Imprimé le 23/09/2020 21:40:49

Revenu agricole 2009Des réactions en chaine pour commenter la baisse de 32 %

| par Frédéric Hénin | Terre-net média

Les syndicats le criaient depuis des mois. Les chiffres leur ont donné raison. Fnsea, CR, CP Modef, sections spécialisées... n'ont pas tardé à réagir dès l'annonce officielle de la diminution jusqu'à 51 % des revenus des exploitants agricoles


Jean Michel Lemétayer, président et Dominique Barrau,
secrétaire général de la Fnsea (© Terre-net Média)
Les syndicats ont été très inspirés pour réagir à l’effondrement du revenu agricole.

Qui, selon la Fnsea « peut supporter une baisse moyenne de 34 % de son revenu ? Quelle profession est prête à accepter cela après la chute de 20 % de 2008 ? C’est le plus bas niveau de revenu depuis 30 ans : 14.600 € par an pour un dur labeur, comment y croire ? Les productions les plus exposées à la baisse des cours sont laminées avec des chutes de revenu qui dépassent les 50 %, qui dit mieux ? Le plan de soutien au secteur ne représente, dans cette situation, qu’une petite bouffée d’oxygène qui ne compense pas les pertes et devra être renforcé ».

« Face à ce tableau si sombre, il faut retrouver des voies d’espoir, des raisons pour y croire, sans pour autant berner les agriculteurs français. Il y a des idées fortes à porter. Parmi celles-ci une Pac plus souple, plus réactive, plus efficace, régulatrice des marchés, des filières mieux structurées qui sauront construire un prix rémunérateur pour les agriculteurs et sécurisant pour les consommateurs, une maitrise indispensable des charges, notamment sociales et environnementales. » qui regroupe Fop, Agpb et Agpm, estime que « les Pouvoirs publics sont forcés de réparer leur erreur ».

Fédération nationale bovine

L’affichage par la Commission des comptes de l’Agriculture d’une hausse prévisionnelle du revenu 2009 de 17 % pour les éleveurs bovins-viande spécialisés (soit 12.700 euros par actif) s’avère en total décalage avec la réalité d’exploitations qui affrontent une crise de revenu sans précédent dans sa durée et son ampleur. Il suscite étonnement et incompréhension parmi des éleveurs déjà exaspérés par la faible prise en considération de leur situation réelle de crise depuis trois ans.
Le revenu moyen en élevage bovins-viande sur les trois dernières années 2007-2008-2009 a été évalué à 11.000 euros par actif par l’Institut de l’Elevage, dont 6.300 euros pour 2009.


« Pour 115 ha, surface moyenne des exploitations du secteur, ce revenu s’élèvera en valeur absolue à un peu plus de 15.000 € avant impôt et cotisations sociales propres à l’agriculteur ».
L’organisation spécialisée profite de revenir sur la décision d’amputer les aides directes pour financer le bilan de santé de la Pac.

 

 Selon la Fnpl, section spécialisée de la Fnsea, « l’année 2009 que nous venons de traverser est le sinistre exemple des conséquences dévastatrices de la volonté immuable de la Commission et des Etats européens de jeter l’agriculture dans le libéralisme et la dérégulation des marchés ».
« Cette situation est intolérable ! L’Europe doit faire le constat de l’échec de la réforme de sa Politique Agricole et redonner à l’élevage une véritable dynamique. Sa durabilité ne peut être garantie qu’avec une véritable politique de régulation. Derrière ce mot, nous ne réclamons pas des milliards mais de l’efficacité ». Parallèlement, les contraintes et les charges ont explosé. Mises aux normes, taxe carbone, conditionnalité, coût de la main d’œuvre, … Cela suffit ! » 


François Lucas, président
de la CR(© Terre-net Média)

« L’Europe et la France doivent se ressaisir. Les dégâts sont déjà très graves, il est temps de revenir aux fondements du traité de Rome. Il en va de la pérennité de nos exploitations ». *

« Triste Noël pour les agriculteurs », selon la Coordination rurale.
« Arrêt brutal des installations et des investissements, licenciements et économie de survie : c’est la seule panoplie de réactions laissée aux agriculteurs réduits à quémander les aides d’un plan de soutien ou le Rsa avant d’envisager le dépôt de bilan. L’agriculture est ainsi devenue l’accélérateur de crise ; elle sombre et entraîne des dizaines de milliers de familles dans le désespoir et la colère ».

« Plutôt que des discours qu’ils sont las d’entendre, les agriculteurs veulent maintenant des décisions urgentes et à la hauteur du drame qu’ils vivent : la Pac doit être réformée dans l’objectif de permettre aux agriculteurs de nourrir leurs concitoyens en vivant dignement du prix de leur production ».


Philippe Colin, porte parole de la CP
(© Terre-net Média)

La Confédération paysanne exige que la nouvelle Pac tire les enseignements de cette situation. A l’échelle de la ferme France, l’effondrement du revenu se traduit par une nouvelle perte de 4 milliards d’euros après 4 milliards en 2008. « Les ministres européens doivent vraiment tourner le dos à ces politiques internationales et communautaires qui liquident les paysans ».

« Depuis des semaines, nous demandons que le gouvernement agisse pour un meilleur partage de la valeur ajoutée tout au long des filières ».

« Il est loin le temps des éloges à ceux qui se lèvent tôt pour travailler. Juste quelques promesses d'emprunt : un mécanisme qui se refermera sur les plus fragiles qui ne peuvent déjà plus rembourser ».

  

Au parti socialiste

 
Germinal Peiro, député PS et secrétaire
national (© Terre-net Média)

"Alors que la politique agricole de l’après 2013 risque de réduire considérablement les aides agricoles, c’est bien d’un changement majeur dont l’Europe et la France ont besoin dès maintenant. Le Parti socialiste prend acte de « l’appel de Paris pour une nouvelle régulation des marchés agricoles » lancé le 10 décembre par le ministre de l’agriculture. Mais quel crédibilité a-t-il ? Il faut rappeler que ce sont les majorités de droite au conseil des ministres européen, soutenues par le gouvernement français, qui ont été les pourvoyeuses des politiques libérales qui asphyxient aujourd’hui le monde agricole. "

"Pour le Parti socialiste, la mise en place de la régulation des marchés agricoles n’est pas un slogan diplomatique : c’est une urgence politique qui se doit d’être sincère et durable. Elle passe par le maintien d’outils d’intervention sur les marchés et une juste répartition des aides et des soutiens."

 


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