Corbeaux, pigeons, étourneauxComment limiter les nuisances des oiseaux en élevage ?

| par Cécile Julien | Terre-net Média

Impacts économiques, risques sanitaires, énervement voire exaspération, la présence en nombre d'oiseaux dans les élevages bovins devient vite problématique. Quelques conseils pour rendre votre exploitation la moins accueillante possible pour ces hôtes indésirables.

Les oiseaux en élevage ont un réel impact économique et peuvent avoir des conséquences sanitaires importantes.« Mieux vaut 1 000 étourneaux que 10 pigeons à l'année sur un élevage car ce sont les pigeons qui représentent le plus risque sanitaire. » (©CC) Certains oiseaux, quand ils s’installent en nombre, sont particulièrement problématiques dans les exploitations. Connus pour leurs bandes nombreuses, les étourneaux sont une espèce migratrice, présente en France d’octobre à mars/avril. Mais il y a de plus en plus de populations sédentaires. On peut aussi rencontrer des pigeons ramier (sauvage) ou féral (domestique). Autre famille problématique : les corvidés.

Selon la situation locale, il peut y avoir des possibilités d’actions de lutte collective pour réguler leurs populations. De même, il est possible de tirer les pigeons avec des carabines à air comprimé de faible puissance. Mais, que ce soit par leur nombre ou par leur statut, « on ne peut pas éliminer tous les oiseaux indésirables, mais on peut les éloigner », prévient Gérard Angoujard, directeur de la Fredon Bretagne. Il faut tout faire pour que ces oiseaux n’aient pas envie de s’installer sur la ferme, où ils trouvent gîte et couvert !

Leur priver l'accès à la nourriture

Premier grief vis-à-vis de ces indésirables, leur consommation d’aliment. On ne dispose pas de chiffres précis sur la consommation réelle mais tous les éleveurs concernés notent des pertes de production : baisse d’appétence à cause d’aliments souillés, ration moins riche car les grains de l’ensilage de maïs ont été mangés. Sans compter l’impact économique sur les cultures, avec des corbeaux qui peuvent détruire un semis de maïs.

Pour dissuader les oiseaux de s’installer, il faut « leur compliquer l’accès à la nourriture », conseille Grégoire Kuntz, vétérinaire au GDS Bretagne. Ce qui demande de rebâcher systématiquement le front d’attaque du silo. Pour faciliter cette opération, des essais sont faits dans la Manche, où une grosse colonie d’étourneaux s’est établie près de la tourbière de Baupte, avec une grande grille qu’on positionne devant le front d’attaque. Mise au point par les établissements Lenormand de Périers (50), cette grille se bouge avec le tracteur et une fois l’ensilage distribué, se positionne pour protéger le front d’attaque.

Grille de protection pour l'ensilage face aux oiseauxÀ l'essai pour lutter contre les étourneaux : une grille à positionner devant l'ensilage. (©FDSEA Manche)

Toujours pour l’ensilage de maïs, mieux vaut le distribuer le soir quand les oiseaux ne sont plus actifs. Cette fois, face aux corbeaux qui percent bâches de silos et films d’enrubannage, il est conseillé de bien couvrir son silo avec des pneus ou du maërl [dépôt littoral formé de gravier et de débris d'algues, NDLR] pour les régions côtières de l'Ouest, et stocker les balles près d’une zone d’activité humaine. Pour limiter l’accès « open bar » à la nourriture, il faut veiller à bien fermer les stocks de grains, de concentrés.

Compliquer la vie des oiseaux pour qu’ils déguerpissent

Que ce soit pour manger ou pour nicher, il faudrait empêcher les oiseaux de rentrer dans la stabulation. Mais il n’est pas possible de rendre son bâtiment hermétique, ne serait-ce que pour la ventilation. On limite les intrusions en posant du grillage sur les faitages ou des filets anti-oiseaux dans les bâtiments semi-ouverts. Pour empêcher les pigeons de nicher dans les bâtiments, on peut disposer sur les poutrelles des picots métalliques ou des pièces de bois.

Pour clairement faire comprendre aux oiseaux que votre exploitation n’est pas accueillante, il faut recourir à de l’effarouchement. Et ce dès l’arrivée des premiers oiseaux. Il existe différents types d’effaroucheurs, du simple canon aux effaroucheurs pyro-optiques. Les ballons et cerf-volants doivent être changés régulièrement de place mais sont peu efficaces contre les étourneaux. Pour les dissuader, on peut combiner des lasers ou faisceaux lumineux avec un effaroucheur sonore. La diffusion de cris de détresse peut être efficace, à condition d’émettre un son de bonne qualité. Les pistolets qui envoient des fusées crépitantes sont efficaces mais demandent de la disponibilité.

Pour réduire l’accoutumance, l’idéal est de mixer effets sonores et visuels avant une fréquence aléatoire. C’est ce que propose la Fredon Bretagne, avec Avistop, un effaroucheur qui combine une détonation, l’envol d’un leurre le long d’un haut mât et la diffusion de cris de détresse « La détonation moins forte que celle d’un canon, ne stresse pas les vaches, assure Gérard Angoujard. On peut placer un Avistop près d’une table d’alimentation. Dans les champs, il peut protéger 4/5 ha contre les corvidés. »

Vidéo d'Avistop en fonctionnement :

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Les oiseaux : quels risques sanitaires pour l'élevage ?

Au côté envahissant près, mieux vaut 1 000 étourneaux que 10 pigeons à l’année car « ce sont les pigeons qui représentent le plus gros risque sanitaire, prévient Grégoire Kuntz, vétérinaire conseil au GDS Bretagne. En effet, les colombidés sont porteurs de salmonelle. » Entre les fientes, les poussins morts qui peuvent tomber dans les abreuvoirs ou sur la table d’alimentation, il y a des risques de transmission au troupeau. « Il est  impossible de n’avoir aucun pigeon dans une stabulation mais il faut les empêcher de nicher au-dessus des abreuvoirs, des tables d’alimentation », conseille le vétérinaire.

Avec les étourneaux, le problème vient plus du vol de nourriture et de la perte d’appétence à cause de l’alimentation souillée par les fientes. « Il y a moins de transmissions de germes qu’avec les pigeons », souligne Grégoire Kuntz.

Comme les corvidés arrivent à percer bâches d’ensilage et films d’enrubannage, les entrées d’air provoquent des moisissures. « Les corbeaux ne transmettent pas maladies mais leurs dégradations augmentent les risques d’ aspergillose. » Il y a aussi des risques infectieux, quand des cadavres d’oiseaux restent dans des silos d’aliments mal fermés. « Ça peut aller jusqu’à du botulisme mais c’est rare », reconnaît le vétérinaire.


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DÉJÀ 28 RÉACTIONS


Maurin.seolane
Il y a 22 jours
aberrant. N'importe quoi. Tout les animaux exaspèrent ces chers humains qui eux détruisent tout. Meme les oiseaux.. le bruit. Tous les bruits que font ces humains La pollution. La saleté. La cruauté. mais ils n ont qu à tout tuer et rester seuls sur terre ces bipedes qui veulent tout s accaparer et qui ne voient pas le mal qu ils font aux animaux et la terre
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Jeuneagri
Il y a 22 jours
Je n'ai qu'une trentaine d'années, et je suis effaré des commentaires de certains bisounourssains (citoyen du pays des Bisounours)... Et maintenant ça me gave à un point pas possible. Même du fin fond de ma campagne il y en a. Mais comment est-ce possible ? C'est une secte dont ils font partis ? Une croyance religieuse où leur dieux est un canard à 3 pattes ?
J'ai beau essayer de comprendre ce qu'il se passe dans leur tête, mais je ne comprend pas... Redescendez sur Terre sérieux les bobos !!!!!
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Patrice brachet
Il y a 22 jours
Charlotte appellez Victoire ! Elle gère ! Non sincèrement il faut voir la mairie. Bon courage insistez.
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Charlotte
Il y a 22 jours
J'habite en ville et ma voisine nourrit les pigeons depuis 10 ans, énormes nuisances le maire d'elbeuf (76) n'a pris aucune disposition sanitaire 3 personnes dans la cour sont aussi désespérées que moi par les excréments dans les gouttières, nettoyage facturé qs on demande le nettoyage, mais pourrai on envoyer la facture à celkeqji nourrit les pigeons femme de 89ansqui n'arrêtera pas de les nourrir c'est sûr, merci de l'aide apportée bien cordialement av
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Jmb67
Il y a 22 jours
En bio même les oiseaux nous pose problème et surtout avec des risques sanitaires importants quand nous travaillons pour du lait cru, salmonelloses, coccidiose, echia coli, stec......
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Bonsens
Il y a 22 jours
Bonjour,
Ce vétérinaire oubli la coccidiose très préjudiciable chez les jeunes veaux apporter par les fientes de pigeons.
Quand une espèce est en trop grand nombre, elle doit être regulé pour diminuer leurs nombre devenu très très important. Les agriculteurs ont autres choses à faire que de chasser les oiseaux, c'est aux chasseurs de réduire le nombre de nuisibles, mais problème la chasse est devenu très restrictive !

Les pigeons de clochers sont tellement nombreux dans les villes et commune qu'ils cherchent des endroits pour nigés et manger dans les stabutions, les granges ext... Cette espèce ne nige pas dans les haies.
Même chose pour le pigeon ramier sauvage, leur population ne cesse d'augmenter. Leurs menus est peu différent du pigeon domestique, ils est variés et préfèrent manger les jeunes pousses de colza, pois, lin, tounesol, soja ext... ( A tel point que je ne peux plus semé de proteagineux et colza.)
Cette espèce n'était présente que dans les campagnes autrefois, mais depuis une bonne trentaine d'années ils viennent dans les communes pour se reproduirent et être surtout loin des prédateurs.
ils nigent dans les bâtiments de ferme peux frequentés, se pose sur les toits, cela ne produisait jamais avant les années 80.

Il faut intervenir dès les premiers nuisibles arrivés sur une exploitation, c'est encore la meilleur solution.
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Boele
Il y a 23 jours
Il existe aussi des fauconniers comme moi qui peuvent intervenir aussi..... A bon entendeur.
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breiz 29
Il y a 23 jours
Bonjour
La nature est normalement bien faites car ces oiseux soit disant indésirables servent cette nature.Ilfaut voir de quoi ils se nourrissent pour pouvoir les réguler et les observer.Lorsque des bandes de ces oiseaux sont sur des champs de pâture et qu'is se gavent de tipules est une très bonne chose car l'agriculture intensive les ont aidés à se multiplier car en ne cultivant plus l'herbe à permit à ces destruteurs de se multiplier ravageant l'herbe alors que il suffirait de recultiver l'herbe pour les voir disparaitre et détruire ces oiseaux serait une folie.j'ai observé une parcelle ou il y avait de l'herbe sur laquelle il y avait un nuage d'un mètre de cousins ou il n'y avait plus un brin d'herbe sur plusieurs hectare là il est vrai que le canon à gaz a fat son travail
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Patrice brachet
Il y a 22 jours
Bruno et si les paysans pollueurs n étaient pas là vous feriez quoi dés boues des stations d épuration ? Sachant que perso je suis contre car ils y a rien de plus pollué. Saviez-vous que l on coupe ( l administrâtion) l irrigation assez tôt pour garder pas pour les poissons mais pour évacuer les stations d épuration pour qu il y ait assez dilution. Alors les moralistes.....
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Patrice brachet
Il y a 22 jours
Cher Bruno vous parlez, vous écrivez sur des on nous a dit où j ai lu. Je vais rester polis mais chaque fois sur l on achète un morceau de plastique il y a une taxe pollution et pour les phytosanitaires c est énorme (l’équivalent d une tva ) Pour ce qui est de la pac ;avant on vendait le kg de blé 0,25€ aujourd’hui c est 0,15€. Réfléchissez combien coûterait la baguette au prix de la main d œuvre actuelle s il n’y avait pas eut la pac. Pour info on paye aussi une redevance pollution sur nos animaux, sur l irrigation. Avant la pac il fallait 30 tonnes d orge pour acheter un tracteur de 60 cv neuf maintenant il en faut 120 pour le même ( qu’un existe plus car avec les normes anti pollution il faut plus de 200tonnes ) Alors non on ne paye pas et les gouvernements nous craignent quand on s enerve. Eh bien il sont moins obtus que vous et savent que si on montait au créneau cela entrenerait des bouleversements irrémédiables Pas sur sur vous en vouliez Bruno
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