Imprimé le 24/08/2019 14:57:16

Détection du virus de SchmallenbergLa forme aiguë de l'infection fait surface chez les adultes

| par | Terre-net Média

Le virus de Schmallenberg (Sbv) pourrait bien faire des ravages dans les troupeaux une année de plus. Quelques semaines avant de causer des malformations congénitales chez les nouveaux nés, le virus de Schmallenberg peut se manifester sous sa forme aiguë chez les ruminants piqués par un moucheron porteur du Sbv. Le virus aurait bel et bien passé l'hiver, comme l'atteste la détection de nouveaux cas de bovins atteints par la forme aiguë du virus.

Virus de Schmallenberg
En cas de symptômes, alertez votre vétérinaire. Dans la mesure du possible, limitez les réservoirs
à moustiques : eaux stagnantes, pneus, vieilles bottes de foin, fumières... (© Terre-net Média)

L’atteinte de la forme aiguë du virus de Schmallenberg (Sbv) est prouvée en France à la mi-juillet. « Nous avons eu des premiers cas sur vaches adultes dans les Pyrénées-Atlantiques », indique Eric Collin vétérinaire dans les Côtes d’Armor et membre de la commission épidémiologie à la Sngtv (Société nationale groupements techniques vétérinaires).

Cela signifie que le virus, transmis par un moucheron de type culicoïde, a survécu durant cet hiver. « Mais, nous ne savons pas vraiment comment, ni sous quelle forme. Quoiqu’il en soit, un animal atteint de la forme aiguë présente une charge virale élevée dans le sang et si un moucheron pique cet animal, le virus pourrait se propager de nouveau. Cela risque d’être d’autant plus ennuyeux dans cette région où le cheptel ovin est important ».

Fièvre, abattement, chute de production…

La forme aiguë du Sbv se manifeste chez l’animal par des symptômes comprenant de l’hyperthermie (40-41°C), accompagnée d'abattement, d'une baisse de production sévère, d'anorexie, avec une rémission rapide. « Les signes digestifs de diarrhée décrits par les néerlandais ne sont pas relatés en France dans les cas décrits aujourd’hui », précise la plateforme d’épidémiosurveillance.

La Sngtv a averti les vétérinaires afin de mettre en place un protocole de repérage des cas aigus sur bovins. L’objectif est de trouver des animaux lorsqu’ils manifestent des symptômes pour les étudier. L’analyse et la recherche du virus par Pcr reste cependant à la charge de l’éleveur. Lors du passage du virus à l’automne dernier, la forme aiguë du Sbv était passée inaperçue en France.

Inquiet pour les zones restées indemnes

« Je suis inquiet pour les zones d’élevage qui n’ont pas été touchées par le virus à l’automne 2011, comme la Bretagne, le Massif Central ou les Pyrénées. Il y a des risques potentiels de cas aigus que l'on sait dorénavant détecter dans ces zones indemnes jusqu’à présent. L’impact économique pourrait être important au niveau individuel, notamment pour les éleveurs ovins, craint Eric Collin. Dans les élevages où le virus est déjà passé l’an dernier, les animaux devraient en principe être séropositifs au Sbv et donc produire des anticorps qui les immunisent en cas de nouvelle infection ».

D’après le docteur Collin le virus de Schmallenberg n’engendrerait pas d’animaux « infestés permanents immunotolérants » (Ipi), autrement dit des « porteurs et excréteurs sains contagieux » qui s'infectent durant la gestation et vivent avec le virus, comme c’est le cas des bovins porteurs du virus du Bvd par exemple.

2.500 exploitations atteintes fin juin 2012

Schmallenberg au 30/06/2012
Carte des foyers de Sbv au 30/06/2012. (© DR)

 
Au dernier dénombrement fin juin, la France comptait 2.476 foyers de Sbv dont 1.128 exploitations ovines et 1.331 exploitations bovines. Un foyer de Sbv peut comprendre un seul nouveau-né atteint comme c’est souvent le cas en élevages bovins, jusqu’à plusieurs dizaines d’animaux comme cela a parfois été le cas dans les élevages ovins. « Il y a désormais plus de foyers bovins mais les cheptels ovins ont davantage été impactés par le virus. Cela dépend du stade de gestation au moment où le virus passe », explique le docteur Collin.

Les résultats d’une étude ont montré qu’au sein des élevages ovins contaminés par le Sbv, 24 % des brebis ont agnelé de malformés.

N.B : Article publié le 19/07/2012

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