[Space TV] Temps de traiteBien concevoir son installation pour optimiser son temps de travail

| par | Terre-net Média

La traite reste la plus grosse astreinte des éleveurs laitiers. Jean-René Thibaut, spécialiste Boumatic, donne quelques conseils pour bien choisir son installation de traite en fonction de la main d'œuvre disponible et des objectifs de performance de l'élevage.

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« Il y a quelques années, les éleveurs faisaient évoluer leurs salles de traite 2x4 en 2x5 ou 2x6 en 2x8 mais ne se posaient pas trop de question puisque la capacité des trayeurs restait supérieure à la taille de la salle de traite, témoigne Jean-René Thibaut, manager des ventes Europe Centrale Boumatic. Aujourd’hui, on évolue vers des dimensions plus importantes. Les éleveurs ont alors besoin de critères d’analyse pour choisir une salle de traite qui s’adapte à leur système. »

Selon un récent sondage sur le temps de travail, près de 80 % des éleveurs passent plus de 2 heures par jour dans leur salle de traite dont plus de la moitié 3 à 5 heures ou plus. Le choix de l’outil de traite est donc plus que déterminant quant à la charge de travail. Mais comment s’y retrouver entre la traite à 30°, 60° et 90° ?

Combiner confort et performance de l’outil

 « Le premier paramètre à considérer c’est le confort du trayeur, assure l’expert. La traite latérale (à 30°, soit en épi) permet de bien visualiser les vaches, tandis que la traite par arrière (à 60 ou 90°) donne une bonne vue sur la mamelle et limite surtout le risque de coups de pieds. » Au niveau de la performance, ce sont principalement l’entrée et la sortie des vaches qui rythmeront la traite. Pour l’entrée, le professionnel conseille de limiter au maximum les obstacles sur le chemin des vaches (comme les poteaux de portillons par exemple).

« L’objectif de performance se situe à 4 rotations/heure en sortie latérale (soit 48 VL/h pour une 2x6 en épi) contre 5 rotations/heure en sortie frontale (soit 100 vaches à l’heure pour une 2x10 TPA). Cette cadence définit alors la charge de travail : un trayeur se limitera à une 2x6 voire 2x8 en sortie latérale tandis qu’il sera capable d’assurer seule sur une 2x10 en sortie rapide, explique Jean-René Thibaut. » La traite par arrière semble alors être l’installation la plus performante. Pour la sortie des animaux, l’expert rappelle les différentes méthodes : le peigne (la stalle se soulève vers l’avant), la guillotine (la stalle se lève verticalement) ou la lice rotative qui tourne et se repositionne derrière la vache. Après de nombreuses études, Boumatic a d’ailleurs conçu une nouvelle salle de traite qui cumule les différents avantages au niveau de l’entrée et la sortie des vaches : « Sans aucun obstacle au sol, Smartway 90 facilite l’entrée des animaux, explique le spécialiste. Pour la sortie, nous avons combiné la stalle qui se lève avec une vis rotative qui se repositionne derrière les vaches. Sans portillon au sol, le lavage est aussi facilité. »

Une bonne organisation pour gagner du temps

Pour l’aire d’attente, l’entreprise préconise d’utiliser une barrière poussante : « Une mauvaise entrée peut pénaliser jusqu’à 25 % de la performance de la traite. C’est notamment le cas lorsque l’éleveur doit sortir du quai pour pousser les vaches, assure le professionnel. On préfère alors la barrière poussante au chien électrique par respect du bien-être animal. » Il conseille également de traire le lot complet en 1 heure maximum car en étant regroupées dans l’aire d’attente, la température corporelle des vaches monte rapidement et devient inconfortable.

Pour optimiser son temps de traite, l’éleveur doit veiller à conserver des vaches propres pour éviter de perdre du temps à la préparation de la mamelle, même si cette étape ne doit pas être négligée au risque de sur-traire des vaches en début de traite (le lait doit être disponible dès le branchement de la griffe). Enfin, il est pertinent d’organiser le troupeau en plusieurs lots en passant en dernier les vaches à problèmes, après celui des vaches longues à traire par exemple, pour éviter de perturber la traite et limiter les contaminations éventuelles.

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DÉJÀ 4 RÉACTIONS


steph72
Il y a 26 jours
Après ça tu m'étonnes que certains ne trouvent pas de salarié.
L'installation est faite aussi pour le patron ( à moins que ça soit la femme ou la mère qui trait quand le salarié n'est pas la....)
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Tomy
Il y a 26 jours
En ce qui me concerne ça fait 24 ans que je suis agriculteur , mais sur 2 fermes différentes, d'où ce changement de rythme volontaire il y a 13 ans.
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Raymond
Il y a 26 jours
ce que je comprend c'est que tu as été et est salarié dans des exploitations laitières.
Je ne pense pas que les employeurs embauchent des salariés pour qu'ils se sentent en vacances.
Mais tant mieux pour toi.
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Tomy
Il y a 27 jours
Ayant connu différents systèmes : 2 x 4 avec décro de 29 à 39 ans, c'était Bien
2 x 7 TPA ( 6 mois à 40 ans ) , je suis content d'avoir quitter et
2 x 3 depuis 13 ans . C'est cool, même au travail, j'ai parfois l'impression d'être
en vacances.
Le baratin des vendeurs ça va un peu. Mais les cadences infernales ce ne sont pas eux qui les subissent. En Bretagne, on voit beaucoup de personnes qui travaillent en agro-alimentaire avec des cadences infernales et trés repétitives,
qui sont usées à 45 ans ( abimer de partout !!)
Je pense que malheureusement certains trayeurs à grosses cadences prennent le même chemin
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