulations et leurs impacts sur la santé des vaches laitières.

Cliquez sur l'image pour voir l'interview de François Gervais de l'Idele.

Le béton domine dans les stabulations : 78 % des sols sont en béton. Les caillebotis sont en deuxième position avec 10 % puis viennent les revêtements synthétiques (9 %), l’asphalte (2 %) et l’enrobé (1 %). François Gervais, de l’Institut de l’élevage, a présenté sur la Space TV les résultats de l’étude sur l’impact des sols des stabulations des vaches laitières sur la santé de leurs pieds.

Après avoir visité près de 600 élevages en logettes, le constat est évident : les vaches sur caillebotis présentent moins de problèmes de boiteries. Mais cela s’avère vrai seulement dans les élevages où les caillebotis sont raclés. « S’ils ne sont pas entretenus, cela crée des soucis d’ambiance du bâtiment et impacte la locomotion des animaux », explique l’expert.

Deux types de sols pour combiner souplesse et abrasivité

Il n’existe pas de revêtement miracle mais chacun a ses avantages et ses inconvénients. Il est donc primordial selon François Gervais de combiner plusieurs types de sol dans un même bâtiment : « souple aux endroits où les animaux stationnent (devant la table d’alimentation par exemple) et plus abrasif là où il y a beaucoup de passages (entre les logettes ou dans les couloirs arrière) ». Cependant, seuls 11 % des élevages visités mettent à disposition de leurs animaux deux types de sols (la majorité combine les caillebotis et le béton). Les tapis sont des surfaces plutôt souples et impactent moins la locomotion des animaux. Mais contrairement au béton, ils ne sont pas assez abrasifs pour les onglons et des parages seraient alors à réaliser chez les animaux sur des tapis.

Il faut évacuer l’humidité par une pente

La corne s’adapte à la dureté du sol : elle devient plus ou moins dure en fonction du revêtement. « Il ne faut pas mettre de tapis dans un bâtiment sans pente ou mal ventilé par exemple, explique François Gervais, sinon la sole se ramollit et devient plus sensible ». La pente serait donc l’un des principaux problèmes en sol plein : plus de la moitié des stabulations n’auraient pas une pente suffisante. Cela pose alors des problèmes pour l’entretien des sols. L’expert conseille une pente de 1,5 à 2 % en longitudinale, ce qui parait relativement important mais nécessaire pour la bonne évacuation de l’humidité. Les sols à pente transversale (en forme de V) sont les plus adaptés à la santé des pieds et réduisent en plus les émissions gazeuses. Cependant, ils nécessitent des racleurs spécifiques (en W) et doivent être raclés au moins 12 fois/jour.

Les sols à pentes transversales nécessitent un racleur en W pour capter le lisier par demi couloir et limiter le massage du lisier dans le canal lors du raclageLes sols à pentes transversales nécessitent un racleur en W pour capter le lisier par demi couloir et limiter le massage du lisier dans le canal lors du raclage. (©Idele)

Attention aux glissements des animaux

Même si le sol bétonné reste le plus économique du marché, il nécessite d’être amélioré. Cela passe par une bonne finition dès sa confection : le minimum est de lui procurer une finition antidérapante pour pouvoir le rainurer plus tard mais le mieux est de réaliser des empreintes sur le béton frais, même si ça s’avère plus compliqué.

Une bonne alternative au béton : l’asphalte. Attention, à ne pas confondre avec l’enrobé qui n’est pas du tout adapté aux animaux ! L’asphalte a une durée de vie bien supérieure au béton et ne nécessite aucune intervention. Il reste quand même plus coûteux (entre 38 à 42 €/m2 selon l’Idele).

Quel que soit le type de sol choisi, le raclage doit permettre l’évacuation de l’humidité et éviter les glissades (surtout l’été). Un sol plein doit être raclé toutes les deux heures avec des évacuations intermédiaires pour éviter l’accumulation des déjections. Un racleur équipé de brosses permet de passer dans les rainures. En caillebotis, le raclage avec pulvérisation favorise l’écoulement. Concernant les passages de logettes, l’étude constate qu’il s’agit des endroits les plus sales. Il est donc essentiel que les éleveurs raclent ces zones plus fréquemment ou s’équipent mécaniquement (quelques entreprises innovent et proposent désormais des racleurs tournants ou des robots aspirants).

Sans trop investir, on peut réduire le stationnement des vaches dans ces zones en déplaçant les abreuvoirs et les brosses dans les couloirs qui eux sont raclés mécaniquement. Enfin, il peut s’avérer utile de réaliser ponctuellement des nettoyages du sol en profondeur avec de l’équipement professionnel haute pression.


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DÉJÀ 3 RÉACTIONS


MANGANGA
Il y a 12 jours
Bonjour, je suis medecin veterinaire, suis a la recherche d'un emploi
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PATRICE BRACHET
Il y a 20 jours
Eh la rédaction Il y’a pas soucis ?
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PATRICE BRACHET
Il y a 20 jours
Je n ai pas de racleur auto je le fais au tracteur car 10 m de large et en v mais dans un contexte morose les équipements dont on nous parle sont ils appropriés ? Et quand on connaît la durée de vie sans panne !pas sur l équipement !De plus on préconise beaucoup de passages! Désolé pas rentable le lait n est pas payé assez cher
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