Imprimé le 08/12/2019 08:42:45

Sécheresse 2011Les conseils pour réussir son ensilage de céréales

| par | Terre-net Média

Pour reconstituer tant bien que mal un stock de fourrage au plus bas, de nombreux éleveurs sont contraints d'ensiler des céréales immatures. Les services des Chambres d'agriculture des départements d'élevage et les ingénieurs d'Arvalis-Institut du végétal multiplient les conseils pour optimiser le chantier et insistent sur deux points : le moment de la récolte et la confection du silo.


Pour ensiler des céréales à 35 % de matière sèche,
la période de réalisation possible ne dure pas plus
d'une semaine. (© Btpl)

Pour certains, ce sera la première fois. Face à un déficit fourrager unanimement jugé exceptionnel en ce début juin, les éleveurs qui disposent de surfaces en céréales seront très nombreux à ensiler leurs cultures à un stade immature. « Les surfaces ensilées seront très importantes », confirme Didier Désarménien, conseiller élevage à la Chambre d’agriculture de la Mayenne. Même son de cloche à la Chambre d’agriculture de l’Oise, qui table sur « une hausse sensible du recours à l’ensilage chez les éleveurs ».

Une récolte techniquement exigeante

Alors que les premières ensileuses commencent à s’activer, notamment en Loire-Atlantique, les Chambres d’agriculture multiplient les recommandations pour optimiser cette récolte précoce. « L’ensilage et le stockage de céréales immatures n’est pas si simple », poursuit le conseiller, avant d’insister sur deux points : le moment de la récolte et la confection du silo.

  • Récolter à 35 % de matière sèche

« Il faut récolter à 35 % de matière sèche. » Le taux de matière sèche à la récolte est déterminant pour la bonne conservation des céréales. « Les grains doivent être au stade laiteux-pâteux. » Cette exigence rend la période de récolte extrêmement courte : « une semaine tout au plus ». « Dans certains départements où la moisson commence, il est déjà trop tard pour ensiler les céréales, explique, de son côté, Gildas Cabon, ingénieur régional Arvalis à la station expérimentale de la Jaillière (44). Pour les autres, c’est encore possible à condition de ne pas avoir fait de traitement fongicide d’épiaison dans les trois à six dernières semaines. »

Le Bureau technique de promotion laitière, quant à lui, insiste sur la finesse du hachage des céréales, garante d’une bonne digestabilité du fourrage. Ses conseillers recommandent une coupe nette des brins d’une longueur de 3 à 4 centimètres.

  • Bien réaliser le silo pour limiter les pertes

Si le taux de matière sèche n’excède pas 40 % à la récolte, la conservation du fourrage ne pose pas trop de difficultés. « Encore faut-il prendre quelques précautions, tempère Didier Désarménien. Il faut absolument bien tasser le silo, sous peine de laisser de l’air, notamment à l’intérieur des brins. » Le conseiller recommande, dans la mesure du possible, de faire un silo étroit : « Plus le front d’attaque avancera rapidement, moins il y aura de pertes. » « L’absence de conservateur antifongique et la trop faible vitesse d’avancement dans le tas amènent inexorablement à une reprise de fermentation de l’ensilage lorsque le silo est ouvert », ajoute-t-on au Btpl.

Reste à estimer la surface à ensiler pour reconstituer un minimum de stock (lire encadré ci-contre). D’où l’intérêt, selon les conseillers de la Chambre d’agriculture du Maine-et-Loire, de réaliser un bilan fourrager, en tenant compte, pour cette année 2011, des risques de faibles rendements en maïs, de la faible voire l’absence de repousse de l’herbe, ainsi que la difficulté de trouver de la paille après la moisson.

Plus de 2 ha de céréales ensilées pour 12 à 15 génisses pendant 5 mois


Compte tenu de sa faible valeur alimentaire, l'ensilage
de céréales est déconseillé pour les vaches laitières
en producton. (© Btpl)

Selon les spécialistes élevage des Chambres d’agriculture, l’ensilage de céréales immatures reste à privilégier pour les génisses et les animaux à besoins plus modérés comme les taries, les vaches allaitantes et les b½ufs. Compte-tenu de sa faible valeur alimentaire, il est à éviter pour les vaches laitières en production.

A la Chambre d’agriculture de la Mayenne, les conseillers recommandent une ration de 1,7 à 1,8 kg de matière sèche pour 100 kg de poids vif. Complémenté avec 600 à 900 grammes de correcteur azoté par jour, et éventuellement de 500 grammes de céréales aplaties en fonction de la valeur énergétique, cette ration permet un gain moyen quotidien de 600 à 700 grammes(cf tableau 2). Cette année, il faudra plus de deux hectares de céréales ensilées pour nourrir une quinzaine de génisses de 400 kg pendant 5 mois.

Si la même surface est récoltée en paille pour une ration paille/concentrés, la paille ainsi récoltée ne permettra de nourrir que 7 à 8 génisses sur 150 jours.

 

Aller plus loin :

Tous les conseils de la Chambre d’agriculture de la Mayenne
pour faire faire face au déficit de fourrages

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