Imprimé le 01/12/2020 15:39:11

[Témoignage] Mon projet, mon avenirDes éleveurs lancent un «SOS sécheresse» : « Aidez-nous à remplir notre grange »

| par | Terre-net Média

Comme tant d'autres agriculteurs, Marianne et André Pichot-Deru ont été très impactés par la sécheresse estivale. En manque de fourrage pour leur troupeau laitier cet hiver, ils ont eu l'idée de demander de l'aide via une campagne de financement participatif. Espérons que leur appel au secours sera entendu par un maximum de personnes.

manque d herbe dans prairie et vaches laitieresAvec le peu d'herbe dans les prairies au printemps et en été, impossible pour les éleveurs de constituer assez de réserves hivernales pour leurs animaux ! (©Marianne et André Pichot-Deru)

Ce n'est pas une bouteille à la mer que Marianne et André Pichot-Deru ont jetée mais presque ! Fortement éprouvés par le temps sec sévissant depuis le printemps, ces éleveurs laitiers belges ont envoyé un "SOS sécheresse" sur la plateforme de crowdfunding agricole www.miimosa.com. Un appel aux dons pour les « aider à remplir leur grange » car le peu de fourrage récolté ne suffira pas à nourrir les 45 vaches laitières et leur suite, soit près de 90 animaux au total. Depuis quatre mois déjà, les bêtes consomment les réserves hivernales.

Le financement participatif avait aussi permis de soutenir des agriculteurs sinistrés par la grêle l'an dernier.

Alors en « attendant que l'herbe (base de l'alimentation du troupeau) repousse », les producteurs vont être obligés d'acheter de quoi les alimenter dans des « exploitations moins touchées par le manque d'eau » qu'eux. Des élevages certifiés bio, puisqu'ils ont adopté ce mode de production, à la fois « par philosophie de vie et pour une juste valorisation des produits de la ferme ». Or les exploitants n'en sont pas à leur première sécheresse. En 2017, ils ont ensilé une centaine de balles carrées d'herbe de moins que d'habitude ! Même chose l'année d'après et en 2019, la récolte est presque divisée par deux : 350 balles au lieu de 600 !!

Les éleveurs n'en sont pas à leur première sécheresse !

« On a essayé de s'adapter » au manque d'herbe

Face à cette perte fourragère vertigineuse, Marianne et André réagissent. « On a essayé de s'adapter en gardant le strict nécessaire d'animaux et en les sortant plus tôt au pâturage au printemps. Il faut maintenir la rentabilité à tout prix ! », témoignent-ils. Malheureusement, cette sortie plus précoce des vaches « impacte le volume de fauche printanière », ce qui ne fait qu'aggraver le problème. « Nous avons beau resemer les prairies, rien n'y fait. Mis à part au début du printemps, elles sont grises en permanence », déplore le couple.

Garder le strict nécessaire d'animaux.

« Le manque de fourrage s'installe », insistent les éleveurs qui gardent malgré tout espoir et continuent de semer de l'herbe pour restaurer les pâtures. 2020 arrive alors avec sa quasi absence de pluie tout au long du printemps et de l'été. 220 balles seulement d'ensilage pour reconstituer le stock hivernal que les vaches ont entamé dès juin ! En plus, les producteurs doivent leur « apporter un complément de céréales bio pour qu'elles produisent suffisamment de lait ». À noter qu'en hiver, le cheptel a besoin de « 4 balles de foin ou d'ensilage d'herbe par jour », dont l'achat représente un surcoût de « 50 €/pièce ». 

Un déficit de fourrager vertigineux s'installe :
  • 600 balles d'ensilage d'herbe récoltées en 2016
  • 520 en 2017 et 2018
  • 350 en 2019
  • 220 en 2020

« Devoir vendre encore des bêtes »

Pour l'heure, la campagne de financement participatif a permis de collecter 1 460 €. Mais il reste encore 13 jours pour atteindre l'objectif initial de 5 000 €. Comme contreparties, les producteurs proposent aux donateurs du lait, des œufs, du potage aux orties, ainsi qu'un échange téléphonique, virtuel ou de visu avec une visite de l'exploitation de 45 ha, un petit déjeuner sur l'herbe ou un goûter.

S'ils ne parviennent pas à obtenir la somme souhaitée, Marianne et André craignent de devoir vendre à nouveau « des bêtes, nécessaires au bon fonctionnement de l'élevage et qui nous (leur) sont chères ». Dès l'âge de 16 ans, ils ont aidé leurs parents à la ferme avant de s'installer à Halloux près de Liège. « Malgré des hauts et des bas », leur « volonté et amour du métier d'éleveur continuent de » les « motiver chaque matin », et ils l'espèrent « quelques temps encore » pour pouvoir sauver leur exploitation et la transmettre à des jeunes !

Chaque mois, retrouvez « Mon projet mon avenir » #MPMA, un témoignage réalisé en partenariat avec MiiMOSA, le premier site de financement participatif exclusivement dédié à l’agriculture et à l’alimentation.

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