Imprimé le 06/12/2019 16:21:19

Sécheresse 2011L'utilisation des jachères autorisée par Bruno Le Maire pour l'affouragement des animaux

| par | Terre-net média

En visite, ce mercredi 11 mai sur une exploitation de bovins viande dans la Vienne pour mesurer l'impact de la sécheresse, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire a répondu favorablement à la requête de la profession agricole en autorisant, sur l'ensemble du territoire national, la fauche et le pâturage de toutes les jachères pour l'affouragement des animaux. Dans le Limousin, les JA et la Frsea réclament une plus grande réactivité des pouvoirs publics régionaux, ainsi que des mesures conjoncturelles supplémentaires.


Bruno Le Maire a constaté les conséquences de la sécheresse
sur l'exploitation de Michel Caillé, installé à Vivonne (86). (© DR)

Devant les représentants agricoles locaux et après avoir visité l’exploitation de Michel Caillé, éleveur de bovins viande à Vivonne, dans la Vienne, Bruno Le Maire a annoncé la possibilité immédiate de faucher et de faire pâturer les jachères pour l’affouragement des animaux, en dérogation à l’interdiction prévue dans le cadre de la conditionnalité.

Cette dérogation est à effet immédiat, sans aucune demande spécifique à effectuer auprès des directions départementales des territoires, évitant ainsi toute paperasserie. Le ministre de l’Agriculture répond ainsi favorablement à la demande de la Fnsea, notamment, qui lui avait adressé un courrier en ce sens mardi 10 mai.

Bruno Le Maire a également lancé un appel à la solidarité de la part des céréaliers, les invitant à ne pas broyer leurs pailles. Il a ainsi salué les initiatives locales visant à contractualiser la paille entre céréaliers et éleveurs.

Sur ce point, Fnsea et JA ont invité leurs structures départementales à se rapprocher pour organiser la contractualisation de tonnages de paille « à un prix raisonnable pour tous » entre céréaliers et éleveurs. Les deux syndicats comptent leur « mettre à disposition des contrats-types avec un prix indicatif ».

« Au niveau local, nous réfléchissons aussi à organiser des échanges paille-fumier pour inciter les céréaliers à ne pas broyer leur paille », précise François Bénéteau, président des JA de la Vienne.

Jeudi 12 mai 2011, Bruno Le Maire doit animer le premier comité de suivi sécheresse à Paris, en présence de représentants agricoles.

La Frsea et les JA du Limousin réclament une cellule régionale de crise

Pour les JA et la Frsea du Limousin, la dérogation accordée par le ministre de l'Agriculture ne va pas assez loin. Les deux syndicats entendent faire pression auprès de leurs élus régionaux pour que le comité de suivi sécheresse soit renforcé par des cellules de crise régionales. Ils demandent ainsi «  aux pouvoirs publics régionaux une réactivité forte pour aider la profession agricole » ainsi que la mise en place de mesures conjoncturelles supplémentaires :

  • le non-broyage des pailles ;
  • une dérogation à la réglementation sur les Cipan ;
  • la hierarchisation des priorités sur l’usage de l’eau ;
  • une intervention financière de l’Etat voire un accompagnement européen spécifique ;
  • le lancement d’investigations par les comités d’enquête sécheresse ;
  • la suppression du ratio de maintien de prairies permanentes pour 2011 ;

« Face à la situation de certaines exploitations, nous souhaitons une réactivité forte de la part des pouvoirs publics », indique Jean-Philippe Viollet, président de la Frsea du Limousin. Avant de s'alarmer : « Certains secteurs enregistrent un déficit pluviométrique de 50 à 70 %. En l'absence de pluie d'ici huit jours, certains éleveurs seront amenés à vendre des animaux, faute de fourrage à leur donner

 

 

 


Philippe Colllin, porte parole de la Confédération
Paysanne (© Terre-net Média)
Réunion du Comité de suivi sécheresse du 12 mai: la Confédération paysanne ne vient pas les main vides

Dans un communiqué intitulé « Solidarité et responsabilité », la Confédération paysanne annonce qu’elle rappellera lors de la réunion du Comité sécheresse du 12 mai ses revendications principales à savoir:

  • interdiction immédiate du broyage des pailles, facteur d’inflation du prix des fourrages;
  • mise en place de contrats entre céréaliers et éleveurs pour que le marché de la paille soit organisé et moralisé;
  • fixation d’un prix maximum de vente de fourrage qui s’impose à tous;
  • possibilité d’achat de céréales au prix d’intervention à hauteur de 500 kg par UGB pour 60 UGB maximum par actif paysan;
  • arrêt de la transformation des céréales en agro-carburants;
  • suppression de l’obligation de l’utilisation du Gasoil Non Routier qui n’a aucun sens dans la situation tendue des marchés céréaliers actuellement;
  • prise en charge du transport par l’Etat et (ou) des collectivités territoriales, la situation des éleveurs ne permet pas une augmentation des coûts de production.

« Une grande partie de ces mesures ne coûtent rien à la collectivité, la prévention et l’organisation permettront de sauver des paysans livrés à eux-mêmes. », fait remarquer le syndicat de Bagnolet. 

 

 

 

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