Imprimé le 24/08/2019 14:57:08

Pac en 2015P. Chevalier (Fnb) : « La Pmtva doit être de 150 ¤ au-delà de la 40ème vache »

| par | Terre-net Média

Selon la section spécialisée "production bovine" de la Fnsea et Pierre Chevalier, son président, c'est l'ensemble des animaux qui doivent être primés et pas seulement les quarante premiers.

Pierre Chevalier, président de la FnbPierre Chevalier a répondu, lors du Congrès de la Fnb aux Sables d'Olonne, aux questions de Web-agri sur la future Pac. (©Terre-net Média)Web-agri : Pour la Fnb, quel doit être le montant de la Pmtva au-delà de la 40ème vache allaitante ? 

Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine : Une exploitation d’élevage spécialisée en production bovine ne dégage pas de revenu avec 40 vaches allaitantes. Aussi, la Fnb revendique une aide de 150 euros par animal au-delà de ce seuil, sans plafond. Et ses adhérents souhaitent que l’année 2013 soit prise en référence pour rendre éligibles aux primes l’ensemble des vaches présentes dans les troupeaux. 

WA : Le budget alloué de 643 millions d’euros suffira-t-il ? 

Pour l’attribution des aides, la priorité doit être donnée aux éleveurs spécialisés particulièrement affectés par la convergence des aides. S'il est acquis que seuls les détenteurs de troupeaux de plus de 10 vaches toucheront des aides, il est tout à fait envisageable de ne pas en verser pour les trois premiers animaux, autrement dit de ne payer les aides qu'à partir de la quatrième vache.

WA : Et pour l’engraissement des jeunes bovins, quelle est l’option de la Fnb ? 

Les huit millions d’euros de l’enveloppe allouée chaque année devraient être employés pour créer une caisse de péréquation destinée à sécuriser et garantir les revenus des engraisseurs qui ont contractualisé leurs animaux avec un abattoir. Et lorsque le Fmce sera créé, une partie des cotisations collectées pourra aussi alimenter ce fonds de péréquation.

Si le prix de vente des animaux est inférieur au coût de production, la caisse indemnisera l’éleveur pour compenser le manque à gagner. A 3,80 € par kilogramme de carcasse, elle verserait 0,7 € puisque la production d’un taurillon, rémunération de la main d’œuvre équivalente à deux smic comprise, est de 4,50 € selon l’indice Ipampa.

Nous ne sommes pas favorables à l’instauration d’une nouvelle aide couplée car l’expérience a montré qu’elle ne profite pas aux éleveurs. 

WA : Cette revendication est-elle conditionnée par le choix que fera l’Italie ? 

Nous ne savons pas quelle sera la décision de l’Italie. Le coût de production d’un taurillon est plus élevé qu’en France.

Notre pays exporte chaque année 800 mille jeunes bovins vers ce pays. Mais si l’engraissement n’y est plus rentable, alors c’est aux éleveurs français de finir les animaux pour les vendre vifs ou abattus. Il ne faut pas que le marché des jeunes bovins échappe à la France. 

WA : Et pour les autres animaux ? 

Le maintien de l’aide au veau sous la mère nous convient. Nous avons bien noté que les génisses ne seront pas primables. Le gros problème, c'est la convergence des aides découplées. Les primes découplées en 2004 ont fortement augmenté les Dpu des éleveurs naisseurs-engraisseurs.

WA : La convergence pénalisera-t-elle beaucoup les producteurs de bovins ? 

Le redéploiement des aides confortera quelques éleveurs en système herbagé. Les naisseurs en particulier. Mais aucun naisseur-engraisseur intensif n’échappera à une diminution de ses aides jusqu’à 30 % parfois. Dans le Grand-ouest, en Vendée par exemple, les Dpu de 500 €/ha parfois, ont agrégé au fil du temps l’ensemble des aides découplées en production animale (Psbm  et Pab notamment) en plus des aides fourragères. Même en Corrèze, mon exploitation et celles de la majorité des éleveurs verront leurs aides diminuer. L’emploi salarié n’est pas pris en compte dans la convergence.

WA : Et comment devrait-être la clé de répartition des 2 % d’aides destinées au soutien à la production de protéines végétales ?

Nous optons pour une répartition 2/3-1/3. Deux tiers pour soutenir les cultures de protéagineux ou d’associations céréales/légumineuses dans les exploitations d’élevage sous forme d’aides à l’hectare et un tiers pour la filière en grandes cultures (luzerne déshydratée par exemple).    

Stéphane Le Foll à l’assemblée générale de la Fnb

Invité à l’Assemblée générale de la Fédération nationale bovine aux Sables d’Olonne mercredi 5 février, le ministre de l’Agriculture a réfuté les propos des congressistes mettant en doute les priorités de la réforme qui rentrera en vigueur en 2015. Dans un contexte de budget restreint, elle traduit un réel infléchissement de la Politique agricole commune en faveur de l’élevage. Les aides couplées, les aides à la production de protéagineux et le fonds de modernisation représentent au total près de 17 % des crédits du premier pilier. Sans compter la revalorisation de l’Ichn et les Mae (second pilier) qui seront proposées dans les régions où la Phae (prime à l’herbe) est supprimée sous sa forme actuelle.


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