Imprimé le 21/08/2019 10:30:24

Sécheresse 2011La Fnb réclame de nouvelles mesures d'urgence

| par | Terre-net Média

Pour la Fédération nationale bovine, le versement anticipé de 80 % des Pmtva le 15 octobre prochain annoncé par Bruno Le Maire la semaine dernière ne répond pas à la gravité de la situation des élevages allaitants.


De nombreux éleveurs seront contraints de vendre des animaux,
faute de pouvoir les nourrir. (© Terre-net Média)

Mardi 17 mai, le ministre de l’Agriculture a obtenu de la Commission européenne, sous réserve de fournir des informations justifiant la nécessité d'agir, l’autorisation de verser deux mois à l’avance 80 % des primes au maintien du troupeau de vaches allaitantes. Un versement au 15 octobre prochain, soit deux mois avant la date initiale, qui constituera, selon Bruno Le Maire, « un peu d'oxygène pour les trésoreries des éleveurs ».

« Une décapitalisation forcée de 10 % »

Mais selon la Fédération nationale bovine, le ministre ne mesure pas « l’ampleur et la gravité du séisme en préparation ». Le syndicat table d’ores et déjà sur « une décapitalisation inéluctable d’au moins 10 % sur les vaches allaitantes », faute d’alimentation pour les nourrir. Or, au regard de la réglementation, cette décapitalisation par des sorties anticipées d’animaux va remettre en cause, dans de nombreux élevages, le respect des critères d’éligibilité pour bénéficier de ces Pmtva.

Pour rappel, selon cette réglementation, les animaux pour lesquels les éleveurs ont effectué une demande de Pmtva, doivent être maintenus sur l'exploitation pendant au moins six mois à compter du lendemain du dépôt de la demande. Un animal primé et sorti du cheptel doit être remplacé par un autre animal éligible dans les 20 jours calendaires. Le cheptel éligible doit être composé d'au moins 60 % de vaches et, au maximum, de 40 % de génisses de plus de 8 mois n'ayant jamais vêlé.

La Fnb appelle donc à des adaptations réglementaires, au premier rang desquelles un assouplissement de la règle de la durée de détention des animaux, pour que les éleveurs qui n’auront d’autre choix que de sortir des animaux puissent néanmoins bénéficier de la prime. Dans la même logique, le syndicat réclame aussi un assouplissement des règles de chargement pour la Phae et l’Ichn ainsi que la possibilité de retourner des prairies non productives pour y implanter des cultures dérobées.

Les ventes anticipées d’animaux aurait par ailleurs un « effet catastrophique d’effondrement des cours ». Selon la Fnb, « le marché des broutards pourrait chuter de la même manière avec la réduction des achats pour l’engraissement ». Face à ces répercussions sur les marchés, le syndicat exige d’abord « sans délais les moyens financiers pour acheter l’alimentation », avec notamment la mise en place de « reports en fin de tableau des annuités, laprise en charge des cotisations Msa, l’exonération de la Tfnb et des prêts à taux zéro en attente des versements calamités dont la procédure de reconnaissance sur toutes les surfaces doit être accélérée ».

Pour maintenir les cours, il demande aussi l’ouverture à Bruxelles d’une « intervention publique exceptionnelle sur femelles et broutards pour stocker l’afflux et maintenir les cours. » 

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