Retour d'expérienceConvertir son aire paillée en logettes : ils l'ont fait et ne regrettent pas !

| par Oxygen conseil élevage | Terre-net Média

Michel et Jean-Paul Carpentier du Gaec de l'espoir à Loos-en-Gohelle (62) ont troqué l'aire paillée de leurs vaches en 2014 contre des logettes. Quel a été leur cheminement ? Les associés résument les motivations qui les ont conduits à réaliser cette conversion, accompagnés par Hervé Dubois, expert bâtiment chez Seenorest (Oxygen - Optival).

Le contexte de l'exploitation et les contraintes qui l'entouraient (problèmes de qualité du lait, contraite du raclage et de curage, pas d'extension possible, etc.) ont motivé les associés du Gaec de l'espoir à convertir leur aire paillée en logettesLe contexte de l'exploitation et les contraintes qui l'entouraient (problèmes de qualité du lait, contrainte du raclage et de curage, pas d'extension possible, etc.) ont motivé les associés du Gaec de l'espoir à convertir leur aire paillée en logettes (©Oxygen) Agrandissement des troupeaux, allongement des temps de présence en bâtiment, mammites... Il existe différentes raisons de vouloir faire évoluer l’aire paillée des vaches laitières en logettes. Certains éleveurs ont fait ce choix afin de trouver une solution à leurs préoccupations. C'est le cas du Gaec de l'espoir (62).

Un investissement de 50 000 € sur 10 ans pour un résultat économique apportant une plus-value de 4 000 €/an.

Fin 2011, Michel et Jean-Paul Carpentier demandent une première étude. Le résultat économique suite à une reconversion du système apportait une plus-value de 4 000 €/an en ne tenant compte que de l’achat de paille, du lait jeté suite aux traitements, de la dégradation du prix du lait par rapport à la qualité, de l’achat des médicaments et d’un investissement d’environ 50 000 € remboursé sur 10 ans.

Contexte et contraintes de l'exploitation :

ContexteContraintes
- Aire paillée avec quai raclé en fumier
- Problèmes de qualité du lait (mammites cliniques et taux cellulaire compris entre 300 et 400 000 cellules)
- Problèmes sanitaires dès que le nombre de vaches dépassait 50 à 55 en stabulation
- Obligation de curer la litière accumulée tous les 15 jours
- En 2014, il a manqué 100 000 litres de lait sur le droit à produire
- Échange paille/fumier conséquent
- Pas de prairies, animaux 100 % du temps en stabulation
- Exploitation située en milieu urbain
- Pas d'extension possible des bâtiments et de la fumière
- Investissements possibles mais très limités
- Bâtiments accolés les uns aux autres et de faible hauteur
- Difficulté pour gérer la ventilation

C’est en 2014, suite à quelques visites d’exploitations qui avaient réalisé des travaux pour faire face à une même problématique, que le projet a été validé par les associés. Un relevé précis de l’existant a permis d’élaborer les plans d’aménagement et de ce fait, un devis pour la maçonnerie et la pose des tubulaires.

Dès la réception du devis, Michel et Jean-Paul Carpentier ont constaté que le budget projeté en 2011 était toujours d’actualité et donc compatible à la réalisation du projet. Les démarches administratives ont été faites dans la foulée (ICPE : Installation classée pour la protection de l’environnement et demande d’aide PMBE : Plan de modernisation des bâtiments d’élevage) et les travaux ont suivi.

Le coût des travaux s’élevait à 50 000 € et le montant de l’aide était estimé à 7 500 €. Cet investissement a également permis de créer un box d’isolement adapté, d’installer un nouveau circuit d’abreuvement et de poser des barrières pour séparer des animaux.

L’exploitation a dû faire face à quelques problèmes (blessures, glissades, réformes) et de ce fait les bétons des couloirs de circulation ont été rainurés pour un coût total de 2 000 €.

« Cette conversion nous a permis de mieux nous en sortir malgré une conjoncture difficile »

Les deux associés ne regrettent pas leur conversion. « L'amortissement a d'ailleurs été finalement prévu sur 7 ans alors que dans l'étude de 2011 il était de 10 ans », témoignent-ils.  Ci-dessous, le budget partiel estimé :

Budget partiel passage aire paillée à logettesBudget partiel passage aire paillée à logettes (©Opti-Oxygen)

« À cela on pourrait ajouter 360 tonnes de fumier (400 balles x 300 kg = 120 t de paille donc 360 t de fumier) qui ne sont plus rétrocédées dans le cadre de l’échange paille/fumier dont la conversion est d’une tonne de paille pour trois tonnes de fumier pour notre exploitation », déclarent les éleveurs. 

Aujourd'hui, après quatre ans d'activité, Michel et Jean-Paul concluent :  « Même si notre temps de travail est resté identique et que le problème de butyriques n’a pas encore été résolu, nous sommes satisfaits de notre projet. Cette conversion nous a permis de mieux nous en sortir malgré une conjoncture difficile. Néanmoins, le paillage des logettes doit être abondant pour maintenir un fumier sec afin de gérer le stockage. Nous sommes conscients que le point qui reste à améliorer est le parage préventif qui est à ce jour principalement curatif. »

Les points positifsLes points négatifs

- Les animaux sont plus calmes (moins de stress)

- Les vaches sont propres

- Les abreuvoirs sont propres

- Il n'y a plus de litière souillée

- Il y a moins d'odeur d'ammoniac dans le bâtiment, l'ambiance est saine

- Plus de chantier de curage récurrents

- Pas de problème avec les voisins (moins de bruit, transport de fumier...)

- Bonne adaptation des génisses

- 100 000 litres de lait sont produits en plus

- Taux cellulaire moyen de 150 000 cellules

- 400 balles de paille en moins par an à rentrer

-Le nettoyage des passages transversaux et des bords de logettes se fait encore à la main

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DÉJÀ 1 RÉACTION


faidulolo
Il y a 16 jours
Ce cas est un extrême...
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