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Témoignages d'éleveurs« Nous avons arrêté de traire le dimanche soir pour gagner en qualité de vie »

| par Cécile Julien | Terre-net Média

À l'année ou sur quelques mois, des éleveurs choisissent de supprimer la traite du dimanche soir pour se dégager du temps libre. Yoann ou encore Béatrice l'ont fait et ne reviendraient pas en arrière. De son côté, Jérémy Cerclet d'Eilyps donne quelques conseils pour franchir le pas.

Yoann Gorieu, éleveur laitier dans sa salle de traitePour se libérer du temps, Yoann Gorieu (35) est passé en monotraite le dimanche. S'il perd 200 litres en moyenne chaque semaine, il estime la perte compensée par les heures de salariat en moins à payer. (©Yoann Gorieu)

Pour les vaches de Yoann Gorieu, installé à Acigné (35), dormir dehors va de pair avec 13 traites par semaine. « Sur la dernière campagne, j’ai diminué ma production car ma laiterie nous encourageait à réduire les volumes, explique le producteur. Avec des vaches moins sollicitées, j’ai eu envie d’arrêter de traire le dimanche soir pour gagner en qualité de vie. »

À cause de la tempête, les vaches ont passé 23 h sans être traites. Comme ça s'est bien passé, nous avons recommencé, puis nous avons définitivement supprimé la traite du dimanche soir.Avant de se lancer, il a échangé avec des collègues de son Ceta qui ne traient plus le dimanche soir, notamment Béatrice Thomas. « Nous avons supprimé une traite fin 1999, confirme l’éleveuse d’Ercé-près-Liffré (35). Nous avons commencé le jour de Noël pour passer du temps avec notre fille le matin et profiter de la famille l’après-midi. » C’était sans compter sur la fameuse tempête de 99. « Le temps que l’électricité revienne, on a pu remettre en route la salle de traite que le lendemain à 11 h et non à 7 h comme prévu, se souvient l’éleveuse. Les vaches ont passé ces 23 heures sans être traites, sans souci. Du coup, on a recommencé pour le 1er janvier. Ensuite, c’est la traite du dimanche soir que nous avons supprimée et nous n’avons jamais repris depuis 1999. »

13 traites par semaine : un rythme à trouver

« Le nombre d’éleveurs qui ne traient pas le dimanche n’est pas en augmentation, constate Jérémy Cerclet, conseiller d’élevage chez Eilyps. En effet, dans les exploitations avec plusieurs actifs, la possibilité de se relayer le week-end réduit l’intérêt de sauter une traite. C’est un choix fait principalement dans les exploitations en individuel ou en couple, pour arriver à se dégager du temps. »

Durant les 6 mois où les vaches dorment dehors, je ne trais plus le dimanche soir.Tenté par cette possibilité de lever le pied, Yoann Gorieu craignait de voir apparaitre des problèmes sanitaires. « Dans mon bâtiment en logettes avec de la farine de paille, je me demandais comment ça allait se passer avec des pertes de lait », reconnait l’éleveur. Il décide donc de ne pas traire le dimanche que sur la période où les vaches dorment dehors. « Cette année, j’ai commencé le 5 avril. Je garde ce rythme 6 mois sans souci », apprécie-t-il.

Pour que le saut d’une traite ne perturbe pas trop les vaches, on conseille d’avoir au maximum 20 à 21 h entre la traite du dimanche matin et celle du lundi matin. « Mes vaches ont l’habitude des horaires variables, s’amuse Yoann Gorieu. On est trois à traire : ma salariée, mon apprenti et moi. C’est le trayeur qui choisit son horaire. »

Si on ne trait pas le dimanche soir, autant supprimer la buvée des veaux.Autre recommandation : celle de ne pas distribuer de ration le dimanche soir. « En hiver, on passe quand même repousser l’ensilage. Les vaches en première lactation grognent un peu », reconnait Béatrice Thomas. « Quitte à ne pas traire, il faut aussi supprimer la buvée pour les veaux conseille Jérémy Cerclet. Ça a le mérite de les inciter à consommer plus d’aliments. »

Attention aux cellules !

« Les vaches sont des animaux d’habitudes. Quand on change quelque chose, comme le rythme de traite, ça peut avoir un impact sur la production et la qualité », prévient le conseiller.

S’il est normal que le taux cellulaire augmente le lendemain du jour à une seule traite, le passage à 13 traites hebdomadaires ne peut s’envisager que pour un troupeau avec une bonne situation cellulaire. « On donne souvent comme repère d’avoir moins de 200 000 cellules au tank », synthétise Jérémy Cerclet. Plus le niveau de production est élevé, plus la suppression d’une traite peut être délicate.

Conseil : ne pas dépasser 20 à 21 h entre la traite du dimanche matin et celle du lundi matin.

Comme le fait Yoann, il peut être plus simple de commencer au printemps ou en été, quand les vaches dorment dehors, car il y a moins de risque sanitaire dû à des couchages souillés par les écoulements de lait. Il faut être vigilant sur l’hygiène des zones de couchage. « Avoir des logettes toujours propres et paillées limite les risques » confirme sa collègue.

Un autre système permet une pause d'1 à 2 mois sans traire : les vêlages groupés. Découvrez ce témoignage > Ronan Guernion (22) : partir un mois en vacances grâce aux vêlages groupés

Une traite en moins : quel impact sur la paie de lait ?

La traite non faite le dimanche ne sera pas entièrement compensée par plus de lait à celle d'après. Il faut s’attendre à une baisse du volume de production de 3 à 5 %. Et comme dit précédemment, il y a aussi un impact sur la qualité du lait. « Quand on se lance, pendant un à deux mois, il y a une dégradation de la qualité, ne cache pas l'expert d'Eilyps. Après, la situation se stabilise avec juste une hausse des cellules sur les lundis et mardis. »

La perte de lait représente 64 €/semaine, récupérés sur les heures de travail en moins pour la salariée.« Je perds 200 litres de lait par dimanche en monotraite, chiffre Yoann Gorieu. Les taux du lundi sont meilleurs mais ça ne compense pas. Mais 200 litres, ça représente 64 €. Si je mets en face un coût horaire de ma salariée à 20 € de l’heure, cela représente 3 heures et demi de travail. Si elle ne vient pas travailler le dimanche après-midi c’est une opération blanche. »

Même constat pour Béatrice Thomas « nous perdons 200 litres par semaine pour une production annuelle de 460 000 litres. Mais nous pouvons profiter de notre samedi soir comme on trait plus tard le dimanche matin. On a aussi du temps libre le dimanche après-midi. Faire une pause dans la semaine, c’est vraiment appréciable quand on est éleveurs. » Et ça, ça n’a pas de prix !

Pour aller plus loin, certains passent carrément en monotraite totale. C'est le cas notamment de Fabrice Charles (22) qui témoigne : « Doubler le revenu en travaillant deux fois moins grâce au pâturage, les vêlages groupés et la monotraite »
Pour en savoir plus, retrouvez l'avis du BTPL : En monotraite, le gain de temps est conséquent mais la perte de lait aussi

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DÉJÀ 22 RÉACTIONS


bzhgrassland
Il y a 56 jours
en monotraite toute l'année depuis 2 ans, si il fallait repartir en double traite je pense que j'arrêterais le lait. une fois qu'on y a gouter, impossible de revenir en arrière au vu de la qualité de vie
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Moty
Il y a 57 jours
Je trouve cela bien pour ceux qui peuvent. Nous n'avons pas réussi à y passer, mais pendant la bonne période , on trait un dimanche sur 2 ( on alterne avec nos voisins ) c'est sympa. Et on fait une pause de 2 mois chaque hiver. Chacun doit trouver la voix qui lui est la + confortable
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Popo
Il y a 58 jours
Nous sommes en monotraite dominicale depuis notre installation en 2011 et ca se passe tres bien. On trait a 10h le dimanche et on redemarre a 7h30 le lundi sans souci plus de leuco si prelevement le lundi mais rarement cata et des tb bon a 47 ou 48 parfois!
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Fabien53
Il y a 58 jours
Je pratique cette technique depuis 3 ans. D'ailleurs je commence ma traite. Je ne reviendrai pas en arrière. Je profite du dimanche avec mes enfants et ma femme. Lorsque qu'on avait le droit de sortir tu ne regardes pas ta montre le dimanche soir. Ça fais du bien. Pour hub si tu as le temps de lire tout ce qu'écrit steph 72 c'est que tu as le temps aussi. Bon dimanche
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Lau
Il y a 58 jours
Revenons à l article.... j ai pratiqué cette monotraite dominicale pendant plusieurs périodes ,j ’avais du mal avec le rythme. .. tard le samedi soir,dimanche fin de matinée ,5 h le lundi matin et mauvais sommeil surtout quand on entend les vaches gueuler! Alors maintenant je ne le fais plus que lorsque je n ai pas d autres solutions et parfois un autre jour que le dimanche .
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hub
Il y a 58 jours
Etre a l'ISF, waouh !! t'avais ptetre placé la barre un peu haut ?, j'comprends mieux ce qui t'es arrivé , faut savoir se contenter de ce qu'on a, mon cher !
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Terminé
Il y a 59 jours
Hub, pour moi et d autres le constat est simple, disparition des élevages avec des éleveurs qui connaissaient très bien leur métier. La rentabilité en lait n existe plus,, des gens continuent avec des revenus a 300 euros par mois.. Cela dépend où tu place ta rentabilité hub elle est forcément personnelle..
La réalité c'est la disparition de notre agriculture en France, comme on a perdu nos industries...
La chute du nbre d agriculteurs est vertigineuse, et en élevage encore plus...
Dans les années 70 a 80 beaucoup d agris étaient à l impôt sur la fortune.. Il n y avait pas de liquidations.. A cette époque les agris investissaient dans leur ferme et en avait encore assez pour construire une autre maison.. Etc..
Aujourd'hui un agri qui s installe à bien du mal à vivre dans une maison qu il a bien du mal à acquérir..
Le prix du lait le même qu il y a 40 ans c'est juste scandaleux et honteux.. Il est donc triste d en arriver là.. Supprimer une traite pour avoir des conditions de vie dignes est bien triste...
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Stan
Il y a 56 jours
Il faudrait faire des vêlages grouper mon ancien patron pratiquer le groupage de chaleur tu fait inseminer 10 génisses en même temps pareil pour les vaches si tous est bien caler tu peut avoir 15 jours sans traite tu taries 20 bêtes tous les semaines si ta 60 vaches, sa demande du travail suivi.le problème c'est les laiteries ils leurs faut du lait tous le temps avant le lait était payer plus chère au printemps alors que maintenant c'est l'été alors qu'il faudrait l'automne comme avant on gagner plus d'argents, les laiteries ont tous fait pour de saisonnier, le revenu ce faisait plus sur l'hiver ou t'avais les emprunts à payer.traire c'est devenu moins rentable.
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gillesdu01
Il y a 59 jours
Pour aller un peu dans le sens d'@Terminé , il y a un moment que nous avons arrêté la formule , les deux traites avant après étaient un peu "chiantes" ( dans tous les sens du terme :-) ) , et pour avoir testé aussi la monotraite sur trois mois c'était le top , inconvénient : économiquement ça coince ....
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hub
Il y a 58 jours
Waouhhh !! Trop fort le Silléen ,expert en agriculture, en covid, en Etat profond, en election Américaine, spécialiste des médias corrompus .. Comment tu fais pour faire tout ton boulot tout seul et passer autant de temps sr le net ??? En ts cas on se marre bien avc toi, merci !!
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